Dans un contexte de réarmement accéléré en Europe, le groupe allemand Rheinmetall a annoncé ce mercredi la cession de sa division automobile, spécialisée dans la sous-traitance pour l'industrie automobile, au fonds d'investissement munichois Aequita pour un montant de 350 millions d'euros. Cette opération s'inscrit dans une stratégie de recentrage sur ses activités de défense, portées par une demande croissante face aux tensions géopolitiques mondiales, selon BFM Business.

Ce qu'il faut retenir

  • Rheinmetall cède sa division automobile Power Systems pour 350 millions d'euros à Aequita, un fonds d'investissement basé à Munich.
  • Cette cession, effective au quatrième trimestre 2026, doit encore recevoir l'approbation des autorités réglementaires.
  • La division employait environ 6 250 salariés dans le monde et affichait un chiffre d'affaires de 2 milliards d'euros en 2025.
  • Rheinmetall se concentre désormais sur ses activités militaires, avec des carnets de commandes en forte hausse ces dernières années.
  • Le groupe a signé des contrats record avec l'armée roumaine pour 5,7 milliards d'euros en mai 2026.
  • Aequita, qui gère un portefeuille de plus de 10 milliards d'euros, conservera l'intégralité des effectifs de la division rachetée.

Le contrat signé entre Rheinmetall et Aequita marque une étape importante pour l'avenir de l'ancienne division Power Systems, spécialisée dans la production de systèmes de puissance pour l'industrie automobile. Un secteur en crise, qui a poussé le groupe de Düsseldorf à sortir cette activité de son périmètre comptable dès 2025. « Nous nous concentrons sur l'activité à forte marge avec les clients militaires, où nous disposons d'excellentes perspectives de croissance », a expliqué Armin Papperger, président du directoire de Rheinmetall, dans un communiqué.

Cette cession intervient alors que l'Europe accélère son réarmement face à un environnement géopolitique tendu. Rheinmetall, l'un des principaux acteurs européens de l'industrie de défense, produit notamment des véhicules blindés, des munitions et de l'électronique militaire. Ses carnets de commandes ont fortement progressé ces dernières années, reflétant cette dynamique. La veille de cette annonce, le groupe avait d'ailleurs révélé la signature de contrats d'une ampleur inédite avec l'armée roumaine, portant sur un montant total de 5,7 milliards d'euros.

Un recentrage stratégique sur la défense

Pour Rheinmetall, cette opération s'inscrit dans une logique de recentrage sur ses activités les plus rentables et les plus porteuses. La division automobile, bien que générant un chiffre d'affaires de 2 milliards d'euros en 2025, évoluait dans un secteur en difficulté, marqué par une crise structurelle. En revendant Power Systems, le groupe allemand souhaite se concentrer sur ses activités militaires, où les marges sont plus élevées et les perspectives de croissance plus prometteuses.

Cette stratégie s'aligne sur le contexte européen actuel, où les dépenses de défense connaissent une hausse sans précédent. Depuis 2022, les pays membres de l'OTAN ont augmenté leurs budgets militaires, en réponse notamment à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Rheinmetall, déjà bien positionné sur ce marché, en profite pour renforcer sa position de leader. « Nous misons sur des clients militaires, où la demande est forte et les perspectives solides », a souligné Armin Papperger.

Aequita, un acteur clé dans l'industrie automobile

Aequita, le fonds d'investissement munichois qui rachète la division automobile de Rheinmetall, gère un portefeuille d'actifs de plus de 10 milliards d'euros, principalement dans les secteurs de l'automobile, de la chimie et de l'industrie. Spécialisé dans la restructuration et le repositionnement d'entreprises, Aequita a pour ambition de redynamiser l'activité Power Systems sous une nouvelle direction. Le fonds a d'ailleurs confirmé son intention de conserver l'intégralité des 6 250 salariés de la division, évitant ainsi des suppressions d'emplois immédiates.

Cette opération s'ajoute à la stratégie d'Aequita, qui cible des actifs sous-évalués ou en difficulté pour les relancer. Avec ce rachat, le fonds renforce sa présence dans l'industrie automobile, un secteur en pleine mutation, marqué par la transition vers l'électrique et les nouvelles réglementations environnementales. La finalisation de la cession, prévue au quatrième trimestre 2026, reste toutefois conditionnée à l'obtention des approbations réglementaires nécessaires.

Un secteur automobile en crise, un marché de la défense en plein essor

La cession de sa division automobile par Rheinmetall illustre les difficultés rencontrées par l'industrie automobile européenne, confrontée à une baisse des commandes et à une concurrence accrue, notamment asiatique. Power Systems, bien que spécialisée dans la sous-traitance, n'échappe pas à cette tendance. En revendant cette activité, Rheinmetall se désengage d'un marché en déclin pour se focaliser sur un secteur en pleine expansion : la défense.

De son côté, le marché de l'armement en Europe connaît une croissance soutenue. Les dépenses militaires des pays membres de l'UE ont augmenté de plus de 30 % depuis 2020, selon les estimations de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI). Cette tendance devrait se poursuivre dans les années à venir, portée par les tensions en Europe de l'Est et les incertitudes géopolitiques mondiales. Pour Rheinmetall, cette dynamique représente une opportunité majeure de développement.

Et maintenant ?

La finalisation de cette cession, prévue pour le quatrième trimestre 2026, dépendra de l'approbation des autorités réglementaires. Une fois effective, l'opération pourrait servir de modèle pour d'autres acteurs industriels européens souhaitant se recentrer sur des activités plus rentables. Du côté d'Aequita, l'enjeu sera de redynamiser Power Systems tout en préservant les emplois. Quant à Rheinmetall, son pari sur la défense pourrait lui permettre de bénéficier pleinement du cycle de réarmement européen, à condition que les commandes militaires se maintiennent à leur niveau actuel.

Cette opération intervient dans un contexte où l'Europe cherche à réduire sa dépendance aux importations d'armement et à renforcer son autonomie stratégique. Rheinmetall, déjà bien positionné, pourrait tirer profit de cette dynamique pour consolider sa position de leader sur le marché européen de la défense.

Pour l'instant, les prochaines étapes restent conditionnées à la validation des autorités compétentes. En attendant, cette cession illustre une tendance de fond : celle d'une industrie européenne qui se réoriente vers la défense, un secteur appelé à jouer un rôle central dans les années à venir.

Rheinmetall cède sa division automobile Power Systems, spécialisée dans la sous-traitance pour l'industrie automobile, pour se recentrer sur ses activités de défense, plus rentables et en pleine croissance. Cette décision s'inscrit dans un contexte de crise structurelle du secteur automobile et de hausse des dépenses militaires en Europe.