Selon Ouest France, le géant mondial de la tomate, le Maroc, traverse une période difficile en raison de conditions climatiques défavorables. Ces aléas ont entraîné un ralentissement significatif de sa production, une situation qui, bien que temporaire, pourrait offrir une opportunité aux producteurs français de renforcer leur position sur le marché.
Ce qu'il faut retenir
- Le Maroc, premier exportateur mondial de tomates, voit sa production diminuer à cause du climat
- Cette baisse, temporaire, pourrait réduire la concurrence à bas prix pour les producteurs français
- Ces derniers appellent les consommateurs et distributeurs à privilégier les tomates locales
- La situation reste ponctuelle, sans garantie sur une amélioration durable
Comme le rapporte Ouest France, le Maroc, qui domine largement le marché mondial de la tomate fraîche et transformée, subit actuellement un net recul de sa production. Les intempéries récurrentes, notamment des épisodes de sécheresse et des températures anormalement élevées, ont perturbé les cycles de culture dans les principales régions productrices, à l’instar de la région de Souss-Massa ou du Gharb-Chrarda-Beni Hssen. « Les rendements sont en baisse de près de 20 % par rapport à l’année dernière, et certains exploitants ont même dû abandonner des parcelles », a expliqué un responsable de la Fédération interprofessionnelle marocaine de la tomate industrielle (Frimti), cité par le quotidien.
Cette situation, bien que conjoncturelle, intervient dans un contexte où la concurrence des tomates marocaines pèse lourdement sur les producteurs européens, et français en particulier. Ces derniers dénoncent depuis des années des importations à bas prix, rendues possibles par des coûts de production plus faibles et des normes sociales et environnementales parfois moins strictes. « On ne peut pas rivaliser avec des tomates vendues à moins de 1 euro le kilo à l’importation, alors que nos coûts de production dépassent souvent les 1,50 euro », a rappelé la présidente de la section tomates de la Fédération nationale des producteurs de légumes (FNPF), lors d’un entretien avec Ouest France.
Face à ce déséquilibre, les producteurs français misent sur un sursaut de solidarité de la part des consommateurs et des enseignes de la grande distribution. L’objectif est clair : orienter les achats vers les circuits courts ou les labels régionaux, comme les tomates de Provence, du Sud-Ouest ou des Pays de la Loire. Plusieurs supermarchés ont d’ailleurs commencé à mettre en avant des étiquetages signalant l’origine française, comme le rapporte la source. « Chaque achat compte. Si les consommateurs privilégient les produits locaux, nous pourrons compenser une partie de l’écart de prix », a souligné un maraîcher de la région nantaise.
Reste à voir si ces initiatives suffiront à inverser une tendance de fond. Pour l’instant, les producteurs français comptent sur cette conjoncture exceptionnelle pour regagner des parts de marché, tout en gardant à l’esprit que cette opportunité ne durera qu’un temps.
Selon les dernières données disponibles, les principaux débouchés pour les tomates marocaines sont l’Union européenne (notamment l’Espagne, la France et les Pays-Bas), la Russie et certains pays d’Afrique subsaharienne.