Selon BFM Business, l'idée reçue selon laquelle investir en DCA (Dollar Cost Averaging) serait « forcément positif » a été démentie ce 20 mai par Julien Flot, expert en gestion de patrimoine. Cette méthode, qui consiste à investir un montant fixe à intervalles réguliers plutôt que de placer une somme importante en une seule fois, est souvent présentée comme une stratégie sans risque. Pourtant, comme le rappelle l'émission BFM Bourse, cette approche ne garantit en rien la rentabilité d'un placement.
Ce qu'il faut retenir
- Le DCA n'est pas une garantie de performance : malgré sa régularité, cette méthode ne protège pas contre les pertes en capital.
- Cette stratégie suppose une discipline de placement, mais ne couvre pas les risques inhérents aux marchés financiers.
- Julien Flot, interrogé dans BFM Bourse, rappelle que le choix des actifs reste déterminant, indépendamment de la méthode d'investissement.
- L'émission a également abordé d'autres sujets clés, comme l'analyse des seuils techniques sur les marchés ou la performance des obligations émergentes.
- Euronext a publié des résultats records au premier trimestre, tirés notamment par un meilleur contrôle des coûts.
- Les prévisions des prix à terme du pétrole ne permettent pas d'anticiper une baisse des cours, selon Benjamin Louvet d'OFI INVEST AM.
Une stratégie populaire, mais pas infaillible
Le Dollar Cost Averaging séduit de nombreux investisseurs particuliers, car il permet de lisser le prix d'achat d'un actif sur le long terme. La méthode est souvent présentée comme une solution pour éviter les pièges du *market timing*, c'est-à-dire l'achat ou la vente d'actifs en fonction de prévisions de marché. Pourtant, comme l'a souligné Julien Flot dans BFM Bourse, cette approche ne protège pas contre les baisses prolongées des marchés. Autrement dit, si l'actif choisi perd de la valeur sur le long terme, l'investisseur subira des pertes, qu'il ait investi en une fois ou de manière fractionnée.
« Investir en DCA n'est pas une assurance contre les risques de marché », a rappelé l'expert. Le choix des actifs sous-jacents — actions, obligations, fonds indiciels — reste le facteur déterminant de la performance. Bref, cette méthode peut atténuer la volatilité, mais elle ne transforme pas un mauvais placement en une bonne affaire.
Les autres sujets abordés dans BFM Bourse
L'émission du 20 mai a couvert plusieurs thématiques financières, reflétant la diversité des enjeux actuels des marchés. Parmi elles, l'analyse des seuils techniques a retenu l'attention. Romain Daubry, consultant pour Bourse Direct, a détaillé les niveaux clés à surveiller sur les marchés actions, notamment pour Nvidia, dont les résultats trimestriels étaient très attendus. Ces seuils, souvent utilisés par les traders, permettent d'identifier des zones de support ou de résistance, mais leur pertinence dépend de la volatilité des cours.
Autre thème abordé : la performance des fonds de dette émergente. Michael Israël, associé fondateur d'IVO Capital Partners, a mis en lumière les opportunités offertes par certains pays émergents, où des entreprises affichent des rendements attractifs. Pourtant, ces placements comportent des risques spécifiques, liés notamment à la stabilité politique ou monétaire de ces régions. « Le rendement n'est pas synonyme de sécurité », a-t-il précisé.
Euronext en tête du CAC 40, portée par ses résultats
Le groupe Euronext, qui opère plusieurs places boursières européennes, a marqué les esprits ce 20 mai avec la publication de résultats records pour le premier trimestre. L'entreprise a notamment bénéficié d'un meilleur contrôle de ses coûts, ce qui a permis de compenser un environnement de taux d'intérêt toujours élevés — un sujet évoqué par Patrice Gautry, chef économiste chez Union Bancaire Privée. Ces résultats ont contribué à la surperformance récente de l'Europe dans le secteur des semi-conducteurs, un domaine où Nvidia, dont les résultats devaient être publiés le soir même, joue un rôle majeur.
Dans le même temps, Stellantis a annoncé un partenariat avec le constructeur chinois Dongfeng pour produire un véhicule dans son usine de Rennes. Une initiative qui illustre la volonté du secteur automobile de diversifier ses alliances, dans un contexte de tensions commerciales entre l'Europe et la Chine.
Le pétrole et l'immobilier : deux sujets de débat
Benjamin Louvet, directeur des gestions matières premières chez OFI INVEST AM, a balayé l'idée selon laquelle les prix à terme du pétrole permettraient d'anticiper une baisse durable des cours. Selon lui, ces contrats à terme reflètent davantage les anticipations des acteurs de marché que des tendances structurelles. « Les prix à terme ne sont pas des indicateurs fiables pour prédire l'évolution future du baril », a-t-il expliqué.
Enfin, la chronique Culture Bourse a interrogé : faut-il privilégier l'immobilier ou la Bourse pour investir ? Benjamin Chemla, PDG et cofondateur de Shares, a comparé les deux options en fonction du profil de l'investisseur. Si l'immobilier offre une sécurité relative et des revenus locatifs, il nécessite un apport initial élevé et une gestion active. À l'inverse, la Bourse permet une diversification plus facile, mais expose à la volatilité. « Tout dépend de la capacité à prendre des risques et de l'horizon d'investissement », a-t-il conclu.
Avec la publication des résultats trimestriels de nombreuses entreprises dans les semaines à venir, les marchés pourraient connaître une volatilité accrue. Les seuils techniques identifiés par les analystes, comme ceux évoqués par Romain Daubry, pourraient alors devenir des points de repère pour les investisseurs souhaitant ajuster leurs positions. Autant dire que la prudence reste de mise, quel que soit le mode de placement choisi.
Non. Le DCA est particulièrement adapté aux investisseurs qui souhaitent lisser leur prix d'entrée sur le marché et éviter les pièges du *market timing*. Cependant, cette méthode ne convient pas aux profils qui recherchent des rendements élevés à court terme ou qui sont prêts à prendre des risques importants. Le choix dépend aussi de l'horizon d'investissement et de la tolérance au risque.