Selon Courrier International, les compagnies aériennes redoutent une pénurie de kérosène à l'approche de l'été. En effet, environ un tiers du kérosène européen provient du Moyen-Orient, région où le trafic maritime est paralysé depuis la fermeture du détroit d'Ormuz, le 28 février, par le régime iranien, renforcée le 14 avril par le contre-blocus mis en place par la flotte militaire américaine.

Ce qu'il faut retenir

  • Les compagnies aériennes craignent une pénurie de kérosène à l'approche de l'été.
  • Environ un tiers du kérosène européen provient du Moyen-Orient.
  • Le trafic maritime est paralysé depuis la fermeture du détroit d'Ormuz.
  • Les opérations militaires consomment beaucoup de carburant.
  • Les prix du carburant pour avion flambent.

Tout va dépendre du nombre de barils de pétrole qui pourront passer le détroit d'Ormuz, selon Claudio Galimberti, économiste en chef du cabinet de veille économique Rystad Energy. « La situation pourrait prendre une ampleur systémique d'ici trois ou quatre semaines, ce qui pourrait entraîner une forte réduction du nombre de vols en Europe dès mai et juin », a-t-il expliqué à CNBC.

Les compagnies aériennes réagissent

Les transporteurs tirent donc la sonnette d'alarme. Airlines for Europe, qui réunit 16 compagnies, dont Air France, Lufthansa ou Ryanair, et représente 80 % du trafic de la région, demande à Bruxelles de prendre « des mesures de soutien d'urgence », selon la Libre Belgique. L'association professionnelle appelle ainsi l'Union européenne (UE) « à envisager des achats conjoints de kérosène, comme cette dernière l'a fait avec le gaz en réaction à la guerre en Ukraine ».

Les opérations militaires ont un impact

Les opérations militaires consomment beaucoup de carburant, ce qui fragilise encore l'approvisionnement de l'aviation civile. Selon le Financial Times, « le trafic arien contribue à hauteur de 851 milliards d'euros par an au PIB européen, et 14 millions d'emplois en dépendent ». En Asie, une région extrêmement dépendante du Moyen-Orient pour ses approvisionnements en hydrocarbures, certains pays « comme le Vietnam, ont commencé à rationner le carburant », écrit le Financial Times.

Les compagnies aériennes réduisent leur offre

Et un peu partout dans le monde, des compagnies comme Delta Airlines, Air New Zealand, Lot Polish Airlines (Pologne), Aurigny Air Services (Guernesey) ou SAS (Scandinavie) suppriment déjà des vols ou suspendent des lignes qui ne sont plus rentables. Car en attendant une éventuelle pénurie, les prix flambent. Actuellement, rapporte le média suisse RTS, une tonne de carburant pour avion coûte « en moyenne 1 700 dollars [environ 1 450 euros] en Europe », soit « 2,5 fois plus que le prix moyen en 2025 ».

Et maintenant ?

La situation pourrait prendre une ampleur systémique d'ici trois ou quatre semaines, ce qui pourrait entraîner une forte réduction du nombre de vols en Europe dès mai et juin. Les compagnies aériennes réagissent déjà en réduisant leur offre ou en suspendant des lignes. Il reste à voir comment l'Union européenne et les compagnies aériennes réagiront à cette pénurie potentielle.

Si la pénurie de kérosène devient réelle, les compagnies aériennes pourraient devoir réduire leur offre ou suspendre des lignes. Cela pourrait également entraîner une forte réduction du nombre de vols en Europe et impacter les économies des pays qui dépendent fortement du tourisme aérien.

En attendant, les compagnies aériennes et les autorités européennes doivent travailler ensemble pour éviter cette pénurie et garantir la sécurité et la fiabilité du transport aérien.