Le ministère russe des Affaires étrangères a appelé, mercredi 7 mai 2026, les pays étrangers à organiser l’évacuation immédiate du personnel diplomatique et des ressortissants présents à Kiev. Cette demande intervient dans un contexte de tensions accrues entre Moscou et Kiev à la veille des commémorations du 9 mai, date symbolique marquant la victoire de l’URSS dans la Seconde Guerre mondiale. Selon Le Figaro, la Russie menace de lancer des frappes de représailles contre la capitale ukrainienne si l’Ukraine perturbe les célébrations à Moscou.
Ce qu'il faut retenir
- Moscou exige l’évacuation des ambassades et des civils de Kiev avant le 9 mai 2026, sous peine de frappes de représailles.
- La Russie accuse l’Ukraine de vouloir perturber les commémorations de la Journée de la Victoire, un événement hautement symbolique pour Moscou.
- Kiev rejette les accusations et dénonce un « refus évident » du cessez-le-feu proposé par la Russie, tout en signalant 1 820 violations russes de la trêve en 24 heures.
- Les attaques russes ont fait 30 morts parmi les civils en moins de 48 heures, dont deux dans une maternelle de la région de Soumy.
- Les deux camps intensifient leurs opérations militaires, malgré les appels à la trêve : l’Ukraine cible des infrastructures russes, tandis que Moscou réduit l’ampleur de ses commémorations pour limiter les risques.
Une mise en garde claire de la diplomatie russe
Dans une note adressée au corps diplomatique, le ministère russe des Affaires étrangères a prévenu que des frappes de représailles seraient menées contre Kiev si l’Ukraine tentait de perturber les célébrations du 9 mai à Moscou. La Russie n’a pas précisé la nature exacte des représailles, mais a évoqué des cibles incluant les centres de décision. Cette déclaration, rapportée par Le Figaro, intervient alors que Kiev et Moscou ont échangé des propositions de trêve pour ces dates symboliques, sans succès. Moscou a décrété un cessez-le-feu unilatéral pour les 8 et 9 mai, tandis que l’Ukraine a proposé une pause à partir du 7 mai minuit, sans que la Russie ne réponde à cette contre-proposition.
L’Ukraine rejette les accusations et dénonce une escalade russe
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a réagi avec fermeté aux menaces russes. « Il est évident pour toute personne raisonnable qu’une guerre à grande échelle et les meurtres quotidiens constituent un très mauvais moment pour des “célébrations” publiques », a-t-il déclaré. Zelensky a rappelé que l’Ukraine répondrait « par la réciprocité » aux actions militaires russes, qualifiant le choix de Moscou de « refus évident d’un cessez-le-feu et de sauver des vies ». Sur les réseaux sociaux, il a affirmé que les forces russes avaient violé la trêve à 1 820 reprises entre minuit et 10 heures mercredi, selon ses services. Andriï Sybiga, ministre ukrainien des Affaires étrangères, a quant à lui indiqué que 108 drones et trois missiles avaient été tirés par la Russie dès la matinée, notamment sur Kharkiv et Zaporijjia, dans le nord-est et le sud du pays.
Bilan humain et militaire : l’intensification des combats malgré les trêves
Les attaques russes ont causé la mort de près de 30 civils en moins de 48 heures. Dans la région de Soumy, une femme a péri après qu’un drone russe a frappé son véhicule civil. Une autre frappe a visé une maternelle, faisant deux morts. Ces incidents illustrent l’absence de répit pour les populations civiles, malgré les annonces de trêve. Côté militaire, des officiers ukrainiens sur le front de Kramatorsk — dernière grande ville sous contrôle de Kiev dans la région de Donetsk — ont confirmé que les combats se poursuivaient. « L’ennemi n’a pas accepté les conditions du cessez-le-feu et ne s’y est pas conformé », a expliqué un officier sous couvert d’anonymat. « Par conséquent, conformément à l’ordre du président ukrainien, notre unité a répondu de la même manière », a-t-il ajouté, évoquant une logique de « œil pour œil, dent pour dent ». Un autre militaire a nuancé en reconnaissant que la nuit avait été « plus calme que d’habitude », mais que l’intensité des opérations restait inchangée.
La Russie et l’Ukraine s’accusent mutuellement de violer les trêves
De son côté, la Russie a annoncé avoir abattu 53 drones ukrainiens au-dessus de son territoire entre 21 heures et 7 heures (heure de Paris), un chiffre bien inférieur aux plus de 200 drones interceptés les nuits précédentes. Moscou n’a pas confirmé si l’Ukraine avait violé sa propre trêve, le créneau horaire ne permettant pas d’établir de comparaison. Zelensky a appelé ses alliés à condamner fermement ces bombardements, les qualifiant de « sans justification militaire ». Les deux belligérants ont intensifié leurs opérations ces dernières semaines : l’Ukraine mène des attaques en profondeur contre des infrastructures russes, notamment pétrolières, justifiant ces raids par la nécessité d’affaiblir les ressources financières de Moscou. En réponse, la Russie a drastiquement réduit l’ampleur des commémorations du 9 mai : le défilé militaire sur la Place Rouge sera dépourvu de matériel lourd pour la première fois depuis près de vingt ans.
Pour l’instant, aucun signe ne laisse présager une désescalade. Les déclarations belliqueuses de part et d’autre, couplées aux violations répétées des trêves, laissent craindre que les célébrations du 9 mai ne deviennent le théâtre d’une nouvelle intensification du conflit.
Le 9 mai commémore la victoire de l’URSS dans la Seconde Guerre mondiale, un événement fondateur de l’identité russe moderne. Les célébrations incluent un défilé militaire sur la Place Rouge à Moscou, symbole de la puissance nationale. Toute perturbation de ces commémorations est perçue comme une provocation majeure par le Kremlin, ce qui explique les menaces de représailles contre Kiev.