Un Britannique sur sept déclare préférer consulter une intelligence artificielle plutôt qu’un médecin pour ses problèmes de santé, selon une étude publiée par BMF - International et relayée ce 15 mai 2026. Cette tendance reflète l’essor des outils d’IA dans le domaine médical, mais interroge sur les limites et les risques d’une telle pratique.

Ce qu'il faut retenir

  • Un Britannique sur sept consulte désormais une IA plutôt qu’un médecin pour des questions de santé
  • Cette pratique s’inscrit dans un contexte d’expansion rapide des outils numériques en matière de santé
  • Les limites éthiques et médicales de cette tendance restent à préciser

Une pratique en hausse dans un contexte de digitalisation de la santé

Selon les données compilées par BMF - International, 14 % des Britanniques ont déjà eu recours à un outil d’intelligence artificielle pour obtenir un diagnostic ou des conseils médicaux, plutôt que de consulter un professionnel de santé. Cette proportion atteint même 22 % chez les 18-34 ans, une tranche d’âge particulièrement à l’aise avec les nouvelles technologies. « Les applications et chatbots dédiés à la santé connaissent un essor sans précédent », confirme un porte-parole de l’association britannique Health Tech UK.

Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large de digitalisation du secteur médical. Les plateformes comme Babylon Health ou Buoy Health, qui proposent des diagnostics automatisés via IA, gagnent en popularité. En 2025, le marché britannique des solutions de santé numérique a enregistré une croissance de 35 %, selon les chiffres de TechUK.

Quels sont les avantages et les risques identifiés ?

Les partisans de ces outils mettent en avant plusieurs atouts. D’abord, leur accessibilité : une IA est disponible 24h/24 et 7j/7, sans attente ni déplacement. Ensuite, leur coût réduit : la plupart de ces services sont gratuits ou peu chers, contrairement aux consultations médicales classiques. Enfin, leur capacité à analyser rapidement de vastes bases de données permet, en théorie, d’identifier des symptômes avec une certaine précision.

Cependant, des experts s’inquiètent des risques liés à l’absence de diagnostic humain. « Une IA peut manquer de nuances dans l’interprétation des symptômes ou négliger des antécédents médicaux cruciaux », souligne le Dr Sarah Wilkinson, médecin généraliste à Londres. Par ailleurs, la fiabilité des algorithmes reste un sujet de débat : une étude de l’Université de Cambridge, publiée en mars 2026, révèle que certains outils surestiment ou sous-estiment des risques dans 18 % des cas.

Un phénomène qui questionne le rôle du médecin dans le système de santé

Cette préférence croissante pour l’IA interroge sur l’avenir de la relation médecin-patient. « Nous assistons à une forme de déshumanisation progressive de la médecine », alerte le Pr Johnathan Rees, professeur de dermatologie à l’University College London. Selon lui, les outils numériques pourraient, à terme, reléguer le rôle du médecin à des tâches purement techniques, au détriment du dialogue et de l’écoute.

En réponse à cette tendance, le NHS (National Health Service) a lancé en janvier 2026 un plan national visant à intégrer l’IA dans les diagnostics, mais en encadrant strictement son utilisation. Le gouvernement britannique a annoncé un budget de 200 millions de livres pour former les professionnels de santé à l’utilisation de ces outils, tout en rappelant que « la décision finale doit toujours revenir à un médecin ».

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient influencer l’évolution de cette pratique. D’abord, la publication du rapport annuel de la NHS sur l’IA en santé, prévue pour septembre 2026, devrait apporter des données plus précises sur l’impact de ces outils. Ensuite, les résultats des essais cliniques en cours sur l’efficacité des chatbots médicaux, attendus d’ici fin 2026, pourraient rassurer ou au contraire freiner leur adoption. Enfin, une régulation plus stricte de la part des autorités sanitaires britanniques et européennes est attendue dans les mois à venir.

Pour l’instant, la question reste ouverte : l’IA peut-elle vraiment remplacer, même partiellement, le rôle d’un médecin ? Une chose est sûre, la tendance est là, et elle devrait encore s’amplifier dans les années à venir.

Parmi les applications les plus populaires figurent Babylon Health, qui propose des diagnostics automatisés, Buoy Health pour l’identification des symptômes, et Ada Health, un chatbot spécialisé dans les maladies chroniques. Ces plateformes sont souvent gratuites ou disponibles sur abonnement à moindre coût.