La sénatrice de Guadeloupe Solanges Nadille appelle l’État à reprendre en main le ramassage des sargasses, actuellement confié aux collectivités locales, dans une tribune publiée en exclusivité par Ouest France ce 14 mai 2026. Elle pointe un traitement inégal entre les algues vertes de Bretagne et les sargasses des Antilles, où les moyens mobilisés ne seraient pas à la hauteur des enjeux.

Ce qu'il faut retenir

  • Solanges Nadille, sénatrice de Guadeloupe, demande à l’État de prendre le relais pour le ramassage des sargasses, aujourd’hui géré par les collectivités locales.
  • Elle dénonce un « deux poids, deux mesures » entre la gestion des algues vertes en Bretagne et celle des sargasses en Guadeloupe.
  • L’État intervient directement en Bretagne pour les algues vertes, tandis que les collectivités antillaises assument seules le coût et l’organisation du ramassage des sargasses.

Dans sa tribune, la sénatrice guadeloupéenne rappelle que l’État dispose pourtant des outils nécessaires pour agir rapidement, comme en témoigne sa réactivité face aux algues vertes en métropole. « L’État sait agir quand il le veut, il est temps qu’il le veuille », écrit-elle, soulignant l’urgence d’une mobilisation similaire pour les sargasses, dont l’accumulation menace l’écosystème et les activités économiques locales.

Le contraste entre les deux situations est au cœur de son argumentaire. En Bretagne, les algues vertes font l’objet d’un plan de lutte national, avec des moyens financiers et humains importants, tandis qu’en Guadeloupe, les collectivités doivent se débrouiller avec des budgets locaux déjà contraints. « On nous explique que c’est une question de moyens, mais en Bretagne, ces moyens sont trouvés », rappelle-t-elle, sans détour.

Selon Solanges Nadille, cette différence de traitement reflète une vision déséquilibrée des priorités environnementales entre la métropole et les territoires ultramarins. Elle évoque également les conséquences sanitaires et économiques des sargasses, dont les échouages massifs perturbent le tourisme, la pêche et la santé des populations côtières. « Chaque année, des milliers de tonnes de sargasses s’échouent sur nos côtes, et chaque année, nous devons gérer cette crise avec des moyens dérisoires », précise-t-elle.

« L’État sait agir quand il le veut, il est temps qu’il le veuille. »
Solanges Nadille, sénatrice de Guadeloupe

Interrogée par Ouest France, la sénatrice a indiqué qu’elle comptait porter cette question au Sénat lors de la prochaine session parlementaire, prévue pour l’automne 2026. Elle espère ainsi obtenir un engagement clair du gouvernement pour une prise en charge nationale du problème des sargasses, à l’image de ce qui est fait pour les algues vertes en métropole. « Nous ne demandons pas la lune, mais simplement que les mêmes règles s’appliquent à tous », a-t-elle conclu.

Et maintenant ?

La tribune de Solanges Nadille pourrait relancer le débat sur la gestion des sargasses en Guadeloupe, un sujet déjà abordé à plusieurs reprises au Parlement sans aboutir à des mesures concrètes. Une réunion interministérielle est attendue d’ici la fin du mois de juin 2026, selon des sources proches du dossier. Les associations locales, qui dénoncent depuis des années l’inaction de l’État, pourraient également se saisir de cette tribune pour faire pression.

Reste à savoir si le gouvernement répondra à cet appel, alors que la crise des sargasses s’aggrave d’année en année, avec des impacts de plus en plus lourds sur l’économie et la santé des Guadeloupéens. Une chose est sûre : le statu quo n’est plus tenable.

Les algues vertes en Bretagne sont principalement composées d’Ulva et font l’objet d’un plan national de lutte depuis plusieurs années, avec des moyens financiers et techniques importants. Les sargasses, en revanche, sont des algues brunes (Sargassum) qui s’échouent massivement en Guadeloupe depuis 2011, sans qu’un plan national équivalent n’ait été mis en place. Leur gestion reste du ressort des collectivités locales, malgré des volumes bien supérieurs à ceux des algues vertes bretonnes.