À peine la capsule Orion de la mission Artemis II récupérée dans le Pacifique, la NASA a confirmé qu’elle poursuivait activement la préparation de son ambitieux programme lunaire. Selon Euronews FR, cette mission habitée a marqué un jalon historique en offrant aux astronautes des vues inédites de la face cachée de la Lune, en permettant l’observation d’une éclipse solaire depuis l’orbite lunaire et en établissant un nouveau record de distance parcourue par des êtres humains dans l’espace.
Ce succès intervient alors que l’agence spatiale américaine finalise les contours de ses prochaines étapes, visant à terme l’installation d’une base permanente sur la Lune. « La prochaine mission est pour très bientôt », a d’ailleurs souligné Rick Henfling, directeur de vol de rentrée, lors d’une déclaration faite après l’amerrissage de l’équipage le 12 avril 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Artemis II a permis d’établir un nouveau record de distance pour une mission habitée, en s’éloignant à plus de 450 000 km de la Terre.
- La mission a capturé des images inédites de la face cachée de la Lune et observé une éclipse solaire depuis l’orbite lunaire.
- Artemis III, initialement prévue pour un alunissage, devient une mission de démonstration des atterrisseurs de SpaceX et Blue Origin.
- La NASA prévoit une mission lunaire par an à partir de 2027, avec Artemis IV en 2028 pour tester un atterrisseur commercial.
- L’agence collabore avec l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale (JAXA) pour développer un rover pressurisé destiné à l’exploration habitée.
- La construction d’une base lunaire permanente est prévue en trois phases, avec une présence humaine continue d’ici la fin de la décennie.
Artemis III : une mission réorientée vers la démonstration technique
Initialement conçue pour être la première mission à faire atterrir des astronautes sur la Lune depuis Apollo 17, Artemis III a été redéfinie en mars 2026. Désormais, elle se concentrera sur la validation des atterrisseurs lunaires développés par SpaceX et Blue Origin, deux entreprises en compétition pour fournir les premiers véhicules opérationnels. Selon les annonces de la NASA, les astronautes procéderont à l’arrimage de leur capsule Orion à un atterrisseur en orbite basse autour de la Terre, afin de certifier ces engins avant tout alunissage habité.
Côté calendrier, Artemis III est prévue pour 2027, avec un décollage depuis le centre spatial Kennedy en Floride. Du côté des concurrents, Blue Origin vise un lancement d’essai sans équipage de son atterrisseur Blue Moon d’ici la fin de l’année 2026. En revanche, l’atterrisseur de SpaceX, basé sur le vaisseau Starship, accuse un retard significatif, plusieurs étapes clés n’ayant pas encore été franchies.
Un rythme soutenu pour les missions lunaires
À partir de 2027, la NASA prévoit d’envoyer une mission vers la Lune chaque année, marquant ainsi une accélération notable par rapport aux programmes précédents. Après Artemis III, Artemis IV, attendue pour le début de 2028, verra les astronautes passer directement d’Orion à un atterrisseur lunaire commercial pour se poser sur la surface sélène. Cette mission s’inscrit dans la stratégie de la NASA pour tester les technologies nécessaires à une exploration durable, en collaboration avec des partenaires internationaux et privés.
Parmi ces partenaires, l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale (JAXA) joue un rôle clé. L’agence développe en effet un rover pressurisé destiné à faciliter l’exploration habitée de la Lune, une contribution essentielle pour les futures missions. D’autres collaborations sont déjà actives avec l’Italie et le Canada, tandis que la NASA a indiqué qu’elle élargirait ces partenariats pour inclure des contributions dans les domaines de l’habitat, de la mobilité en surface et de la logistique.
Trois phases pour une base lunaire permanente
La construction d’une base lunaire permanente s’articule autour de trois phases distinctes, comme l’a détaillé l’agence spatiale américaine. La première phase, qui débutera avec les missions Artemis V et suivantes, consistera à déployer sur la Lune des rovers, des instruments scientifiques et des technologies destinées à étudier la production d’énergie, les systèmes de communication et les modes de déplacement adaptés au terrain lunaire.
La deuxième phase visera à construire des structures partiellement habitables et à établir des liaisons logistiques régulières. Cette étape, prévue pour le début des années 2030, inclura notamment des missions de ravitaillement en collaboration avec la JAXA et d’autres partenaires internationaux. Enfin, la troisième phase, dont le lancement est envisagé à l’horizon 2035, prévoit l’acheminement de matériels lourds et l’instauration d’une présence humaine continue. L’objectif est de passer de séjours de courte durée à une base permanente, marquant ainsi une nouvelle ère dans l’exploration spatiale.
Un alignement avec la politique spatiale nationale américaine
Ces évolutions s’inscrivent dans le cadre de la Politique spatiale nationale des États-Unis, publiée en décembre 2025. Ce document stratégique charge la NASA de plusieurs objectifs majeurs : ramener des astronautes sur la Lune, renforcer le rôle des États-Unis dans les activités spatiales commerciales et maintenir leur leadership mondial en matière d’exploration spatiale. Pour y parvenir, l’agence mise sur des partenariats publics-privés et une approche progressive, en s’appuyant sur les succès des missions Artemis pour valider les technologies nécessaires à une exploration durable.
Parmi les innovations attendues, la NASA met en avant des systèmes de production d’énergie basés sur l’utilisation des ressources lunaires in situ, ainsi que des technologies de communication avancées pour maintenir le contact avec la Terre. Ces avancées sont essentielles pour préparer les futures missions habitées vers Mars, un objectif à long terme évoqué par l’agence.
Reste à voir comment évolueront les retards éventuels des acteurs privés et si les financements nécessaires seront maintenus, alors que le programme lunaire s’inscrit dans une logique de long terme. Une chose est sûre : après le succès d’Artemis II, l’horizon lunaire se rapproche pour l’humanité.
La NASA a réorienté la mission pour en faire une démonstration technique des atterrisseurs développés par SpaceX et Blue Origin. L’objectif est de valider ces véhicules avant tout alunissage habité, ce qui nécessite des tests préalables en orbite terrestre basse.
Parmi les partenaires clés figurent l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale (JAXA), qui développe un rover pressurisé, ainsi que l’Italie et le Canada, qui contribuent à des technologies liées à l’habitat et à la mobilité en surface.
