En République centrafricaine, plus de 2 000 déplacés internes vivent toujours dans des conditions précaires à Bangui, selon France 24. Ces personnes, dont les habitations ont été ravagées par les inondations dévastatrices de 2023 sur l’île Mbongossoua, ont été relogées de manière temporaire aux abords de la rivière M’poko. Pourtant, aucun logement social promis par le gouvernement centrafricain n’a encore été attribué.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 2 000 déplacés vivent dans des conditions précaires à Bangui après les inondations de 2023.
  • Ces familles ont été relogées aux abords de la rivière M’poko en attendant une solution durable.
  • Le gouvernement centrafricain avait promis la construction de logements sociaux pour les reloger définitivement.
  • L’île Mbongossoua, durement touchée, reste inhabitée en raison des dégâts persistants.

Les inondations de 2023 ont laissé derrière elles un bilan humain et matériel lourd. D’après les autorités locales, près de 10 000 personnes avaient été affectées dans la capitale, avec des habitations détruites ou endommagées de manière irréparable. Parmi les zones les plus touchées, l’île Mbongossoua, située dans le fleuve Oubangui, a subi des dégâts si importants que son accès reste dangereux, voire interdit. « Les sols sont gorgés d’eau et les fondations des maisons se sont effondrées », a expliqué un responsable humanitaire sous couvert d’anonymat.

Face à l’urgence, les autorités de Bangui ont mis à disposition des terrains en bordure de la rivière M’poko pour y installer des tentes et des abris provisoires. Pourtant, près de trois ans après la catastrophe, ces mesures restent insuffisantes. « On survit ici, mais ce n’est pas une vie », a témoigné un déplacé de 45 ans, père de six enfants. « Les pluies commencent, et avec elles, les risques d’inondations supplémentaires. On craint pour nos enfants. »

Un relogement promis mais jamais concrétisé

Dès 2024, le gouvernement centrafricain avait annoncé un plan de relogement pour les familles sinistrées, avec la construction de logements sociaux dans plusieurs quartiers de Bangui. Pourtant, selon des sources proches du dossier, les travaux n’ont jamais démarré. « Les promesses sont restées des mots », a dénoncé un représentant d’une ONG locale. « Les fonds alloués n’ont pas été débloqués à temps, et les procédures administratives ont ralenti le processus. »

Le ministère du Logement, contacté par France 24, a indiqué que « des appels d’offres ont été lancés » et que « des terrains ont été identifiés ». « Les travaux devraient commencer d’ici la fin de l’année 2026 », a précisé un porte-parole, sans donner de date exacte. Pourtant, les familles déplacées doutent de ces assurances. « On nous dit la même chose depuis deux ans. À quoi bon espérer ? », s’interroge une mère de famille.

Un contexte humanitaire et politique tendu

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de crise humanitaire en République centrafricaine, où près de 600 000 personnes restent déplacées à travers le pays, selon l’ONU. Les violences communautaires, les conflits fonciers et l’instabilité politique aggravent les difficultés des populations déjà vulnérables. « Le relogement des déplacés de Bangui est un symbole de la gestion des crises dans ce pays », a souligné un analyste. « Si le gouvernement échoue ici, comment peut-on croire en sa capacité à résoudre les autres problèmes ? »

Par ailleurs, les inondations de 2023 ont révélé les faiblesses des infrastructures locales. « Les systèmes de drainage et les digues sont vétustes, et la ville n’est pas préparée à faire face à de nouvelles catastrophes naturelles », a expliqué un ingénieur en génie civil. « Sans investissements urgents, le risque de nouvelles inondations reste élevé. »

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient apporter des éclaircissements sur l’avancement des projets de relogement. Le gouvernement centrafricain a annoncé que des inspections des sites prévus devaient avoir lieu avant l’été 2026, avec pour objectif de lancer les travaux avant la fin de l’année. Pourtant, les délais annoncés à plusieurs reprises par le passé laissent les familles sceptiques. D’ici là, les déplacés continueront de vivre dans l’incertitude, entre promesses non tenues et risques persistants de nouvelles inondations.

Cette crise illustre une fois de plus les défis auxquels fait face la République centrafricaine, où la reconstruction et la stabilité restent des objectifs lointains. Entre promesses gouvernementales et réalités du terrain, les habitants de Bangui attendent toujours une réponse concrète à leur situation.

Selon le ministère du Logement centrafricain, les critères incluent le statut de déplacé dû à un conflit ou une catastrophe naturelle, ainsi que des conditions de ressources précaires. Les dossiers sont instruits par les autorités locales, mais le processus reste opaque et peu transparent pour les familles concernées.