Longtemps considéré comme un vin de seconde zone, le rosé connaît depuis les années 2000 une métamorphose spectaculaire. Autrefois relégué au rang de boisson estivale sans envergure, il s’impose aujourd’hui comme un phénomène culturel et commercial, porté par des stratégies marketing audacieuses et une image glamour. Comme le rapporte Ouest France, cette évolution interroge : comment un vin autrefois méprisé a-t-il pu conquérir les tables et les cœurs à travers le monde ?
Ce qu'il faut retenir
- Un renversement d’image : le rosé est passé du statut de vin « de seconde zone » à celui de produit premium, avec une croissance des ventes de 20 % par an depuis 2010.
- Une stratégie marketing ciblée : association avec des célébrités comme Brad Pitt, qui possède un domaine viticole en Provence, et mise en avant de son côté « lifestyle ».
- Un marché en expansion : la France exporte désormais plus de 30 % de sa production de rosé, principalement vers les États-Unis et l’Europe du Nord.
Des origines modestes à l’image d’un produit haut de gamme
Pendant des décennies, le rosé a traîné derrière lui l’étiquette d’un vin peu sophistiqué, souvent associé aux apéritifs familiaux ou aux tables de camping. Pourtant, son histoire remonte à l’Antiquité, où les Grecs et les Romains en produisaient déjà. Selon Ouest France, ce n’est qu’à partir des années 1970 que la Provence, aujourd’hui synonyme de rosé d’excellence, commence à se spécialiser dans ce type de vin. La véritable rupture intervient dans les années 2000, lorsque les vignerons locaux décident de miser sur une image de qualité, loin des clichés tenaces.
Le tournant décisif survient en 2012, lorsque la Provence obtient une AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) pour son rosé, un label qui renforce sa crédibilité. Depuis, la région représente 40 % de la production française de rosé et 90 % des exportations. «
On est passé d’un vin jugé vulgaire à un produit qui se vend à prix d’or», souligne un expert cité par Ouest France.
Le rôle clé des célébrités et du marketing dans cette ascension
L’image du rosé doit beaucoup à son association avec des figures médiatiques, à commencer par Brad Pitt. L’acteur américain, copropriétaire du domaine Miraval en Provence, a transformé son vignoble en symbole de luxe et d’excellence. D’après Ouest France, cette collaboration a permis de donner au rosé une dimension internationale, bien au-delà des frontières françaises. D’autres célébrités, comme le footballeur Antoine Griezmann, ont suivi l’exemple en investissant dans des domaines viticoles ou en devenant ambassadeurs de marques.
Le marketing a joué un rôle tout aussi déterminant. Les campagnes publicitaires ont mis en avant le côté « chic, estival et désaltérant » du rosé, loin de l’image vieillissante qui lui collait à la peau. Les influenceurs, notamment sur les réseaux sociaux, ont amplifié ce phénomène en associant le vin à des moments de convivialité et de glamour. Résultat : en 2025, le rosé représente 35 % des ventes de vin en France, devant le rouge et le blanc.
Un marché en pleine mutation, entre tradition et innovation
Malgré son succès, le rosé doit faire face à de nouveaux défis. La hausse des températures, liée au changement climatique, modifie les conditions de production, obligeant les vignerons à adapter leurs méthodes. «
On observe une évolution des profils de rosé, avec des vins plus fruités et moins acides, pour répondre aux attentes des consommateurs», explique un œnologue interrogé par Ouest France. Par ailleurs, la concurrence s’intensifie, notamment avec l’émergence de rosés étrangers, comme ceux d’Espagne ou d’Italie, qui misent sur des prix plus accessibles.
Autre tendance : l’essor des rosés effervescents et des cuvées bio, répondant à une demande croissante pour des produits plus respectueux de l’environnement. En 2025, près de 20 % des rosés produits en Provence sont certifiés bio, un chiffre en constante augmentation. Les vignerons doivent donc concilier tradition et innovation pour conserver leur place sur un marché de plus en plus concurrentiel.
Pour l’instant, le rosé continue de séduire, tant en France qu’à l’international. Son avenir dépendra de sa capacité à évoluer sans perdre de vue son identité, entre tradition provençale et modernité marketing.
Le rosé de Provence bénéficie d’une AOC, gage de qualité, et d’une image de luxe renforcée par des campagnes marketing ciblées. Sa production, souvent artisanale et limitée, explique aussi son prix plus élevé que celui des rosés industriels.