Selon Le Monde, l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a tiré la sonnette d’alarme jeudi 24 avril 2026 concernant la recrudescence des cas de rougeole dans les Amériques. Cette maladie, autrefois quasi éradiquée dans la région, connaît une progression inquiétante à quelques semaines du lancement de la Coupe du monde de football 2026, prévue en juin aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Les autorités sanitaires s’inquiètent des risques de propagation liés aux déplacements massifs de supporters et de délégations internationales.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a alerté sur l’intensification des cas de rougeole dans les Amériques jeudi 24 avril 2026.
  • La maladie, en voie d’élimination dans la région, connaît une résurgence préoccupante avant la Coupe du monde 2026.
  • L’événement sportif, qui se tiendra aux États-Unis, au Mexique et au Canada, pourrait favoriser la propagation du virus en raison des déplacements de supporters.
  • L’OPS met en garde contre une situation épidémiologique qui pourrait s’aggraver dans les semaines à venir.

Une maladie autrefois maîtrisée qui revient en force

La rougeole, maladie virale hautement contagieuse, avait presque disparu des Amériques grâce aux campagnes de vaccination massives menées ces dernières décennies. Pourtant, depuis 2025, les cas se multiplient, notamment en raison d’une baisse de la couverture vaccinale dans plusieurs pays. D’après les données de l’OPS, plus de 5 000 cas ont été recensés en 2025, contre seulement quelques centaines en 2020. Cette tendance s’accélère en 2026, avec des foyers épidémiques signalés au Brésil, en Argentine et aux États-Unis.

Le retour de la rougeole s’explique en partie par la méfiance croissante envers les vaccins, alimentée par la désinformation en ligne. Les autorités sanitaires rappellent que la maladie peut entraîner des complications graves, notamment chez les enfants non vaccinés, et que la vaccination reste la seule protection efficace. « La rougeole n’est pas une maladie bénigne », a déclaré Dr. Jarbas Barbosa, directeur de l’OPS, lors d’une conférence de presse. « Elle peut tuer, et nous devons agir maintenant pour éviter une crise sanitaire ».

La Coupe du monde 2026, un risque accru de propagation

La tenue de la Coupe du monde 2026 dans trois pays d’Amérique du Nord représente un défi supplémentaire pour les autorités sanitaires. Avec plus d’un million de supporters attendus, dont une partie en provenance de zones à risque, les risques de contamination sont élevés. Les organisateurs ont déjà mis en place des mesures préventives, comme la distribution de masques et la promotion des gestes barrières dans les stades. Cependant, la vaccination des supporters internationaux n’est pas obligatoire, ce qui laisse planer un doute sur l’efficacité des dispositifs.

Les experts craignent que la mobilité des fans ne transforme l’événement en un vecteur de propagation du virus. « Les rassemblements massifs sont des incubateurs idéaux pour les maladies infectieuses », a souligné Dr. Sylvain Aldighieri, responsable des maladies infectieuses à l’OPS. « Nous appelons les pays hôtes à renforcer leurs systèmes de surveillance et à encourager la vaccination ».

Des mesures insuffisantes pour enrayer la tendance

Face à cette situation, plusieurs gouvernements ont réagi en relançant des campagnes de vaccination d’urgence. Aux États-Unis, le CDC a publié des recommandations renforcées pour les voyageurs se rendant dans les zones à risque. Au Mexique, les autorités sanitaires ont annoncé l’ouverture de centres de vaccination gratuits dans les grandes villes. Pourtant, ces initiatives peinent à inverser la tendance, en raison d’un manque de moyens et d’une défiance persistante envers la vaccination.

Les ONG spécialisées, comme Médecins Sans Frontières, appellent à une mobilisation internationale pour financer les campagnes de vaccination dans les pays les plus pauvres. « Sans une action concertée, la rougeole pourrait redevenir endémique dans la région », a averti un porte-parole de l’organisation. « Les gains des dernières décennies sont menacés ».

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’ampleur de l’épidémie. L’OPS devrait publier un bilan actualisé d’ici la fin mai 2026, avant le début de la Coupe du monde. Les autorités sanitaires espèrent que les mesures de prévention suffiront à limiter la propagation, mais la situation reste incertaine. Une chose est sûre : la résurgence de la rougeole dans les Amériques rappelle l’importance de la vaccination et de la coopération internationale en matière de santé publique.

Reste à voir si les pays hôtes parviendront à concilier sécurité sanitaire et organisation d’un événement sportif de cette envergure. Une question qui préoccupe déjà les instances du football mondial.

La rougeole se manifeste par une fièvre élevée, une éruption cutanée, une toux, un écoulement nasal et des yeux rouges. Elle se transmet par voie aérienne, notamment lors de toux ou d’éternuements. La période d’incubation dure entre 7 et 14 jours. La maladie est particulièrement dangereuse pour les jeunes enfants et les personnes immunodéprimées.