Un rapport publié par l’Ocean Census, relayé par Ouest France, révèle la découverte de 1 121 nouvelles espèces marines potentielles en 2025. Ces créatures, majoritairement originaires des profondeurs océaniques, offrent un éclairage inédit sur des écosystèmes encore largement méconnus. Selon les experts, ces découvertes soulignent à la fois l’extraordinaire biodiversité des abysses et leur vulnérabilité face aux pressions anthropiques.
Ce qu'il faut retenir
- 1 121 nouvelles espèces potentielles identifiées en 2025, selon le rapport de l’Ocean Census publié dans Ouest France.
- La majorité de ces espèces proviennent des zones abyssales, des milieux parmi les moins explorés de la planète.
- Ces découvertes renforcent les craintes concernant la disparition accélérée de la biodiversité marine avant même sa pleine identification.
- L’Ocean Census, initiative internationale, rassemble des scientifiques du monde entier pour cartographier et préserver les écosystèmes océaniques.
- Les méthodes d’exploration incluent l’utilisation de robots sous-marins et d’analyses ADN environnemental.
Un monde inconnu sous les profondeurs
Les abysses, situés entre 200 mètres et 11 000 mètres de profondeur, abritent des formes de vie adaptées à des conditions extrêmes : absence de lumière, pression écrasante, températures glaciales. Selon les chercheurs, 90 % des fonds marins restent inexplorés, tant les défis techniques et financiers sont importants. « Ces milieux sont si hostiles que chaque expédition peut révéler des espèces jamais observées auparavant », explique le Dr. Maria Santos, biologiste marine au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, citée par Ouest France.
Parmi les découvertes les plus remarquables, on compte des méduses bioluminescentes, des crustacés géants aux allures préhistoriques, ou encore des poissons adaptés à l’obscurité permanente. Certaines de ces espèces présentent des caractéristiques uniques, comme des organes lumineux ou des métabolismes capables de résister à des pressions équivalant à plus de 1 000 fois la pression atmosphérique.
L’urgence de protéger ces écosystèmes fragiles
Ces révélations interviennent alors que les océans subissent des pressions sans précédent : réchauffement climatique, acidification des eaux, pollution plastique et surpêche. « Chaque nouvelle espèce découverte est une preuve supplémentaire de la nécessité d’agir pour préserver ces milieux avant qu’ils ne disparaissent », alerte le Pr. Jean-Luc Dupont, coordinateur de l’Ocean Census. Le rapport souligne que plus de 30 % des espèces abyssales pourraient être menacées d’extinction d’ici 2100 en raison du changement climatique et des activités humaines.
L’Ocean Census, lancé en 2023, vise à accélérer l’identification des espèces marines avant leur disparition. Le projet s’appuie sur une collaboration entre plus de 500 scientifiques issus de 40 pays. « Notre objectif est de créer un inventaire complet de la vie marine d’ici 2030 », précise le Dr. Santos. Pour y parvenir, les chercheurs combinent imagerie haute résolution, séquençage génétique et intelligence artificielle pour analyser les échantillons prélevés lors des expéditions.
Des méthodes innovantes pour explorer l’inconnu
L’exploration des abysses repose sur des technologies de pointe. Les sous-marins autonomes, équipés de caméras 4K et de capteurs chimiques, permettent de cartographier les fonds marins avec une précision inégalée. Les pièges à ADN environnemental, quant à eux, capturent des fragments d’ADN laissés par les organismes dans l’eau, révélant la présence d’espèces sans même les observer directement.
Ces outils ont déjà permis de documenter des espèces rares, comme le calmar géant des profondeurs ou des vers marins géants capables de vivre près des sources hydrothermales. « Grâce à ces techniques, nous pouvons étudier des écosystèmes entiers en quelques semaines, là où il fallait autrefois des années de plongées », explique le Pr. Dupont. Cependant, le coût des expéditions et la complexité des analyses restent des obstacles majeurs pour les scientifiques.
Enfin, ces découvertes soulèvent une question essentielle : comment concilier exploration scientifique et préservation de ces milieux déjà fragilisés ? Pour l’instant, aucune réponse définitive ne s’impose, mais les prochaines années seront déterminantes pour l’avenir des abysses.
Les abysses présentent des conditions extrêmes : pression écrasante, absence de lumière, températures proches de zéro. Les technologies utilisées doivent être extrêmement résistantes et précises, ce qui rend les expéditions coûteuses et complexes. De plus, la plupart des fonds marins n’ont pas encore été cartographiés, compliquant la planification des missions.
Les espèces des abysses sont principalement menacées par le réchauffement climatique, qui modifie la température et la composition chimique des eaux, ainsi que par la pollution plastique et les déchets issus des activités humaines. La surpêche et l’exploitation minière des fonds marins constituent également des risques majeurs pour ces écosystèmes fragiles.