Près de la moitié des familles françaises estiment que l’accompagnement financier et social de l’État à leur égard reste insuffisant, un constat qui s’aggrave pour les parents de jeunes enfants. C’est ce que révèle un sondage OpinionWay pour l’Union nationale des associations familiales (Unaf), publié le 15 mai 2026 à l’occasion de la Journée internationale des familles. Cette enquête, menée auprès de 2 583 parents d’enfants de moins de 20 ans entre le 29 janvier et le 19 février 2026, met en lumière une insatisfaction croissante, notamment sur les cinq premières années de vie des enfants.
Ce qu’il faut retenir
- 50 % des familles interrogées jugent le soutien de l’État insuffisant, soit 10 points de plus qu’en 2024.
- 55 % des parents d’enfants de 0 à 5 ans expriment une insatisfaction accrue, contre 50 % en 2024.
- 53 % des parents déclarent ne pas avoir les moyens de préparer l’avenir de leur enfant, contre 43 % en 2024.
- 74 % des parents actifs ont rencontré des difficultés pour concilier vie professionnelle et familiale au cours de l’année écoulée.
- Les principales préoccupations des parents restent la gestion des écrans (49 %), les relations avec les autres enfants (34 %) et les questions d’autorité (30 %).
Un désaveu croissant des aides publiques
Le baromètre de l’Unaf confirme une tendance de fond : la confiance des familles dans le système d’aides publiques s’érode. 50 % des répondants estiment que les prestations familiales et les baisses d’impôts ne couvrent pas leurs besoins, un chiffre en hausse de dix points par rapport à 2024. Cette insatisfaction est particulièrement marquée chez les parents de jeunes enfants : 55 % d’entre eux estiment que l’État ne leur apporte pas un soutien suffisant. « Cette progression reflète une dégradation des conditions économiques et sociales des familles, surtout en période d’inflation et de tensions sur le pouvoir d’achat », analyse un porte-parole de l’Unaf.
Les résultats de l’enquête révèlent aussi une précarité financière grandissante. Près d’un parent sur deux (53 %) déclare ne pas avoir les moyens de préparer l’avenir de son enfant, contre 43 % en 2024. Plus préoccupant encore, 13 % des familles avouent ne pas pouvoir répondre aux besoins essentiels de leurs enfants, un chiffre qui, bien que minoritaire, reste significatif. Côté loisirs, 33 % des parents admettent ne pas avoir les ressources nécessaires pour faire plaisir à leurs enfants, signe que la pression budgétaire pèse sur l’équilibre familial.
Les défis du quotidien : entre écrans et autorité
Si les questions financières occupent une place centrale dans les préoccupations des parents, elles ne sont pas les seules. Les résultats du sondage montrent que les défis éducatifs et relationnels prennent une importance croissante. En tête des difficultés rencontrées, 49 % des parents citent la gestion des écrans, un enjeu qui reflète l’évolution des usages numériques chez les plus jeunes. Viennent ensuite les relations avec les autres enfants (34 %) et les questions d’autorité (30 %).
Ces chiffres illustrent une réalité complexe pour les familles, prises en étau entre les contraintes économiques et les défis éducatifs. « Les parents doivent aujourd’hui composer avec des enjeux nouveaux, comme la surconsommation d’écrans, tout en faisant face à des difficultés financières récurrentes », souligne un expert en politiques familiales. Ces tensions soulèvent des questions sur le rôle de l’État dans l’accompagnement des familles, notamment en matière de soutien à l’éducation et à la parentalité.
Travail et famille : un équilibre toujours aussi fragile
L’étude de l’Unaf met en lumière une autre réalité préoccupante : l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale reste un casse-tête pour une majorité de parents actifs. Selon les résultats, 74 % des parents qui travaillent ont rencontré au moins une fois, au cours des douze derniers mois, des difficultés pour assumer leurs responsabilités familiales en raison d’un temps de travail trop important. Ce chiffre, qui concerne aussi bien les mères que les pères, témoigne des pressions exercées par le monde professionnel sur la vie familiale.
Les secteurs les plus touchés par cette difficulté sont souvent ceux où les horaires sont longs ou imprévisibles, comme le commerce, la santé ou l’industrie. « Les entreprises ont un rôle clé à jouer pour faciliter la conciliation entre vie pro et vie perso, notamment via des aménagements horaires ou du télétravail », plaide un représentant syndical. Pourtant, malgré les discours, les avancées concrètes restent limitées pour de nombreux salariés parents.
Pour les familles, l’enjeu est double : trouver des solutions immédiates pour alléger leur budget, et obtenir un soutien plus structurant de l’État. « Il ne s’agit pas seulement de compenser la baisse du pouvoir d’achat, mais aussi de garantir un environnement stable pour l’épanouissement des enfants », insiste l’Unaf dans un communiqué. Reste à savoir si les mesures annoncées par les pouvoirs publics suffiront à inverser la tendance.
En 2026, les principales aides incluent les allocations familiales, le complément familial, l’allocation de rentrée scolaire, le crédit d’impôt pour la garde d’enfants, et des dispositifs locaux comme les chèques emploi-service. Certaines prestations, comme le complément familial, sont majorées pour les familles modestes avec plusieurs enfants. Pour plus de détails, les familles peuvent consulter le site des Caf ou contacter leur caisse d’allocations familiales.