La Fédération automobile d’Ukraine (FAU) a saisi les instances internationales du sport automobile pour contester la réintégration des pilotes russes et bélarusses sous leurs drapeaux nationaux, une décision prise par la FIA début août. Selon nos confrères du Figaro, l’instance ukrainienne, représentée par l’avocat français Robin Binsard, a déposé une plainte formelle mercredi 1er septembre devant le comité d’éthique de la Fédération internationale de l’automobile (FIA). L’objectif est de faire annuler la levée des restrictions qui visait à interdire aux pilotes russes et bélarusses de concourir sous leurs couleurs depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022.

Ce qu'il faut retenir

  • La FAU conteste la réintégration des pilotes russes et bélarusses sous leurs drapeaux nationaux, effective depuis le 3 août 2026.
  • Une plainte a été déposée devant le comité d’éthique de la FIA, avec une demande d’enquête urgente contre la Fédération automobile de Russie (RAF).
  • La RAF est accusée d’opérer depuis la Crimée et les régions de Donetsk et Zaporijjia, territoires ukrainiens occupés.
  • Parmi les pilotes concernés figurent Robert Shwartzman et Daniil Kvyat, qui concouraient en 2024 sous d’autres licences.
  • La FIA a maintenu l’annulation du Grand Prix de Sotchi en Formule 1 après 2022.

Une plainte déposée contre la décision de la FIA

La FAU, seule autorité sportive nationale ukrainienne reconnue par la FIA, a annoncé avoir engagé un recours devant la Cour d’appel internationale de la FIA, basée à Paris. Cette démarche s’appuie sur une décision du Conseil mondial du sport automobile (CMSA) du 3 août, qui a levé les restrictions imposées aux pilotes russes et bélarusses. Ces mesures d’urgence, prises après l’invasion de l’Ukraine le 24 février 2022, interdisait à ces pilotes de concourir sous leurs drapeaux ou hymnes nationaux. Pourtant, quatre ans et demi après le début du conflit, « la situation en Ukraine demeure inchangée et les conflits persistent », a souligné la FAU dans son communiqué.

Pour l’instance ukrainienne, la réintégration de ces pilotes va à l’encontre des règles de la FIA. Celle-ci ne peut reconnaître qu’une seule fédération sportive nationale par pays. Or, la RAF, équivalente russe, est accusée de maintenir des bureaux en Crimée ainsi que dans les oblasts de Donetsk et Zaporijjia, des territoires internationalement reconnus comme ukrainiens.

Des pilotes concernés mais des compétitions en suspens

D’après le site Motorsport.com, plusieurs pilotes russes pourraient être directement impactés par cette réintégration. Parmi eux, Robert Shwartzman, pilote de réserve chez Ferrari en Formule 1 en 2024, et Daniil Kvyat, qui concourait sous licence italienne en Hypercar avec Lamborghini. Leur retour sous drapeau russe dépend désormais de l’issue de la procédure engagée par la FAU. Toutefois, cette décision ne rouvrira pas la porte à un Grand Prix de Formule 1 en Russie. La FIA a en effet résilié son contrat pour l’organisation du Grand Prix de Sotchi dès 2022.

Dans le même temps, le Comité international olympique (CIO) a assoupli une partie de ses restrictions à l’encontre des sportifs russes le 7 juillet 2026. Ceux-ci pourront désormais participer aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028, y compris dans des sports d’équipe. Une évolution qui contraste avec la position adoptée par la FIA dans le domaine du sport automobile.

Un conflit géopolitique qui dépasse le cadre sportif

Le différend opposant la FAU et la RAF dépasse largement les enjeux sportifs. Il s’inscrit dans le prolongement de l’invasion russe de l’Ukraine, un conflit qui a déjà redessiné la carte des compétitions internationales. Les autorités ukrainiennes dénoncent une tentative de « normalisation » des symboles et hymnes russes, alors que Moscou maintient son occupation militaire dans plusieurs régions ukrainiennes. Pour la FAU, la réintégration des pilotes russes reviendrait à légitimer indirectement cette occupation.

— La position de la FIA sur ce dossier reste délicate. L’instance doit concilier le respect des règles sportives avec les impératifs géopolitiques. Une tâche d’autant plus complexe que la communauté internationale reste divisée sur la question des sanctions contre la Russie.

Et maintenant ?

La procédure engagée par la FAU pourrait s’étaler sur plusieurs mois, le temps que le comité d’éthique de la FIA rende son avis. Une audience devant la Cour d’appel internationale de Paris pourrait suivre si la plainte est jugée recevable. Par ailleurs, d’autres fédérations sportives internationales pourraient être amenées à se positionner sur ce sujet dans les semaines à venir, notamment en vue des Jeux Olympiques de 2028. Reste à voir si cette affaire accélérera ou, au contraire, freinera les discussions sur un éventuel retour des sportifs russes dans les compétitions internationales.

Cette affaire illustre une fois de plus comment les tensions géopolitiques s’immiscent dans le sport, un domaine censé rester neutre. Entre respect des règles et impératifs politiques, la FIA se retrouve au cœur d’un débat qui dépasse largement le cadre de la course automobile.

La FAU estime que cette réintégration, effective depuis le 3 août 2026, viole les règles de la FIA. Elle accuse notamment la RAF d’opérer depuis des territoires ukrainiens occupés, comme la Crimée ou le Donbass, ce qui serait contraire au principe d’une seule fédération par pays reconnu par l’instance internationale.