Les promesses de traitements miracles censés « déboucher » les artères font régulièrement surface, suscitant autant d’espoir que de méfiance chez les patients à risque cardiovasculaire. Selon nos confrères de Top Santé, un cardiologue apporte un éclairage scientifique sur les moyens de réduire la plaque d’athérome et, par ricochet, le risque d’infarctus.
Ce qu'il faut retenir
- La plaque d’athérome est un dépôt de graisses, cholestérol et autres substances dans les artères, pouvant obstruer la circulation sanguine.
- Cette accumulation peut entraîner des infarctus, des AVC ou des maladies artérielles périphériques.
- Les traitements médicamenteux, comme les statines, restent la référence pour réduire cette plaque, avec une efficacité prouvée.
- Les changements de mode de vie, notamment l’alimentation et l’exercice physique, jouent un rôle clé dans la prévention.
- Les cures « détox » ou régimes miracles promettant de « nettoyer » les artères n’ont pas de fondement scientifique solide.
- Le suivi médical régulier est indispensable pour évaluer l’évolution de la plaque et adapter les traitements.
La question revient souvent : existe-t-il des méthodes fiables pour réduire la plaque athéromateuse et, par conséquent, limiter le risque d’infarctus ? Selon Top Santé, un cardiologue apporte des réponses étayées par des données cliniques. Il rappelle d’emblée que la plaque d’athérome se forme progressivement, souvent sur plusieurs années, en raison de facteurs comme une alimentation déséquilibrée, le tabagisme ou une prédisposition génétique.
« La plaque est composée de dépôts de graisses, de cholestérol et d’autres substances qui s’accumulent sur la paroi des artères », explique-t-il. « Ces dépôts rétrécissent le diamètre des vaisseaux, ce qui limite le flux sanguin. Dans le pire des cas, une partie de cette plaque peut se détacher et provoquer un infarctus ou un AVC. » Les chiffres sont parlants : en France, les maladies cardiovasculaires représentent la deuxième cause de mortalité, avec près de 150 000 décès par an, selon Santé publique France.
Les traitements médicamenteux, une solution validée par la science
Face à cette menace, les traitements médicamenteux occupent une place centrale. Les statines, par exemple, sont largement prescrites pour réduire le taux de cholestérol LDL, l’un des principaux composants de la plaque athéromateuse. Des études, comme l’essai CTTC (Cholesterol Treatment Trialists’ Collaboration), ont démontré que ces médicaments peuvent diminuer de 25 à 30 % le risque d’infarctus chez les patients à haut risque.
Le cardiologue souligne que ces traitements sont d’autant plus efficaces lorsqu’ils sont associés à une prise en charge globale. « On ne peut pas se contenter de prescrire des médicaments sans agir sur les autres facteurs de risque », précise-t-il. « C’est pourquoi les recommandations insistent sur l’importance d’une approche multiforme. »
L’alimentation et l’exercice, des leviers sous-estimés
Autant dire que les changements de mode de vie restent un pilier de la prévention. Une alimentation riche en fibres, en oméga-3 et pauvre en acides gras saturés contribue à ralentir la progression de la plaque. Des régimes comme le régime méditerranéen ont d’ailleurs montré des bénéfices significatifs dans des études comme PREDIMED.
Côté activité physique, même une marche quotidienne de 30 minutes peut améliorer la circulation sanguine et réduire l’inflammation, un facteur aggravant de l’athérosclérose. « L’exercice permet de stimuler la production de vaisseaux collatéraux, qui contournent les zones obstruées », explique le spécialiste. « Cela améliore la perfusion des organes, notamment du cœur. »
Les promesses marketing des cures « détox » : attention aux dérives
Dans ce paysage, les annonces de « cures miracles » pour « nettoyer » les artères pullulent. Pourtant, selon Top Santé, aucune preuve scientifique ne soutient ces allégations. « Certaines méthodes, comme les régimes extrêmes ou les compléments alimentaires non régulés, peuvent même s’avérer dangereuses », met en garde le cardiologue. « Elles risquent de retarder une prise en charge médicale adaptée. »
Il rappelle que les mécanismes de formation de la plaque sont complexes et que leur régression nécessite une approche durable. « La nature des artères est telle que certaines plaques ne pourront jamais être éliminées complètement, mais on peut en stabiliser la taille et prévenir les complications », indique-t-il.
Face à l’abondance d’informations parfois contradictoires, les patients ont tout intérêt à se fier aux recommandations de leur médecin. Comme le souligne le cardiologue interrogé par Top Santé : « La meilleure cure, c’est celle qui combine traitement adapté, hygiène de vie et surveillance. » Une certitude, en tout cas, les promesses trop belles pour être vraies n’ont pas leur place dans cette équation.
Non. Les statines peuvent être prescrites en prévention primaire, c’est-à-dire chez des patients à risque élevé mais n’ayant pas encore présenté d’événement cardiovasculaire. Les recommandations, comme celles de la Haute Autorité de Santé, préconisent leur utilisation en fonction du niveau de risque global, évalué à l’aide de scores comme le SCORE2.