L’ancien international français Samir Nasri a révélé, lors d’un entretien accordé à RMC Sport, avoir utilisé une fausse licence pour jouer en club pendant deux saisons lorsqu’il n’était qu’un enfant. Une révélation qui survient alors que l’ex-milieu de terrain de l’Olympique de Marseille, d’Arsenal et de Manchester City évoque son parcours atypique, entre anecdotes personnelles et succès sportifs.
Ce qu'il faut retenir
- Samir Nasri a joué sous le nom d’Alexandre Maras pendant deux saisons dans son club de quartier, faute d’avoir l’âge requis pour obtenir une licence officielle.
- L’ex-international français (41 sélections) a débuté sa carrière à l’âge de 4 ans dans la catégorie U6, où les enfants de 5 à 6 ans sont admis.
- Il a signé à l’Olympique de Marseille à 9 ans, puis intégré le centre de formation à 13 ans, où il a rapidement percé dans le football professionnel.
- Dès 13 ans, Nasri percevait une indemnité de 5 000 francs par mois (environ 1 153 euros), tandis que sa famille a reçu une somme de 150 000 francs (environ 34 605 euros) pour l’achat d’une voiture.
- Il a été repéré très tôt par l’OM, où il a évolué avant de rejoindre Arsenal puis Manchester City, avant de finir sa carrière en Espagne à Séville.
Lors de son passage dans l’émission podcast animée par l’ancien rappeur K-Mel, Samir Nasri a partagé des détails intimes sur ses débuts dans le football. Parmi eux, une anecdote méconnue concernant ses deux premières saisons en club. Selon ses propos, rapportés par RMC Sport, le jeune Samir, alors âgé de seulement 4 ans, n’avait pas l’âge légal pour obtenir une licence officielle auprès de la Fédération française de football (FFF).
« J’ai commencé en fausse licence, j’ai joué avec le nom de quelqu’un d’autre », a-t-il confié. La catégorie U6, réservée aux joueurs de 5 à 6 ans, autorise en effet les enfants à s’inscrire sans vérifier systématiquement leur âge exact. Une opportunité exploitée par son entourage pour contourner la règle. « Ils ont pris un mec de mon quartier qui avait l’âge d’avoir sa licence et durant deux saisons, j’ai joué sous le nom d’Alexandre Maras », a-t-il expliqué.
Le subterfuge ne s’est pas limité à la simple utilisation d’un faux nom. « Ils m’ont dit : *Tu ressembles à un Français toi* et j’ai joué sous ce faux nom jusqu’à avoir l’âge d’avoir une licence », a-t-il précisé. Une forme d’endoctrinement que l’ancien joueur décrit avec humour : « Aux matchs, on me faisait un lavage de cerveau en me disant : *N’oublie pas, tu t’appelles Alexandre*. » Une stratégie qui a fonctionné jusqu’à ce que le jeune Samir atteigne l’âge requis pour obtenir sa propre licence.
Cette révélation survient alors que Nasri revient sur l’ensemble de sa carrière, de ses débuts modestes à Pennes-Mirabeau jusqu’à ses années de gloire en club et en équipe de France. Une carrière qui a véritablement décollé après ces premiers pas sous une identité d’emprunt. À 9 ans, il signe en effet à l’Olympique de Marseille, où il intègre le centre de formation à seulement 13 ans. « Je signe à 9 ans à Marseille et à 13 ans, je rentre au centre de formation », a-t-il indiqué.
Dès 7 ans, Nasri nourrissait déjà l’ambition de devenir footballeur professionnel. Mais c’est à 13 ans, lorsqu’il intègre l’équipe de France des moins de 16 ans, que sa vocation prend une dimension concrète. « Dès l’âge de 7 ans, je voulais faire carrière dans le foot mais c’est à 13 ans que j’ai pris conscience qu’il y avait peut-être quelque chose », a-t-il rappelé. Une prise de conscience qui coïncide avec les premiers signes de son talent précoce.
Son ascension fulgurante s’accompagne également de privilèges financiers inattendus pour un jeune adolescent. Selon ses déclarations, il a bénéficié dès 13 ans d’une indemnité mensuelle de 5 000 francs, soit environ 1 153 euros actuels. Une somme qui lui était versée directement, tandis que sa famille recevait en parallèle un chèque de 150 000 francs (environ 34 605 euros) pour l’achat d’une voiture. « Pour acheter une voiture », a-t-il simplement expliqué, précisant que le club phocéen lui fournissait même un chauffeur pour ses trajets vers les entraînements.
Ces avantages, inhabituels pour un joueur de son âge, reflètent l’importance accordée très tôt à son potentiel. Une reconnaissance qui s’est confirmée par la suite, avec un passage remarqué en équipe de France A, où il a accumulé 41 sélections. Nasri évoque également les sacrifices consentis par sa famille, originaire d’Algérie, pour soutenir son parcours. « Ils m’ont dit : *Tu ressembles à un Français toi* », une phrase qui, rétrospectivement, prend un sens particulier dans le contexte de son intégration progressive dans le football français.
Son témoignage rappelle également les disparités qui peuvent exister dans le football amateur, où certaines règles, comme l’âge minimal pour obtenir une licence, sont parfois contournées pour permettre à des enfants précoces de s’exprimer. Une pratique qui, si elle reste marginale, soulève des questions sur le contrôle et l’accompagnement des jeunes joueurs en club.
Reste à savoir si cette anecdote suscitera d’autres réactions dans le milieu du football français. Pour l’instant, Samir Nasri semble se satisfaire d’avoir partagé cette histoire, comme il l’a fait avec humour et autodérision lors de son passage dans le podcast de K-Mel. Une histoire qui, loin de ternir son image, ajoute une touche humaine à un parcours déjà riche en exploits sportifs.
Selon les règles de la FFF, la catégorie U6 est ouverte aux enfants de 5 à 6 ans. Les clubs peuvent donc accepter des joueurs de 4 ans en « dérogation » ou en pré-inscription, mais la licence officielle n’est délivrée qu’à partir de 5 ans. C’est cette flexibilité qui a permis à Samir Nasri de jouer sous une fausse identité pendant deux saisons, comme l’explique la Fédération sur son site officiel.