Selon Franceinfo - Santé, l’Agence européenne des drogues (Euda) vient de publier son rapport annuel, révélant une hausse alarmante des décès liés à la consommation de substances psychoactives. Le document, dévoilé ce mardi 9 juin 2026, indique qu’au moins 7 600 personnes sont mortes d’une surdose dans 29 pays européens en 2024, incluant les 27 États membres de l’Union européenne, la Turquie et la Norvège. Magnus Brunner, commissaire européen chargé des Affaires intérieures et de la Migration, a souligné dans un communiqué le « coût humain » de cette crise sanitaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 7 600 décès par surdose enregistrés en 2024 dans 29 pays européens, selon l’Euda.
  • Une nouvelle substance psychoactive (NSP) est détectée en moyenne chaque semaine en Europe.
  • Le nombre total de substances surveillées par l’Euda atteint 1 050, dont 50 nouvelles identifiées en 2025.
  • Les cannabinoïdes de synthèse et les opioïdes de synthèse, comme les nitazènes, gagnent en puissance et en popularité.
  • L’adultération des produits à base de cannabis et la polyconsommation aggravent les risques pour les usagers.

Une menace en constante évolution

L’Euda met en garde contre la diversification croissante des substances disponibles sur le marché. D’après le rapport, une nouvelle substance psychoactive (NSP) est identifiée en moyenne toutes les semaines dans l’Union européenne. En 2025, 50 nouvelles NSP ont été signalées, portant à 1 050 le nombre total de substances surveillées par l’agence. « Les consommateurs peuvent prendre des drogues très puissantes, souvent sans en avoir conscience », a déclaré Lorraine Nolan, directrice exécutive de l’Euda, lors de la présentation du rapport.

Des produits de plus en plus dangereux

Parmi les substances les plus préoccupantes figurent les cannabinoïdes de synthèse, souvent utilisés pour frelater les produits à base de cannabis. Leur puissance accrue et leur disponibilité sous forme de cigarettes électroniques ou de produits comestibles inquiètent particulièrement les autorités. « Ces deux types de substances sont vendus sous des formes attrayantes, ce qui pourrait encourager leur adoption par des utilisateurs plus jeunes », a précisé l’Euda. Par ailleurs, les opioïdes de synthèse restent une menace majeure. En 2025, sept nouvelles molécules de cette famille ont été repérées, dont des nitazènes et des orphines, des substances particulièrement redoutables en cas de surdosage.

La polyconsommation, un facteur aggravant

L’agence européenne souligne également que la polyconsommation – c’est-à-dire l’association de plusieurs substances – est un phénomène répandu et dangereux. Les usagers combinent parfois des drogues de manière imprévisible, ce qui augmente considérablement les risques d’effets indésirables, voire de mortalité. « Ces pratiques accroissent les dangers de manière significative », a rappelé l’Euda, appelant à renforcer les dispositifs de prévention, de traitement et de réinsertion sociale pour les personnes concernées.

Un marché illicite de plus en plus difficile à contrôler

La large disponibilité des substances psychoactives sur le marché illicite s’explique en partie par leur production et leur diffusion rapides. Les nouvelles technologies, comme les plateformes de vente en ligne ou les réseaux sociaux, facilitent l’accès à ces produits, même aux mineurs. Les autorités européennes s’inquiètent de cette tendance, d’autant que les substances en circulation sont de plus en plus difficiles à identifier et à analyser en laboratoire. « La diversification des produits et leur accessibilité posent un défi majeur pour les systèmes de santé et les forces de l’ordre », a indiqué Magnus Brunner dans son communiqué.

Et maintenant ?

Face à cette crise, l’Euda et la Commission européenne appellent à une réponse coordonnée entre les États membres. Plusieurs pistes sont envisagées : un renforcement des contrôles aux frontières, une meilleure formation des professionnels de santé et une campagne de sensibilisation ciblant notamment les jeunes. Une réunion des ministres européens de la Santé est prévue en septembre 2026 pour discuter des mesures à mettre en place. Reste à voir si ces initiatives permettront de stabiliser, voire de réduire, le nombre de décès liés aux surdoses dans les années à venir.

Pour conclure, cette augmentation des décès par surdose en Europe reflète une évolution inquiétante du marché des drogues. Entre la multiplication des substances disponibles et leur accessibilité accrue, les défis pour les autorités sanitaires et policières restent immenses. La question centrale reste : ces mesures suffiront-elles à inverser la tendance dans un contexte où l’innovation en matière de substances psychoactives ne cesse de progresser ?

D’après le rapport de l’Euda, les opioïdes de synthèse, comme les nitazènes, et les cannabinoïdes de synthèse figurent parmi les substances les plus dangereuses. Leur puissance accrue et leur utilisation fréquente pour frelater d’autres produits augmentent significativement les risques de surdose mortelle.