Franceinfo – Santé révèle qu’une enquête récente met en lumière la présence de résidus de pesticides dans certains cafés commercialisés en France. Menée par l’ONG Foodwatch en collaboration avec l’Union européenne, cette étude souligne des niveaux de contamination dépassant parfois les limites maximales autorisées, soulevant des questions sur la sécurité alimentaire des consommateurs.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude de Foodwatch et de l’Union européenne a détecté des résidus de pesticides dans des cafés vendus en France.
- Certains échantillons dépassent les limites maximales de résidus (LMR) fixées par la réglementation européenne.
- Les pesticides incriminés incluent notamment le chlorpyrifos, une substance interdite dans l’UE depuis 2020 mais encore présente dans des cultures anciennes.
- Les autorités sanitaires françaises appellent à une vigilance accrue sur les importations, principalement en provenance d’Amérique latine et d’Afrique.
- Des associations de consommateurs réclament un renforcement des contrôles et une transparence totale des producteurs.
Une enquête alarmante sur la contamination des cafés
Selon les résultats publiés ce 8 juillet 2026, l’enquête réalisée par Foodwatch et les services de la Commission européenne a analysé 220 échantillons de cafés moulus ou en grains, vendus dans les grandes surfaces et les cafés parisiens. Parmi eux, 15 % présentaient des taux de pesticides supérieurs aux seuils autorisés, avec des pics atteignant jusqu’à 3,5 fois la limite légale pour certains produits. « Ces chiffres sont préoccupants, car ils concernent des denrées largement consommées au quotidien », a déclaré Thierry Lucas, porte-parole de Foodwatch, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.
Les substances les plus fréquemment retrouvées incluent des fongicides et insecticides comme le chlorpyrifos – interdit dans l’Union européenne depuis 2020 mais encore utilisé dans certains pays producteurs – ainsi que des néonicotinoïdes, des pesticides neurotoxiques pour les insectes et potentiellement pour l’homme. « Le café, boisson la plus consommée après l’eau en France, ne devrait pas être un vecteur de contamination chimique », a souligné Lucas.
Des origines géographiques et des risques sanitaires à préciser
Les cafés les plus contaminés proviennent principalement d’Amérique latine – notamment du Brésil, du Vietnam et de la Colombie –, où les pratiques agricoles intensives et le non-respect des normes européennes sont souvent pointés du doigt. D’après les données de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), 40 % des lots importés en 2025 contenaient des résidus de pesticides, un chiffre en hausse de 12 % par rapport à 2023. « Nous renforçons nos contrôles aux frontières, mais les fraudes persistent », a confirmé un responsable de la DGCCRF sous couvert d’anonymat.
Côté risques sanitaires, les autorités rappellent que l’exposition chronique à ces substances peut, à long terme, favoriser des troubles neurologiques ou des perturbations endocriniennes. L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) a indiqué qu’aucune étude épidémiologique ne lie directement ces résidus à des maladies spécifiques, mais que la prudence reste de mise. « Le principe de précaution s’impose », a rappelé Isabelle Guichard, toxicologue à l’ANSES, lors d’un entretien accordé à Franceinfo.
Face à cette situation, les consommateurs sont invités à privilégier les cafés issus de l’agriculture biologique ou des filières certifiées, où l’usage de pesticides est strictement encadré. « Le bio reste la seule garantie de sécurité à ce jour », a conclu Lucas de Foodwatch. Une chose est sûre : le débat sur la qualité de notre alimentation quotidienne est loin d’être clos.
Les cafés en provenance du Brésil, du Vietnam et de Colombie sont les plus concernés, avec des taux de contamination dépassant parfois de 3,5 fois les limites légales européennes. Ces pays représentent près de 60 % des importations françaises de café.
Les autorités sanitaires recommandent de privilégier les cafés portant le label bio ou issus de filières certifiées (Fairtrade, Rainforest Alliance). Il est également conseillé de varier les sources d’approvisionnement et de se renseigner sur les pratiques agricoles des producteurs.