Raphaël Glucksmann, président du parti Place publique et député européen, a tenu ce samedi 13 juin son premier grand meeting à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), marquant une étape clé dans sa stratégie pour la présidentielle de 2027. Selon BFM - Politique, l’eurodéputé s’est fixé un délai de trois mois pour officialiser ou non sa candidature à l’Élysée, tout en cherchant à rallier le Parti socialiste à sa cause.

Ce qu'il faut retenir

  • 4 000 participants revendiqués par Place publique pour ce meeting inaugural aux Docks d’Aubervilliers.
  • Glucksmann, favori sur l’arc social-démocrate avec 12 % des intentions de vote, vise à résister à la pression de La France insoumise (LFI) et à convaincre le PS.
  • Le candidat a vivement critiqué le bilan écologique d’Emmanuel Macron, qualifiant ses mesures d’« mesurettes » et de « discours creux ».
  • Il a rendu hommage à Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée morte le 4 juin, soulignant l’urgence à traiter les violences sexuelles comme un « fait politique ».
  • Parmi les personnalités présentes figuraient Laurence Tubiana (Fondation européenne pour le climat), Cyrille Amoursky (reporter en Ukraine) et Annick Kayitesi-Jozan (rescapée du génocide rwandais).

Le meeting, qui s’est tenu aux Docks de Paris à Aubervilliers, a rassemblé environ 4 000 soutiens selon les organisateurs. Glucksmann, qui se positionne comme un candidat pro-européen et anti-LFI, a insisté sur la nécessité de « redonner à la France sa liberté et sa souveraineté », évoquant notamment les menaces de guerre en Europe et les dépendances énergétique, industrielle et technologique du pays. BFM - Politique souligne que l’eurodéputé mise sur une ligne sociale-démocrate pour séduire un électorat modéré et marginaliser l’extrême gauche.

Un discours écologique pour contrer l’image de « nouveau Macron »

Dès son intervention, Raphaël Glucksmann a pris soin de répondre aux critiques l’accusant d’être un « nouveau Macron ». Il a rappelé que le président sortant n’avait « rien compris à l’écologie », se limitant selon lui à des « discours creux avec des mesurettes et des coups de com ». « J’ai toujours su qu’Emmanuel Macron n’allait rien faire d’autre », a-t-il lancé, promettant de ne « plus perdre une année » en matière climatique. Pour Glucksmann, l’écologie doit devenir une priorité nationale, « pour le climat, mais aussi pour notre liberté, pour l’indépendance de la France et le pouvoir d’achat des Français ». Il a conclu son propos en annonçant vouloir faire de la France « une République écologique, une République libre ».

Cette prise de position tranchée intervient alors que le gouvernement français est régulièrement critiqué pour son manque d’ambition environnementale. Glucksmann, qui mise sur ce thème pour fédérer, a rappelé que le prochain président devra « préparer le pays à la menace d’une guerre sur le sol de l’Union européenne » et briser les chaînes qui « enserrent le cou des Français ». Il a également évoqué les risques d’ingérences russes lors de la prochaine élection, tout en réaffirmant sa « confiance inébranlable dans les Français ».

Un hommage à Lyhanna et une mobilisation contre les violences sexuelles

Le meeting a débuté par un hommage à Lyhanna, collégienne de 11 ans dont le corps a été retrouvé le 4 juin. Glucksmann a marqué les esprits en déclarant que « les violences sexuelles contre les enfants et les femmes ne sont pas des faits divers, ce sont des faits politiques, de société », dénonçant l’inaction du gouvernement sur ce dossier. Ce thème, récurrent dans la campagne des candidats à la présidentielle, s’inscrit dans un contexte de tensions sociales et de demandes accrues de protection des mineurs.

Parmi les autres personnalités invitées à s’exprimer figuraient Annick Kayitesi-Jozan, rescapée du génocide rwandais, Laurence Tubiana, directrice de la Fondation européenne pour le climat, et Cyrille Amoursky, reporter de guerre en Ukraine. Leur présence visait à donner une dimension internationale et engagée au discours de Glucksmann, tout en élargissant son audience au-delà des cercles politiques traditionnels. BFM - Politique note que ces soutiens, bien que variés, ne suffisent pas à garantir un ralliement massif des écologistes ou des socialistes.

Les absences notables et les défis à venir pour Glucksmann

Si Place publique se félicite d’avoir réuni « des personnalités inspirantes », certaines figures de la gauche étaient absentes, comme François Hollande, Olivier Faure (premier secrétaire du PS), Bernard Cazeneuve ou Marine Tondelier (Les Écologistes). Cette absence de poids lourds politiques pourrait fragiliser la stratégie de Glucksmann, qui compte sur une alliance avec le PS pour peser face à LFI. BFM - Politique relève que le candidat doit encore convaincre des personnalités clés comme Yannick Jadot, Carole Delga ou Michaël Delafosse, pourtant annoncés comme présents.

Glucksmann, qui mise sur une dynamique sociale-démocrate, reste sous pression. Avec 12 % des intentions de vote dans les sondages, il doit d’ici septembre prochain obtenir le soutien officiel du PS pour lancer sa campagne. Son objectif est clair : résister à la pression de LFI et incarner une alternative crédible à la droite et à l’extrême droite. Pour y parvenir, il devra convaincre les électeurs modérés, tout en évitant de se laisser marginaliser par les débats internes à la gauche.

Et maintenant ?

Glucksmann dispose d’un délai de trois mois pour officialiser sa candidature, une période durant laquelle il devra négocier avec le Parti socialiste et affiner son programme, notamment sur les questions écologiques et sociales. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer sa capacité à fédérer au-delà de son parti, Place publique, et à résister à la concurrence de LFI et du RN. Une officialisation de sa candidature d’ici septembre pourrait relancer la dynamique, mais les désistements ou ralliements inattendus pourraient aussi bouleverser la donne.

Le meeting d’Aubervilliers marque ainsi le début d’une campagne où Glucksmann devra concilier ambition écologique, unité de la gauche et crédibilité présidentielle. Reste à savoir si son discours, entre critique acerbe de Macron et hommage aux victimes de violences, parviendra à séduire un électorat encore divisé.

Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, est un symbole fort pour la gauche et les mouvements sociaux. La ville, marquée par une forte mobilisation citoyenne et des enjeux écologiques majeurs, offre un cadre médiatique et politique adapté à la stratégie de Glucksmann, qui mise sur un ancrage populaire et urbain pour sa campagne.