Et si les premiers signes de la maladie de Parkinson n’apparaissaient pas d’abord dans le cerveau, mais dans l’intestin ou la bouche ? Deux études récentes, publiées ces derniers mois, explorent cette piste intrigante. Selon Top Santé, des chercheurs ont identifié des liens entre la composition du microbiote intestinal et buccal et les premiers stades de cette pathologie neurodégénérative.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux études récentes suggèrent un lien entre les bactéries intestinales et buccales et les premiers stades de la maladie de Parkinson.
  • L’une des recherches a analysé des échantillons de 150 patients en phase précoce, tandis que l’autre portait sur 100 individus.
  • Certaines espèces bactériennes, comme Prevotella copri, seraient associées à un risque accru de développer la maladie.
  • Les résultats pourraient ouvrir la voie à des outils de diagnostic précoce ou à des pistes thérapeutiques ciblant le microbiote.
  • Les mécanismes précis reliant les bactéries intestinales à la neurodégénérescence restent à éclaircir.

Une piste qui bouleverse les approches traditionnelles

Jusqu’ici, la maladie de Parkinson était principalement associée à la dégénérescence des neurones dopaminergiques dans le cerveau, responsable des symptômes moteurs comme les tremblements. Pourtant, ces travaux, menés par des équipes internationales, proposent une vision différente. Top Santé rapporte que l’une des études a analysé des échantillons fécaux et salivaires de 150 patients en phase précoce de la maladie. L’autre, portant sur 100 individus, a confirmé ces résultats en identifiant des modifications spécifiques du microbiote chez les personnes atteintes.

Ces découvertes s’inscrivent dans une tendance plus large : celle de l’implication du microbiote dans des maladies autrefois considérées comme purement neurologiques. « Nous savons depuis quelques années que l’intestin et le cerveau communiquent via l’axe intestin-cerveau », a déclaré le Dr. Jean-Marc Cani, chercheur à l’INSERM et co-auteur de l’une des études. « Mais là, nous avons des preuves que des déséquilibres du microbiote pourraient précéder de plusieurs années l’apparition des symptômes moteurs. »

Des bactéries spécifiques mises en cause

Parmi les espèces bactériennes pointées du doigt, Prevotella copri apparaît comme l’une des plus problématiques. Selon les données rapportées par Top Santé, cette bactérie serait surreprésentée chez les patients en phase précoce de Parkinson. À l’inverse, d’autres espèces, comme certaines souches de Bifidobacterium, sembleraient jouer un rôle protecteur. Ces observations pourraient expliquer pourquoi certaines populations, dont les régimes alimentaires diffèrent, présentent des taux d’incidence variables de la maladie.

Les mécanismes biologiques en jeu restent flous, mais les chercheurs émettent plusieurs hypothèses. L’une d’elles suggère que certaines bactéries produisent des métabolites capables d’initier une inflammation chronique, favorisant à terme la neurodégénérescence. Une autre piste évoque une perturbation de la barrière intestinale, laissant passer des toxines dans la circulation sanguine et affectant le cerveau. Top Santé souligne que ces travaux en sont encore à leurs débuts, mais qu’ils ouvrent des perspectives prometteuses pour la médecine préventive.

Et maintenant ?

Ces découvertes pourraient conduire à deux types d’avancées dans les années à venir. D’abord, le développement de tests de dépistage précoce, basés sur l’analyse du microbiote. Ensuite, des stratégies thérapeutiques visant à restaurer un équilibre bactérien favorable, comme des probiotiques ciblés ou des régimes alimentaires adaptés. Les chercheurs prévoient de lancer des essais cliniques dès 2027 pour tester ces approches sur des cohortes plus larges. Reste à voir si ces pistes se confirmeront à grande échelle.

Si ces résultats sont confirmés, ils pourraient bouleverser la prise en charge de la maladie de Parkinson. Jusqu’ici, le diagnostic reposait principalement sur l’observation des symptômes moteurs, souvent apparus plusieurs années après le début de la dégénérescence neuronale. Pouvoir agir en amont, avant même que les premiers signes ne se manifestent, représenterait une avancée majeure. Mais autant dire que le chemin est encore long avant que ces hypothèses ne deviennent des solutions concrètes.

Non, pas encore. Les études publiées à ce jour montrent des corrélations entre certaines bactéries et les premiers stades de la maladie, mais aucun test de dépistage n’est validé ou disponible en pratique clinique. Les chercheurs soulignent que ces travaux sont encore expérimentaux et nécessitent des validations supplémentaires avant toute application médicale.