Alors que le mois de mai 2026 s’achève avec une série de jours fériés concentrés, la question de la suppression d’une de ces journées pour réaliser des économies refait surface. Interrogé sur le sujet, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a clairement indiqué que cette mesure n’est pas à l’ordre du jour. Selon Capital, il a rappelé l’attachement des Français à leurs jours fériés, insistant sur la nécessité d’aborder ce dossier avec prudence.
Ce qu'il faut retenir
- Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a exclu la suppression d’un jour férié, malgré les débats récurrents sur le sujet.
- Il a souligné l’importance du dialogue social avant toute réforme, précisant que l’idée n’est « pas d’actualité ».
- Farandou a pointé la nécessité d’augmenter le temps de travail des jeunes et des seniors, sans évoquer de suppression de jours chômés.
- La journée de solidarité, instaurée il y a plus de vingt ans, pourrait être étendue pour générer des économies supplémentaires.
- En juillet 2025, le gouvernement Bayrou avait envisagé la suppression de deux jours fériés, une mesure susceptible de rapporter 4,2 milliards d’euros.
« Je pense qu’on a vu que les Français sont quand même très attachés à leurs jours fériés. Donc ce sujet, il faut le prendre avec précaution », a-t-il déclaré au micro de Vincent Parizot sur RTL Soir, vendredi 22 mai 2026. Selon Capital, le ministre a ajouté que si une telle idée devait être étudiée un jour, elle devrait impérativement passer par une consultation des partenaires sociaux. Une posture qui vise à désamorcer les critiques, alors que le débat sur l’optimisation des dépenses publiques reste vif.
Un appel à travailler davantage, notamment pour les jeunes et les seniors
Au-delà de la question des jours fériés, Jean-Pierre Farandou a recentré le débat sur l’augmentation du temps de travail en France. « L’enjeu, c’est peut-être mais pas seulement, de faire travailler plus les Français. Il faut que les jeunes travaillent davantage, il faut que les seniors travaillent davantage », a-t-il expliqué. Son propos s’inscrit dans une logique de réforme structurelle du marché du travail, visant à réduire le chômage des jeunes et à prolonger l’activité des seniors. « Il faut que les jeunes puissent rentrer plus vite dans le marché du travail. Et puis il faut continuer à travailler sur les seniors », a-t-il précisé.
Cette orientation pourrait se traduire par des mesures incitatives ou coercitives, bien que le ministre n’ait pas détaillé de calendrier précis. Autant dire que l’accent mis sur l’emploi des seniors et des jeunes pourrait préfigurer des annonces dans les prochains mois, alors que le gouvernement cherche à concilier équilibre budgétaire et croissance économique.
La journée de solidarité, un levier déjà existant pour financer la dépendance
Parmi les pistes évoquées pour compenser les besoins de financement public, la journée de solidarité revient régulièrement dans les discussions. Instaurée en 2004, elle prend la forme d’une journée supplémentaire de travail non rémunérée pour les salariés, généralement le jour de la Pentecôte. Selon les dernières estimations de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, cette mesure a rapporté 3,4 milliards d’euros en 2024. Ces fonds se répartissent entre la cotisation solidarité autonomie (2,4 milliards d’euros) et la contribution additionnelle (près d’un milliard d’euros).
Selon Capital, cette recette finance principalement la prise en charge des personnes âgées et handicapées. Son extension, voire son généralisation à d’autres jours fériés, pourrait donc être envisagée pour répondre aux besoins croissants dans le secteur de l’autonomie. Une option qui, contrairement à la suppression pure et simple d’un jour férié, ne soulève pas de contestation massive de la part des salariés.
Un précédent gouvernement avait envisagé une suppression plus radicale
En juillet 2025, le gouvernement dirigé par François Bayrou avait franchi un cap en proposant la suppression de deux jours fériés. Selon Matignon, cette mesure aurait pu générer 4,2 milliards d’euros d’économies dès 2026. Concrètement, les journées concernées, aujourd’hui chômées et payées, seraient devenues des jours travaillés et rémunérés comme tels, aussi bien dans le secteur public que privé. À l’époque, cette proposition avait suscité une vague de protestations, notamment dans le secteur du tourisme, très dépendant des ponts et jours fériés pour son activité.
Avec seulement 11 jours fériés par an, la France se situe d’ailleurs en dessous de la moyenne européenne, estimée à 12,07 jours annuels selon Toute l’Europe. Une comparaison qui alimente régulièrement les débats sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, ainsi que sur la compétitivité économique du pays. Malgré l’opposition suscitée, cette idée n’a pas été officiellement abandonnée, même si elle n’est plus à l’ordre du jour sous la mandature actuelle.
Dans l’immédiat, le ministre du Travail a donc choisi de clore le débat sur la suppression des jours fériés, tout en ouvrant celui sur l’intensification du travail. Une stratégie qui vise à concilier les impératifs économiques avec les attentes des Français, sans pour autant sacrifier les acquis sociaux les plus symboliques.
La journée de solidarité a été instaurée en 2004 pour financer la prise en charge des personnes âgées et handicapées. Elle prend la forme d’une journée supplémentaire de travail non rémunérée pour les salariés, généralement le jour de la Pentecôte. En 2024, elle a rapporté 3,4 milliards d’euros, selon la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.
Avec 11 jours fériés par an, la France se situe en dessous de la moyenne européenne, estimée à 12,07 jours. Cette différence s’explique par des choix historiques et culturels, mais aussi par la volonté de maintenir une activité économique soutenue tout au long de l’année.