Selon Le Monde - Politique, les déplacements de l’eurodéputée LFI Rima Hassan ont été retracés par géolocalisation de son téléphone, y compris avant même l’ouverture d’une enquête pour apologie du terrorisme la visant. Ces éléments, révélés par Mediapart, ont déclenché une polémique politique à l’Assemblée nationale, où le groupe La France insoumise (LFI) dénonce une atteinte aux droits des élus et un « scandale d’État ».
Ce qu'il faut retenir
- Géolocalisation : Le téléphone de Rima Hassan a fait l’objet d’un traçage de ses déplacements via la géolocalisation, selon Mediapart.
- Avant l’enquête : Les mouvements de l’eurodéputée ont été reconstitués avant même l’ouverture de toute procédure judiciaire.
- Statut d’élue : Ces pratiques, menées malgré son immunité parlementaire, posent question sur le respect des droits des représentants politiques.
- Réaction de LFI : Le groupe parlementaire dénonce une violation de la séparation des pouvoirs et un empiètement sur les libertés fondamentales.
- Interpellation de Nuñez : LFI a annoncé qu’elle interpellera Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, sur ce sujet à l’Assemblée nationale.
Une polémique sur la surveillance des élus
D’après Le Monde - Politique, les révélations de Mediapart indiquent que les déplacements de Rima Hassan ont été reconstitués à partir des données de géolocalisation de son téléphone mobile. Ces informations, collectées en amont de toute enquête officielle, soulèvent des interrogations sur l’utilisation des outils de surveillance par les autorités administratives. Pour les partisans de l’eurodéputée, cette méthode constituerait une entorse aux principes démocratiques, notamment en ce qui concerne l’immunité parlementaire.
LFI, qui défend Rima Hassan, a immédiatement réagi en qualifiant la situation de « scandale d’État ». La formation politique argue que ces pratiques, si elles sont avérées, remettent en cause la protection dont devraient bénéficier les représentants du peuple. « Ce type de surveillance est inacceptable, surtout quand elle vise une élue », a souligné un porte-parole du groupe à l’Assemblée, sans citer de nom précis.
Une réponse ministérielle attendue
C’est dans ce contexte que LFI a annoncé son intention d’interpeller Laurent Nuñez, actuel ministre de l’Intérieur, lors d’une prochaine séance à l’Assemblée nationale. La demande d’explications portera notamment sur la légalité des méthodes utilisées, mais aussi sur les garanties apportées pour éviter de telles pratiques à l’avenir. Selon les informations du Monde - Politique, aucune confirmation officielle n’a encore été apportée quant à la réalité de ces géolocalisations, ni sur leur éventuelle coordination avec une enquête judiciaire.
Le cabinet de Laurent Nuñez n’a pas encore réagi publiquement à ces accusations. Interrogé par Le Monde - Politique, un conseiller ministériel a simplement indiqué que « toute procédure respectant la loi serait analysée avec la plus grande attention ». Aucune précision n’a été donnée sur une éventuelle implication des services de renseignement ou de la police nationale dans ce dossier.
Contexte politique et enjeux juridiques
L’affaire survient alors que les tensions entre le gouvernement et une partie de la représentation parlementaire s’exacerbent, notamment sur les questions de sécurité et de lutte contre l’extrémisme. Rima Hassan, eurodéputée LFI et figure médiatique, est visée par une enquête ouverte pour « apologie du terrorisme » après des propos tenus lors d’une émission en 2025. Depuis, elle est au cœur de vifs débats sur la liberté d’expression et les limites de la répression judiciaire.
Bref, cette affaire de géolocalisation ajoute une nouvelle couche au conflit politique. Elle pose surtout la question des moyens utilisés par l’État pour surveiller ses détracteurs, même parmi les élus. Les défenseurs des libertés individuelles craignent que ces pratiques ne s’étendent, au détriment des droits fondamentaux. Le Monde - Politique souligne que, si ces allégations sont confirmées, elles pourraient entraîner un recours devant le Conseil constitutionnel, voire devant la Cour européenne des droits de l’homme.
Cette polémique rappelle, une fois encore, les lignes de tension entre sécurité nationale et libertés individuelles. Elle pourrait aussi servir de catalyseur à un débat plus large sur la surveillance des élus, un sujet jusqu’ici peu exploré publiquement.
