Alors que la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 s’engage doucement, l’ancien Premier ministre Gabriel Attal a clairement défini les conditions dans lesquelles il serait prêt à envisager une alliance avec d’autres forces politiques. Selon Franceinfo – Politique, il a indiqué jeudi 7 mai qu’un « rassemblement impérieux » deviendrait nécessaire uniquement en cas de « risque de deuxième tour entre La France Insoumise (LFI) et le Rassemblement National (RN) ».

Ce qu'il faut retenir

  • Un « rassemblement impérieux » selon Attal, uniquement si LFI et le RN s’affrontent au second tour
  • L’ancien Premier ministre évoque un comité de liaison avec les proches d’Édouard Philippe pour anticiper une éventuelle alliance
  • Attal ne précise pas s’il se retirerait au profit de Philippe en cas de désavantage dans les sondages
  • Il salue le départ d’Élisabeth Borne de Renaissance et son projet « Bâtissons ensemble », tout en rappelant son respect pour son action

Une hypothèse redoutée : LFI et RN en duel au second tour

Interrogé sur la possibilité d’un rapprochement avec Édouard Philippe, Gabriel Attal a précisé sa position lors d’un entretien accordé à franceinfo. « Ce qui rendra un rassemblement impérieux, c’est si, effectivement, il y a un risque de deuxième tour entre LFI et le RN », a-t-il déclaré. Pour l’ancien chef du gouvernement, cette configuration serait « terrible pour les Français ». « On a tous les deux à cœur d’empêcher un second tour qui serait terrible pour les Français », a-t-il ajouté, sans pour autant confirmer qu’il se désisterait en faveur de son aîné si ce dernier le devançait dans les intentions de vote.

Cette déclaration intervient dans un contexte où les sondages placent régulièrement LFI et le RN en tête des intentions de vote pour le premier tour, alimentant les craintes d’un duel perçu comme polarisant par une partie de la classe politique.

Un comité de liaison pour préparer une éventuelle union

Pour anticiper cette situation, Gabriel Attal a révélé l’existence d’un « comité de liaison » associant ses équipes et celles proches d’Édouard Philippe. Ce groupe, chargé d’échanger sur la stratégie à adopter, planche notamment sur « le calendrier » et « les conditions dans lesquelles ce rassemblement serait absolument nécessaire ». Les discussions portent également sur « ce qu’il se passerait dans ce cas-là », a précisé l’ancien Premier ministre, qui n’exclut pas l’organisation d’une primaire pour trancher entre les deux candidats.

Cette initiative reflète la volonté des deux figures centristes de structurer leur collaboration, alors que leur duel à distance s’est précisé ces derniers mois. Ni Attal ni Philippe n’ont encore officialisé leur candidature, mais leurs échanges informels laissent entrevoir une possible coordination future.

Attal salue le départ d’Élisabeth Borne de Renaissance

Gabriel Attal a également réagi à l’annonce, mercredi 6 mai, du départ d’Élisabeth Borne de la direction du parti Renaissance. L’ancienne Première ministre a démissionné du Conseil national du mouvement et a annoncé la création de sa propre structure, « Bâtissons ensemble », destinée à « rassembler au-delà des partis ». « Elle fait le choix aujourd’hui de créer sa propre structure, c’est son droit », a commenté Attal, ajoutant : « On est en démocratie, chacun fait ses choix, moi je n’ai pas à les commenter. »

Il a tenu à rappeler son « respect » pour Borne, qualifiée de « Première ministre courageuse ». Cette dernière avait précédemment exprimé son « désaccord » avec la ligne politique de Renaissance, estimant qu’elle n’était « pas forcément débattue » en interne. Son départ marque une nouvelle étape dans la recomposition de l’espace politique centristes, déjà marqué par les tensions entre les partisans d’une ligne plus libérale et ceux d’une approche plus sociale.

Des divergences qui persistent au sein de la majorité

La création de « Bâtissons ensemble » par Borne illustre les fractures persistantes au sein de la majorité présidentielle, quelques mois après le départ de François Bayrou de Renaissance. Ces dynamiques internes pourraient influencer les stratégies des différents acteurs en vue de 2027, alors que le parti cherche à se repositionner après les élections européennes de 2024 et les législatives de 2022.

Dans ce paysage en mouvement, Gabriel Attal et Édouard Philippe apparaissent comme les deux figures les plus en vue pour incarner une alternative modérée, même si leurs positions respectives sur certains sujets (économie, écologie, Europe) ne coïncident pas toujours.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir se préciser les candidatures pour 2027, avec un calendrier électoral qui s’annonce déjà chargé. Les primaires au sein de la gauche et de l’extrême droite, ainsi que les alliances potentielles au centre, détermineront en grande partie les rapports de force pour le scrutin présidentiel. Une primaire entre Attal et Philippe reste une hypothèse plausible, bien que les deux hommes aient jusqu’ici évité de s’engager sur cette voie. Pour leur comité de liaison, l’enjeu sera de transformer les discussions en une stratégie concrète, sans aliéner leur électorat respectif.

Quelle que soit l’issue de ces négociations, une chose est sûre : la crainte d’un duel LFI-RN au second tour continue de peser sur les calculs politiques. Pour Gabriel Attal, comme pour d’autres responsables, l’objectif reste d’éviter ce scénario, quitte à repenser les alliances traditionnelles.

Pour Attal, un second tour opposant La France Insoumise et le Rassemblement National serait « terrible pour les Français », selon ses termes. Il estime que cette configuration polariserait davantage le débat politique et pourrait fragiliser la cohésion nationale. Son objectif, partagé avec Édouard Philippe, est d’éviter ce scénario en unissant les forces modérées autour d’un candidat unique.