La préfecture de police de Paris a interdit, jeudi 18 juin 2026, un rassemblement prévu samedi après-midi dans la capitale pour dénoncer les exécutions d’opposants politiques en Iran. Selon France 24, cette décision repose sur un « contexte national et international particulièrement tendu », ainsi que sur le risque d’affrontements capables de « troubler gravement l’ordre public ». Les organisateurs, eux, dénoncent une interdiction « sans fondement ».

Ce qu'il faut retenir

  • Un rassemblement contre les exécutions politiques en Iran, initialement prévu samedi 20 juin 2026 à Paris, a été interdit par la préfecture de police.
  • La préfecture invoque un risque d’affrontements et un « contexte tendu » pour justifier sa décision.
  • Les organisateurs dénoncent une interdiction « sous des prétextes sans fondement ».
  • L’arrêté préfectoral a été publié jeudi 18 juin 2026 au soir.

Un arrêté préfectoral publié la veille du rassemblement

C’est jeudi soir, soit moins de 48 heures avant l’événement, que la préfecture de police a rendu publique son interdiction. Dans un arrêté publié sur son site officiel, l’institution justifie sa décision par un « contexte national et international particulièrement tendu », sans préciser davantage les éléments à l’origine de cette évaluation. Elle évoque également un risque d’affrontements pouvant « troubler gravement l’ordre public », une formulation souvent utilisée pour anticiper des troubles lors de manifestations.

Contactée par France 24, la préfecture n’a pas souhaité s’étendre sur les raisons précises de cette interdiction, se contentant de rappeler que la décision avait été prise « dans l’intérêt de la sécurité publique ».

Les organisateurs dénoncent une décision arbitraire

Du côté des organisateurs, la réaction est immédiate et sans équivoque. Dans un communiqué diffusé vendredi matin, ils dénoncent une interdiction « sous des prétextes sans fondement ». « Nous ne comprenons pas cette décision, qui semble motivée par des considérations politiques plutôt que par une réelle menace à l’ordre public », a déclaré Mehdi Kazemi, porte-parole du collectif organisateur. « Ce rassemblement était prévu pour alerter l’opinion publique sur les exécutions massives en Iran, pas pour provoquer des troubles. »

Le collectif, qui regroupe des associations de défense des droits humains et des exilés iraniens, avait annoncé vouloir rassembler plusieurs centaines de personnes place de la République, un lieu symbolique des mobilisations parisiennes. L’annonce de l’interdiction a été suivie d’un appel à manifester malgré tout, sous forme de cortège mobile.

Un contexte géopolitique marqué par les tensions

La décision de la préfecture s’inscrit dans un contexte international particulièrement sensible. Depuis plusieurs mois, les relations entre l’Iran et les pays occidentaux se sont tendues, notamment après des accusations de cyberattaques et de soutien à des groupes armés régionaux. Paris, qui abrite une importante diaspora iranienne, a déjà été le théâtre de manifestations pro- et anti-régime iranien, certaines dégénérant en affrontements avec les forces de l’ordre.

En 2025, une tentative de rassemblement similaire avait été autorisée, mais avait donné lieu à des heurts entre manifestants et contre-manifestants. La préfecture a-t-elle anticipé des scénarios comparables ? Rien ne permet de l’affirmer officiellement, mais l’expérience récente pourrait expliquer cette prudence inhabituelle pour un événement initialement pacifique.

Et maintenant ?

Les organisateurs ont annoncé maintenir leur appel à se rassembler « malgré l’interdiction », sous une forme adaptée pour éviter tout incident. Une concertation avec la préfecture est-elle prévue pour tenter d’obtenir une autorisation partielle ? Rien n’est confirmé à ce stade. Une chose est sûre : la tension autour de ce dossier ne devrait pas retomber avant plusieurs jours, d’autant que d’autres rassemblements en soutien à la cause iranienne sont annoncés en Europe dans les semaines à venir.

Quelle que soit l’issue de cette affaire, l’épisode soulève une question de fond : jusqu’où les autorités peuvent-elles restreindre le droit de manifester au nom de la préservation de l’ordre public, surtout lorsque le contexte géopolitique est aussi volatil ?