Selon Libération, l’ancienne ministre macroniste de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, qualifie la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) d’« une prise d’otage par les populistes ». Elle s’est jointe à la saisine du Conseil constitutionnel visant à contester cette mesure adoptée dans le cadre du projet de loi de simplification.
Ce qu'il faut retenir
- La députée Ensemble pour la République du Pas-de-Calais, Agnès Pannier-Runacher, dénonce la suppression des ZFE comme un « recul » et une « prise d’otage » politique.
- Elle s’est associée à une saisine du Conseil constitutionnel pour tenter d’annuler cette décision.
- Cette suppression s’inscrit dans le projet de loi de simplification, adopté en avril 2026.
- Les ZFE, mises en place pour réduire la pollution atmosphérique, pourraient être remises en cause dans plusieurs métropoles françaises.
Une mesure jugée « populiste » par une figure macroniste
Agnès Pannier-Runacher, députée du Pas-de-Calais et ancienne membre du gouvernement d’Emmanuel Macron, a vivement réagi à l’annonce de la suppression des ZFE. Dans un entretien donné à Libération, elle a estimé que cette décision constituait « une prise d’otage par les populistes », une formule choc pour dénoncer ce qu’elle considère comme un recul environnemental motivé par des calculs politiques. « Ce n’est pas une avancée, c’est un retour en arrière », a-t-elle précisé, soulignant que cette suppression risque d’aggraver la pollution dans les grandes villes déjà fortement touchées.
Son engagement ne s’arrête pas aux déclarations. Elle a rejoint la saisine déposée auprès du Conseil constitutionnel, espérant que cette instance invalidera la mesure. Pour elle, cette décision s’inscrit dans une logique de court-termisme électoral, au détriment de la santé publique et des engagements climatiques de la France.
Les ZFE, un outil controversé mais essentiel pour la qualité de l’air
Les zones à faibles émissions, instaurées dans plusieurs agglomérations comme Paris, Lyon ou Grenoble, visaient à restreindre l’accès aux véhicules les plus polluants. Leur suppression, actée dans le cadre du projet de loi de simplification adopté ce mois-ci, marque un tournant dans la politique environnementale française. Officiellement, cette mesure est présentée comme une simplification administrative, mais elle est vivement critiquée par les défenseurs de l’environnement et certains élus locaux.
Les associations écologistes et les maires des grandes villes concernées avaient multiplié les alertes sur les risques sanitaires liés à un tel recul. Selon elles, la suppression des ZFE pourrait entraîner une hausse des particules fines et des oxydes d’azote, avec des conséquences directes sur la mortalité et les maladies respiratoires. « On marche sur la tête », avait déclaré la maire de Paris, Anne Hidalgo, lors d’un point presse la semaine dernière, sans que cette position ne soit reprise dans le texte final.
Un Conseil constitutionnel saisi pour trancher
Agnès Pannier-Runacher n’est pas la seule à contester cette décision. Une partie de la gauche et des écologistes ont également annoncé leur intention de saisir le Conseil constitutionnel, arguant que la suppression des ZFE contrevenait aux principes de précaution et de transition écologique inscrits dans la Constitution. Le Conseil dispose désormais de plusieurs semaines pour examiner la recevabilité et le fond de la saisine, avant de rendre un éventuel avis.
Si le Conseil constitutionnel donne raison aux requérants, la suppression des ZFE pourrait être annulée, obligeant le gouvernement à revoir sa copie. À l’inverse, un rejet de la saisine rendrait la mesure définitive, malgré les critiques. Dans les deux cas, le débat sur la place de l’écologie dans les politiques publiques est relancé, à quelques mois des élections municipales.
Cette affaire illustre les tensions persistantes entre écologie et politique, un équilibre que le gouvernement devra bientôt clarifier, alors que les enjeux climatiques ne cessent de s’aggraver.
La suppression des ZFE concerne actuellement toutes les métropoles ayant mis en place ce dispositif, notamment Paris, Lyon, Grenoble, Aix-Marseille et Strasbourg. D’autres agglomérations pourraient être touchées par la suite, selon les annonces du gouvernement.
