Le tribunal correctionnel de Paris a rendu sa décision ce jeudi 16 avril 2026, deux mois après l’audience, dans l’affaire des tags de cercueils représentant des tombes ukrainiennes. Sept hommes, tous originaires de Moldavie, ont été condamnés à des amendes allant de 1 000 à 10 000 euros, des peines bien inférieures aux réquisitions initiales, selon Libération.
Ce qu'il faut retenir
- Sept Moldaves ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir tagué des cercueils en lien avec la guerre en Ukraine.
- Les peines infligées, comprises entre 1 000 et 10 000 euros d’amende, sont bien inférieures aux réquisitions du parquet.
- La décision a été rendue deux mois après l’audience initiale, ce 16 avril 2026.
Une affaire liée à la guerre en Ukraine
Les sept hommes, tous ressortissants moldaves, avaient été accusés d’avoir réalisé des tags dans plusieurs rues de Paris, représentant des cercueils alignés avec des drapeaux ukrainiens. Ces inscriptions, jugées provocatrices, avaient été interprétées comme un soutien symbolique à la Russie dans le conflit en Ukraine. Selon l’accusation, ces actes visaient à « minimiser l’ampleur de la guerre » et à « choquer l’opinion publique », rapporte Libération.
L’enquête avait révélé que les tags avaient été réalisés entre mars et juin 2024, dans des quartiers centraux de la capitale. Les autorités avaient rapidement identifié les auteurs, tous résidant en France de manière irrégulière. Leur défense avait plaidé en faveur de peines légères, invoquant leur situation administrative précaire et l’absence de violence dans leurs actes.
Des peines très en dessous des réquisitions
Le parquet avait initialement réclamé des peines de prison ferme pour les sept accusés, ainsi que des amendes pouvant atteindre 20 000 euros. Pourtant, le tribunal a opté pour des sanctions pécuniaires, en tenant compte de leur situation personnelle et de l’absence de récidive. « Les peines prononcées restent largement inférieures aux demandes du ministère public », souligne Libération.
Le tribunal a justifié ses choix en invoquant la proportionnalité des sanctions. « L’objectif n’est pas seulement de punir, mais aussi de dissuader sans exclure toute possibilité de réinsertion », a indiqué une source judiciaire à Libération. Ces condamnations s’inscrivent dans un contexte plus large de lutte contre les actes de vandalisme à caractère politique à Paris.
Une affaire qui divise
Cette décision a suscité des réactions contrastées. Certains élus parisiens ont salué une réponse « mesurée », tandis que des associations de défense des droits des migrants y voient une nouvelle illustration des inégalités face à la justice. « Sept Moldaves condamnés à des amendes, alors que des Français accusés de faits similaires écopent parfois de peines bien plus lourdes : la question de la partialité se pose », a réagi un porte-parole de l’association « Droits Sans Frontières ».
Du côté de la communauté moldave en France, on souligne que ces hommes, pour la plupart sans-papiers, vivent dans une précarité extrême. « Ils n’ont pas les moyens de payer ces amendes, qui pourraient les plonger dans une situation encore plus difficile », a expliqué un membre de l’association « Moldaves de France », contacté par Libération.
Cette décision du tribunal correctionnel de Paris marque ainsi une étape dans une affaire qui a révélé les tensions autour de la liberté d’expression et de la justice en France, dans un contexte géopolitique particulièrement tendu.
Ils étaient accusés d’avoir tagué des cercueils avec des drapeaux ukrainiens dans plusieurs rues de Paris, en soutien symbolique à la Russie dans la guerre en Ukraine. Ces inscriptions avaient été jugées provocatrices et avaient choqué une partie de l’opinion publique.
