Michael O’Leary, le patron de la compagnie low-cost Ryanair, a appelé à l’interdiction de la vente d’alcool dans les aéroports avant midi. Selon Libération, cette mesure vise à limiter les comportements perturbateurs liés à l’ivresse des passagers, responsables, selon lui, de déviations de vol « presque quotidiennes ».

Ce qu'il faut retenir

  • Michael O’Leary, PDG de Ryanair, réclame l’interdiction de l’alcool dans les aéroports avant midi, selon Libération.
  • Il attribue les déviations de vol « presque quotidiennes » à des passagers alcoolisés et perturbateurs.
  • Cette proposition intervient dans un contexte de multiplication des incidents liés à l’alcool en vol.

Dans une interview accordée au Times et rapportée par Libération, Michael O’Leary a justifié sa demande en expliquant que les troubles causés par des voyageurs ivres obligent régulièrement les équipages à dérouter les avions. « Qui a besoin de boire de la bière à cette heure-là ? » a-t-il lancé, pointant du doigt les horaires trop précoces de vente d’alcool dans les terminaux aéroportuaires.

Le dirigeant irlandais n’a pas seulement pointé les passagers comme responsables. Il a également critiqué les compagnies aériennes concurrentes, qu’il accuse de ne pas assez réguler la consommation d’alcool à bord. « Certains concurrents servent de l’alcool dès le petit-déjeuner, ce qui est inacceptable », a-t-il souligné. Pour Ryanair, cette pratique contribue à une hausse des incidents en vol, avec des passagers devenant agressifs ou refusant de suivre les consignes de sécurité.

Cette prise de position s’inscrit dans une stratégie plus large de l’entreprise pour améliorer la ponctualité et la sécurité de ses vols. En 2025, Ryanair avait déjà durci ses règles internes en interdisant la vente d’alcool à bord après le décollage, une mesure qui avait suscité des débats sur l’équilibre entre sécurité et confort des passagers. Aujourd’hui, O’Leary pousse pour une action coordonnée avec les aéroports et les autres compagnies.

Et maintenant ?

Cette proposition devra être discutée avec les gestionnaires d’aéroports, les régulateurs aériens et les autres compagnies aériennes. Une interdiction généralisée avant midi dépendra de l’adhésion des différents acteurs, ainsi que de l’évaluation de son impact sur les commerces aéroportuaires. Aucune date n’a encore été avancée pour une mise en œuvre éventuelle, mais le débat devrait s’intensifier dans les prochains mois.

Interrogé sur les alternatives possibles, O’Leary n’a pas exclu d’autres mesures, comme l’augmentation des contrôles de sécurité pour les passagers manifestement ivres. « Nous devons agir rapidement, car ces incidents coûtent cher à l’industrie et mettent en danger tout le monde », a-t-il déclaré. Selon les dernières statistiques de l’Association du transport aérien international (IATA), les perturbations liées à l’alcool représentent moins de 1 % des incidents en vol, mais leur médiatisation et leur impact sur la ponctualité en font une priorité pour certaines compagnies.

Pour les passagers, cette mesure pourrait entraîner des changements dans les habitudes de consommation, notamment pour ceux qui prennent des vols tôt le matin. Certains pourraient choisir d’acheter de l’alcool en duty-free avant le vol, tandis que d’autres pourraient opter pour des boissons non alcoolisées dès le début de la journée.

Cette initiative de Ryanair relance le débat sur la gestion de l’alcool dans les espaces aéroportuaires, un sujet déjà abordé dans plusieurs pays européens. Aux Pays-Bas, par exemple, certains aéroports ont déjà restreint la vente d’alcool après 22 heures, tandis que d’autres réfléchissent à des mesures similaires en journée. L’enjeu reste de trouver un équilibre entre les revenus générés par les commerces aéroportuaires et la nécessité de garantir la sécurité et la sérénité des voyages.

Selon Michael O’Leary, les passagers en vol tôt le matin sont plus susceptibles de consommer de l’alcool dès leur arrivée à l’aéroport, ce qui aggrave les risques de comportements perturbateurs. Il cite des déviations de vol « presque quotidiennes » liées à cette pratique, d’après l’interview accordée au Times et rapportée par Libération.