Selon France 24, la guerre en cours au Moyen-Orient pousse Beyrouth à renforcer ses liens avec Damas, un allié historique dont le rôle pourrait s’avérer décisif dans les mois à venir. Alors que le Liban traverse une crise politique, économique et sécuritaire sans précédent, la question de la fiabilité de la Syrie comme soutien se pose avec une acuité croissante.
Comme le rapporte France 24, cette dynamique s’inscrit dans un contexte régional explosif, marqué par l’intensification des tensions entre Israël et le Hezbollah, ainsi que par l’affaiblissement des institutions libanaises. Le déplacement du Premier ministre libanais Najib Mikati à Damas le mois dernier a relancé le débat sur la solidité des relations entre les deux pays, après des années de méfiance mutuelle.
Ce qu'il faut retenir
- Le Premier ministre libanais Najib Mikati s’est rendu à Damas en juin 2026 pour discuter d’une possible coopération renforcée, selon France 24.
- Le Liban traverse une crise multidimensionnelle : effondrement économique, pénuries d’électricité et tensions politiques internes.
- La Syrie, bien que toujours sous sanctions internationales, pourrait jouer un rôle clé dans la stabilisation du Liban, notamment via des livraisons d’énergie.
- Les relations entre Beyrouth et Damas ont été tendues depuis la fin de la guerre civile libanaise (1975-1990), mais les événements récents forcent une réévaluation.
- Israël et le Hezbollah échangent des tirs transfrontaliers quasi quotidiens depuis le début de l’année 2026.
Une visite officielle aux enjeux stratégiques
La rencontre entre Najib Mikati et le président syrien Bachar al-Assad, organisée le 12 juin 2026, a marqué un tournant dans les relations bilatérales. Selon France 24, Mikati a évoqué la possibilité d’un accord énergétique permettant à la Syrie d’exporter de l’électricité vers le Liban, en échange de soutien logistique et politique.
« Le Liban a besoin de stabilité, et la Syrie est un voisin incontournable », a déclaré Mikati lors d’une conférence de presse conjointe. « Nous ne pouvons ignorer les réalités géopolitiques actuelles. » Cette visite s’inscrit dans une série d’initiatives diplomatiques visant à atténuer l’isolement du Liban sur la scène régionale.
Un Liban en proie à l’instabilité chronique
Le pays du Cèdre est plongé dans une crise profonde depuis 2019, avec un taux de pauvreté dépassant les 70 % et une monnaie locale, la livre libanaise, ayant perdu plus de 90 % de sa valeur. Les coupures d’électricité quotidiennes, parfois supérieures à 20 heures, exacerbent les tensions sociales et alimentent l’exode des jeunes vers l’étranger.
Dans ce contexte, Damas représente une bouffée d’oxygène potentielle. La Syrie, malgré son propre effondrement économique et les sanctions internationales, dispose encore d’infrastructures énergétiques partiellement fonctionnelles. Une coopération dans ce domaine pourrait soulager Beyrouth, à condition que Damas y trouve son intérêt politique.
Les risques d’une alliance avec Damas
Cependant, cette stratégie comporte des risques majeurs. Les États-Unis et l’Union européenne, principaux bailleurs de fonds du Liban, pourraient réagir négativement à un rapprochement avec le régime syrien, perçu comme un paria sur la scène internationale. « Une alliance avec Damas pourrait compromettre l’aide internationale déjà très limitée », a prévenu un analyste politique libanais sous couvert d’anonymat.
Par ailleurs, le Hezbollah, allié de Damas et force dominante au Liban, voit d’un bon œil cette collaboration. Le mouvement chiite, qui contrôle une partie du territoire libanais, pourrait y gagner en légitimité et en influence. « Le Hezbollah a tout intérêt à ce que le Liban dépende davantage de la Syrie », a souligné un expert en géopolitique moyen-orientale.
« La question n’est pas de savoir si le Liban a besoin de Damas, mais si Damas a les moyens et la volonté de répondre à ces besoins. »
— Serge Berberi, correspondant de France 24 à Beyrouth
Cette situation laisse planer plusieurs questions : la communauté internationale tolérera-t-elle ce rapprochement ? Le Hezbollah parviendra-t-il à imposer sa vision d’une dépendance accrue envers Damas ? Enfin, le Liban pourra-t-il survivre sans une refonte en profondeur de ses institutions ? Autant de défis qui détermineront l’avenir d’un pays au bord du gouffre.