Selon Libération, la campagne présidentielle de Bruno Retailleau, candidat désigné du parti Les Républicains (LR), démarre dans un climat de tensions internes. À peine lancée, celle-ci se heurte déjà à l’hostilité d’une partie des responsables du parti, qui lui reprochent un mode de gouvernance jugé trop personnel et une ligne politique insuffisamment fédératrice. L’intéressé, lui, affiche une attitude d’indifférence face à ces critiques.
Ce qu'il faut retenir
- Bruno Retailleau, président-candidat de LR, est critiqué pour son pilotage solitaire de la campagne présidentielle.
- Une fraction des barons du parti lui reproche une ligne politique peu rassembleuse, selon Libération.
- L’intéressé affecte l’indifférence face à ces remises en question, malgré le lancement récent de sa campagne.
Une campagne sous haute tension interne
Bruno Retailleau, figure historique des Républicains et président du groupe LR au Sénat, a officiellement lancé sa candidature à l’élection présidentielle il y a quelques semaines. Pourtant, cette entrée en campagne ne semble pas avoir apaisé les tensions au sein du parti. Selon Libération, plusieurs personnalités influentes de LR estiment que la stratégie adoptée par Retailleau manque de concertation et s’écarte des équilibres traditionnels du mouvement. « On a l’impression qu’il fait cavalier seul, sans consulter les instances ni les figures historiques », confie l’un d’eux sous couvert d’anonymat.
Ces critiques visent notamment la ligne politique défendue, perçue comme trop centrée sur des thématiques économiques libérales, au détriment de sujets sociétaux ou sécuritaires chers à une partie de l’électorat de droite. Certains proches du parti soulignent que Retailleau, bien que président du Sénat, peine à incarner une unité retrouvée après les divisions ayant marqué LR lors des dernières élections.
Des barons en désaccord avec la méthode
Parmi les détracteurs de Retailleau, plusieurs anciens ministres ou responsables locaux se distinguent. L’un des plus virulents serait Éric Ciotti, figure de proue de la droite conservatrice au sein de LR, qui aurait exprimé ses réserves en privé. D’autres, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne maire de Longjumeau, seraient également sceptiques quant à la capacité du candidat à rassembler au-delà des cercles traditionnels de la droite.
Pourtant, ces désaccords ne semblent pas, pour l’instant, se traduire par des initiatives concertées pour s’opposer ouvertement à Retailleau. Selon Libération, la plupart des critiques restent en coulisses, par crainte de fragiliser davantage un parti déjà affaibli dans les sondages. « Personne ne veut prendre le risque de diviser LR encore un peu plus », confie un élu régional.
Retailleau minimise les tensions
Face à ces remous, Bruno Retailleau adopte une posture de défiance. Interrogé par Libération, il a indiqué ne pas être « surpris par ces réactions », ajoutant que « la campagne est un marathon, pas un sprint ». Il a également rappelé que sa candidature s’inscrivait dans une démarche de « recentrage sur les fondamentaux de la droite », une référence à son positionnement économique libéral et à sa vision d’une Europe forte.
Cette attitude, perçue comme une forme de mépris par ses détracteurs, pourrait bien s’avérer risquée à moyen terme. Alors que les primaires internes à LR doivent officiellement se tenir à l’automne 2026, la capacité de Retailleau à maintenir son avance dépendra en grande partie de sa capacité à désamorcer ces critiques et à rassurer les instances du parti.
En attendant, les regards se tournent vers les prochaines interventions médiatiques de Retailleau, où il devra peut-être apporter des gages de rassemblement pour éviter une fronde ouverte. Autant dire que la partie ne fait que commencer.
Parmi les figures les plus critiques, on retrouve Éric Ciotti, porte-drapeau de la droite conservatrice, ainsi que Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne ministre. D’autres élus locaux et sénateurs expriment également des réserves, mais préfèrent rester discrets pour éviter une division publique du parti.