Selon RFI, la liaison aérienne entre Bamako et Casablanca opérée par Royal Air Maroc s'est imposée comme la principale issue pour les ressortissants européens souhaitant quitter la capitale malienne. Cette situation s'inscrit dans un contexte de dégradation rapide de la sécurité au Mali, marquée par le déclenchement d'une offensive conjointe le 25 avril dernier, associant des groupes jihadistes et des rebelles indépendantistes.

Ce qu'il faut retenir

  • La ligne Bamako-Casablanca de Royal Air Maroc est désormais la seule voie d'évacuation majeure pour les Européens au Mali.
  • Le 25 avril 2026, une offensive conjointe de groupes jihadistes et de rebelles indépendantistes a débuté, aggravant l'instabilité sécuritaire.
  • Les gouvernements belge et français ont appelé leurs ressortissants à quitter le Mali « dès que possible ».
  • La desserte Casablanca-Bamako est assurée par la compagnie marocaine Royal Air Maroc, seule à maintenir cette liaison.

Une liaison vitale dans un contexte sécuritaire critique

Depuis le début de l'offensive conjointe le 25 avril, la situation au Mali s'est rapidement détériorée, poussant plusieurs pays européens à recommander à leurs citoyens de quitter le territoire « dès que possible ». Bamako, la capitale, reste accessible via un seul corridor aérien : la liaison opérée par Royal Air Maroc entre la ville et Casablanca, au Maroc. Selon RFI, cette route est devenue un point de passage obligatoire pour les expatriés et diplomates européens, faute d'alternatives viables.

Les autorités maliennes, confrontées à une multiplication des attaques dans le nord et le centre du pays, peinent à sécuriser les zones environnantes. Les groupes armés, dont certains affiliés à Al-Qaïda ou à l'État islamique, profitent de cette instabilité pour étendre leur emprise, rendant les déplacements terrestres extrêmement risqués.

Les recommandations des gouvernements européens

Face à cette escalade, les ministères des Affaires étrangères belge et français ont activé leurs plans d'évacuation. « Les ressortissants français sont invités à quitter le Mali sans délai », a indiqué le Quai d'Orsay dans un communiqué publié le 3 mai. Une recommandation similaire a été formulée par les autorités belges, qui ont appelé leurs concitoyens à « privilégier les vols commerciaux disponibles » avant une éventuelle fermeture des espaces aériens.

RFI souligne que la compagnie Royal Air Maroc a maintenu ses rotations régulières entre Casablanca et Bamako, malgré les risques sécuritaires. Cette desserte, historiquement utilisée pour les échanges commerciaux et les flux migratoires, est désormais la seule option opérationnelle pour les Européens souhaitant regagner l'Europe en urgence.

Royal Air Maroc, acteur clé dans la crise

Fondée en 1957 et basée à Casablanca, Royal Air Maroc joue un rôle central dans cette crise. La compagnie, qui dessert Bamako depuis plusieurs décennies, a adapté ses fréquences pour répondre à la demande croissante d'évacuation. Ses vols, initialement programmés à raison de deux à trois rotations par semaine, ont été renforcés pour permettre l'embarquement de plusieurs centaines de passagers supplémentaires.

Cependant, la compagnie marocaine n'est pas à l'abri des contraintes logistiques et sécuritaires. Les autorités aéroportuaires de Bamako ont renforcé les mesures de contrôle, tandis que les compagnies aériennes internationales ont réduit leurs dessertes ou suspendu leurs activités au Mali. Un responsable de Royal Air Maroc a indiqué à RFI que « la priorité reste la sécurité des passagers et de l'équipage », tout en assurant la continuité du service.

Et maintenant ?

Dans les prochains jours, la situation pourrait évoluer rapidement. Les gouvernements européens pourraient décider de renforcer leurs dispositifs d'évacuation, notamment via des opérations militaires si la dégradation sécuritaire s'accentue. Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, prévue le 12 mai, devrait aborder la crise malienne et les moyens d'y répondre. Pour Royal Air Maroc, la priorité restera de maintenir la liaison Casablanca-Bamako, tout en évaluant les risques jour après jour.

Alors que les jihadistes et les rebelles indépendantistes poursuivent leur offensive, la question de l'acheminement des aides humanitaires et des évacuations civiles reste entière. Pour les Européens encore présents au Mali, la fenêtre de départ pourrait se refermer plus vite que prévu.