Les sabreuses françaises, quadruples championnes d’Europe en titre, ont vu leur série de victoires s’interrompre ce vendredi 19 juin 2026 en finale du sabre par équipe aux championnats d’Europe d’escrime d’Antony (Hauts-de-Seine), selon RMC Sport. Malgré une performance remarquée et une remontée historique, les Françaises, composées de Manon Apithy-Brunet, Sarah Balzer, Sarah Noutcha et Toscane Tori, se sont inclinées face aux Athlètes Individuelles Neutres sur le score de 39 à 45.

Ce qu'il faut retenir

  • Quatre médailles d’or européennes consécutives en ligne avant cette finale, les Françaises abordaient ce match avec le statut de favorites.
  • Une remontée spectaculaire : menées de 15 points, elles ont réduit l’écart à seulement deux touches en fin de match.
  • Le public d’Antony a joué un rôle clé, encourageant sans relâche les sabreuses jusqu’à la dernière seconde.
  • Sarah Noutcha a été décisive en relançant l’équipe après un début catastrophique.
  • Prochaine échéance majeure : les championnats du monde à Hong Kong, fin juillet 2026, où les Françaises défendront leur titre mondial.

Une finale sous haute tension et un scénario inattendu

Dès les premières minutes, le scénario a basculé contre les sabreuses françaises. Menées de 15 points après trois assauts, elles semblaient condamnées à perdre un match qu’elles maîtrisaient pourtant depuis des années. « Au début, on s'est clairement fait déborder », a reconnu Sarah Noutcha après la rencontre. « On n'avait pas de solution. Franchement, moi, je ne savais pas quoi faire. On a essayé de faire notre truc, mais ça ne rentrait pas. Elles ont été très fortes. » Les Athlètes Individuelles Neutres, privées de participation sous leur drapeau national en raison des sanctions internationales, ont profité d’un début de match parfait pour prendre une avance difficile à combler.

Pourtant, l’équipe de France n’a jamais abandonné. C’est Sarah Noutcha, surnommée affectueusement « Noutch’ » par ses coéquipières, qui a insufflé un second souffle à ses partenaires. « Je me suis dit : 'au point où on en est, on n’a plus rien à perdre' », a-t-elle expliqué. « J'ai tiré, j'ai fait mon truc, ça marchait. Franchement, je ne pensais même pas au score. Je ne sais même pas combien de touches j'ai mis au final. J'ai juste essayé de faire mon jeu. J'ai fait ce que je pouvais. Sarah (Balzer), derrière, a fait un très beau relais aussi. Franchement, on a tout donné. » Son engagement a permis aux Françaises de revenir à seulement deux touches de leurs adversaires.

Un public en ébullition et une équipe galvanisée

Le public présent à la salle d’Antony a été un acteur à part entière de cette finale. Pendant de longues minutes, les spectateurs ont scandé en chœur : « C’est pas fini, c’est pas fini... », reflétant l’espoir collectif porté par les sabreuses. « On y a cru jusqu’au bout. En même temps, si on n’y croit pas, pourquoi on est là ? », a souligné Manon Apithy-Brunet, championne olympique à Paris en 2024. « Le public nous a tellement apporté, aussi. Merci à eux de n’avoir rien lâché du début à la fin, de nous avoir aidées. »

Cette ferveur a marqué les esprits, y compris ceux des supporters improvisés comme Dylan, un jeune homme tombé amoureux de l’escrime lors des Jeux de Paris 2024. « Moi, j’ai vécu l’escrime au Grand Palais », a-t-il confié. « Et les émotions... J'ai pris une claque, tout simplement. L'escrime, c'est un sport nouveau pour moi, j'en découvre un peu plus chaque jour. Aujourd’hui, c'était une finale très, très intense. On est passé par toutes les émotions. Et le clan français était super chaud ! »

Les frères et sœurs dans les tribunes : une mobilisation familiale

Parmi les supporters les plus investis figurait Maximilien Tori, frère de Toscane. Revêtu d’une perruque aux couleurs bleu-blanc-rouge, le visage peint aux couleurs de l’équipe de France, il n’a pas hésité à crier jusqu’à en perdre presque la voix. « On a essayé de donner le maximum parce qu'on a vu que toute la journée, quand on criait, ça aidait », a-t-il expliqué. « Bon, elles commencent assez mal le match, donc on était un peu au fond. Puis après, quand on a vu que ça commençait à remonter, on s'est vraiment dit que c'était possible. »

Son expérience personnelle en tant que tireur en équipe de France junior lui a permis de mesurer l’impact des encouragements sur la performance. « Ça permet de nous réveiller un peu parce qu'on sent qu'il y a tout le monde derrière nous », a-t-il ajouté. « On ne tire pas juste pour nous, mais on tire aussi pour tout le public. Et puis c'est vrai que ça bouge, comme tous les sports, mais là encore plus, parce qu'on est en intérieur et ça résonne, ça fait du bruit. Ça nous donne des ailes. »

Un échec amer mais porteur d’espoir

Malgré la déception de ne pas remporter un cinquième titre européen consécutif, les sabreuses françaises peuvent tirer des enseignements positifs de cette finale. Leur capacité à réagir dans l’adversité, notamment grâce à l’apport de Sarah Noutcha et Sarah Balzer, a été saluée. « On a essayé d'aller jusqu'au bout. Ça ne passe pas à grand-chose, mais on va être encore plus motivées pour les Mondes », a assuré Sarah Noutcha, déjà médaillée de bronze en individuel quelques jours plus tôt.

Manon Apithy-Brunet, elle, a tenu à relativiser l’échec. « Le plus important, c’est que tout le monde a vu que l’équipe était solide », a-t-elle indiqué. « On a montré qu’on savait se battre, même dans les moments difficiles. Ça nous servira forcément pour l’avenir. »

Et maintenant ?

Les sabreuses françaises n’ont pas le temps de s’apitoyer sur leur sort. Leur prochain défi se présentera fin juillet 2026 à Hong Kong, où elles tenteront de conserver leur titre mondial acquis en 2023 et 2025. Selon le calendrier officiel, les championnats du monde d’escrime se dérouleront du 25 juillet au 2 août. Une nouvelle occasion pour l’équipe de France de prouver sa résilience et son ambition.

D’ici là, les quatre athlètes devraient poursuivre leur préparation sous la direction de leurs entraîneurs, tout en capitalisant sur la dynamique positive de ce match serré. La question reste ouverte : sauront-elles transformer cette défaite en moteur pour les prochaines échéances ?

En attendant, l’escrime français continue de bénéficier d’un engouement croissant, porté par des performances toujours plus spectaculaires et un public de plus en plus nombreux à vibrer au rythme des lames. Une chose est sûre : les sabreuses tricolores, malgré ce revers, restent des favorites pour l’avenir.

Les Athlètes Individuelles Neutres (AIN) sont des athlètes russes et biélorusses autorisés à concourir sous une bannière neutre en raison des sanctions internationales liées à la guerre en Ukraine. Leur participation est encadrée par les fédérations internationales et leur drapeau est remplacé par l’acronyme « AIN » lors des compétitions.