À Paris, les chiens ne sont plus de simples compagnons, mais des clients à part entière. Des établissements dédiés, où maîtres et animaux peuvent se retrouver autour de pâtisseries adaptées, se multiplient dans la capitale. Cette tendance, née d’un besoin de sociabilité pour les propriétaires et leurs toutous, séduit désormais un nombre croissant de Parisiens, comme le rapporte Le Figaro.
Ce qu'il faut retenir
- Une cinquantaine de cafés canins ouverts à Paris, où les chiens peuvent déguster des friandises spécialement conçues pour eux
- Des recettes élaborées avec l’aide d’un vétérinaire pour garantir leur innocuité et leur équilibre nutritionnel
- Plus de 100 000 chiens vivent à Paris, selon les estimations
- Des espaces où les maîtres peuvent socialiser tout en choyant leurs animaux
- La ville de Paris manque encore de caniparcs, jugés insuffisants par les associations
Parmi ces nouveaux lieux, la Casa del Doggo, une boulangerie canine située dans un quartier branché, propose des créations aussi appétissantes qu’inattendues. Son « Merveilleux », à cinq euros, se compose de purée de banane, de bœuf, de fromage frais et de pomme, tandis que le « Mignon » en forme de cœur mise sur la patate douce, le fromage frais et la myrtille. Ces recettes ont été validées par un vétérinaire, précise la fondatrice Clara Zambuto, qui a ouvert ce lieu en 2025 après avoir constaté le manque d’endroits adaptés pour partager des moments avec son propre chien, Hulk.
« Je me suis dit, c’est dommage qu’il n’y ait pas des lieux comme ça à Paris où, quand on prend notre petit café, on puisse aussi proposer une petite friandise à notre animal. Notre chien, c’est vraiment comme notre enfant, on veut pouvoir l’emmener partout. »
— Clara Zambuto, fondatrice de la Casa del Doggo
À quelques rues de là, le Bone Appart, un bar où « les chiens sont rois », attire une clientèle variée. Rebecca Anhalt y a ouvert cet établissement après avoir reçu une amende pour avoir laissé son lévrier sans laisse dans un parc. Son objectif : offrir un espace où les propriétaires peuvent venir sans crainte d’être réprimandés. Marley, un berger australien nain coiffé d’un béret rouge, y savoure régulièrement un dessert crémeux servi dans une coupe en argent.
Ces adresses répondent à une demande croissante des Parisiens, dont beaucoup considèrent leurs animaux comme des membres à part entière de la famille. Sarah ElGamal, 32 ans, pharmacienne et « maman » de Loulou, un poméranien de un an, fréquente régulièrement la Casa del Doggo. Pour elle, ces sorties sont bien plus que de simples pauses gourmandes : elles renforcent le lien avec son animal.
« Ça améliore la connexion, parce qu’on est tous les deux dans un troisième lieu qui n’est ni le travail ni la maison. »
— Sarah ElGamal, propriétaire de Loulou
Si les chiens restent au cœur de l’expérience, ces lieux remplissent une autre fonction : celle de catalyseurs de sociabilité. Rebecca Anhalt souligne que ses clients viennent autant pour leurs animaux que pour rencontrer d’autres propriétaires. « Il nous arrive de présenter certains clients à d’autres, car les chiens sont de véritables vecteurs de lien social », explique-t-elle. Une habitude partagée par une cliente et son teckel de 17 ans, fraîchement arrivé à Paris : « Ils viennent tous les jours pour faire partie du groupe et rencontrer du monde. Après tout, on peut parler de son chien avec n’importe qui. »
Cette tendance s’inscrit dans un contexte plus large où les chiens occupent une place centrale dans la vie des Français. Selon une étude récente, un quart des Français font passer leur animal avant leurs propres besoins. Une évolution des mentalités qui se reflète également dans la sphère politique. Lors des dernières élections municipales de mars 2026, les candidats n’ont pas manqué de courtiser l’électorat canin. Emmanuel Grégoire, nouveau maire socialiste de Paris, a même créé un compte Instagram dédié à ses chiens, tandis que sa rivale Rachida Dati, candidate de droite, organisait des « apéritifs canins » dans sa mairie du VIIe arrondissement.
Pourtant, malgré cette engouement, les infrastructures dédiées restent limitées. Paris ne compte qu’une cinquantaine de caniparcs, ces espaces où les chiens peuvent évoluer sans laisse. Le collectif d’associations Paris Condition Canine estime ces lieux « insuffisants, inégalement répartis et parfois peu adaptés aux usages réels ». Un constat qui pousse certains propriétaires à se tourner vers des alternatives comme les cafés canins, où la liberté est moins encadrée.
Côté nutrition, les vétérinaires appellent à la prudence. Si ces friandises sont conçues pour être sans danger, leur consommation doit rester occasionnelle. Lolita Sommaire, vétérinaire interrogée par Le Figaro, rappelle que « si c’est une fois par mois, ce n’est pas très grave ». Elle conseille d’adapter les repas suivants en réduisant les quantités ou en augmentant l’activité physique de l’animal. « S’ils ont été dans une petite pâtisserie, il faut réduire un peu les quantités ou faire plus d’activité. »
Cette nouvelle mode parisienne pourrait aussi inspirer d’autres grandes villes françaises, où la culture du chien de compagnie est tout aussi ancrée. Lyon, Marseille ou Bordeaux ont-elles déjà vu naître leurs premiers cafés canins ? Une question qui, à terme, pourrait bien se poser.
Les recettes sont élaborées avec l’aide d’un vétérinaire pour garantir leur innocuité. Cependant, elles ne conviennent pas à tous les chiens, notamment ceux souffrant d’allergies ou de troubles digestifs. Il est toujours recommandé de consulter un vétérinaire avant d’introduire de nouveaux aliments dans l’alimentation de son animal.
Oui. Les établissements doivent respecter des normes d’hygiène strictes et obtenir les autorisations nécessaires, notamment en matière de sécurité et de bien-être animal. Les propriétaires sont également tenus de s’assurer que leurs locaux sont adaptés aux chiens et à leurs maîtres.