Alors que s’ouvre mardi 7 juillet 2026 à Ankara le sommet des 32 États membres de l’Alliance atlantique, les regards se tournent vers un membre de l’Otan bien particulier : les États-Unis. Selon Courrier International, l’objectif affiché par les Européens est clair : éviter toute division publique avant même l’ouverture des négociations. « Le but principal des Européens est simple, ils veulent éviter une dispute », écrivait ainsi le Der Tagesspiegel, quotidien allemand de référence, dans son édition du 6 juillet. Pour Berlin, comme pour d’autres capitales européennes, l’enjeu est de ne pas donner l’impression que l’alliance vacille, alors que les tensions avec Washington, portées par le président américain Donald Trump, s’intensifient.

Ce qu'il faut retenir

  • 32 États membres de l’Otan sont réunis à Ankara à partir du 7 juillet 2026, un sommet marqué par des tensions préexistantes.
  • Donald Trump a critiqué les Européens pour leur manque d’efforts en matière de dépenses militaires, malgré un accord trouvé en juin 2025 sur leur contribution au budget de l’Otan.
  • Les médias allemands et internationaux évoquent une stratégie de pression de Washington pour inciter l’Europe à acheter du matériel militaire américain.
  • Plusieurs titres de la presse internationale, dont Die Welt, soulignent que Trump mise sur ses méthodes habituelles, inspirées de la gestion d’entreprise.

Les critiques répétées de Donald Trump à l’encontre des Européens, accusés de ne pas financer suffisamment leur défense, ne datent pas d’hier. Pourtant, comme le rappelle Courrier International, un compromis avait été trouvé en juin 2025 pour mettre fin aux tensions. À cette époque, les États membres s’étaient engagés à augmenter leurs dépenses militaires, répondant ainsi aux exigences américaines. Mais depuis, Donald Trump est revenu à la charge, transformant l’Otan en une « machine à fric », selon l’expression reprise par plusieurs médias. Pour Politico, cité par Die Welt, cette nouvelle offensive s’inscrit dans une logique bien rodée : « Donald Trump veut adopter la stratégie qu’il maîtrise le mieux : la stratégie d’entreprise. » Autrement dit, faire pression sur ses partenaires pour qu’ils privilégient les achats d’équipements américains.

Cette dynamique n’est pas nouvelle, mais son retour en force à la veille d’un sommet aussi symbolique que celui d’Ankara ajoute une dimension de crise diplomatique. Les Européens, qui avaient cru avoir désamorcé le conflit il y a un an, doivent désormais composer avec un partenaire américain imprévisible. « Les 32 États membres de l’alliance ne doivent pas apparaître désunis », a prévenu le Der Tagesspiegel, reflétant l’inquiétude partagée par de nombreux observateurs. Pour eux, toute apparition de division publique servirait les intérêts de Moscou, déjà en pleine campagne de déstabilisation en Europe de l’Est.

« Les 32 États membres de l’alliance ne doivent pas apparaître désunis » — Der Tagesspiegel

Du côté américain, la rhétorique de Donald Trump s’inscrit dans une logique transactionnelle, où chaque dossier — militaire, économique ou géopolitique — est abordé comme une négociation commerciale. Cette approche, déjà observée lors de son premier mandat, s’est encore renforcée avec le temps. Les Européens, qui avaient jusqu’ici réussi à éviter les clashes publics, se retrouvent donc dans une position inconfortable. Leur défi ? Trouver un équilibre entre répondre aux exigences de Washington et préserver leur autonomie stratégique, alors que l’Europe tente de renforcer sa défense commune, notamment via la politique de sécurité et de défense commune (PSDC).

Pour certains observateurs, ce sommet pourrait donc servir de test grandeur nature. Les Européens parviendront-ils à présenter un front uni, malgré les pressions américaines ? Ou bien Donald Trump réussira-t-il à imposer sa vision, transformant l’Otan en un outil au service des intérêts économiques des États-Unis ? Une chose est sûre : le ton adopté par le président américain en amont de la réunion ne laisse guère de place à l’optimisme. « Les Européens dépensent trop peu pour leur défense », a-t-il répété ces dernières semaines, sans évoquer les progrès réalisés depuis l’accord de 2025.

Et maintenant ?

Le sommet d’Ankara pourrait donner lieu à des annonces concrètes, notamment sur la répartition des dépenses militaires ou la modernisation des équipements. Une chose est certaine : les prochaines 48 heures seront scrutées par les 32 capitales de l’Otan, mais aussi par Moscou et Pékin. Reste à savoir si les Européens parviendront à transformer cette pression américaine en opportunité de renforcement de leur autonomie stratégique — ou si, au contraire, ils devront céder à des exigences perçues comme unilatérales.

La question n’est pas tant de savoir si Donald Trump obtiendra gain de cause — ses méthodes ont souvent porté leurs fruits par le passé — mais plutôt de mesurer l’impact de cette stratégie sur le long terme. Une alliance militaire se juge autant à sa cohésion qu’à sa capacité à résister aux divergences internes. Or, à Ankara, le risque de fissure n’a jamais semblé aussi réel.

Selon Courrier International, Donald Trump utilise cette rhétorique pour pousser les Européens à acheter du matériel militaire américain, dans une logique de « stratégie d’entreprise ». Cette pression s’inscrit dans un contexte où l’accord trouvé en juin 2025 pour augmenter les dépenses européennes ne semble plus suffire à Washington.