L’Ouzbékistan a annoncé, à l’issue du Forum international de l’investissement de Tachkent, la transformation de 120 recommandations soumises par des investisseurs étrangers en une feuille de route officielle des réformes économiques. Selon Euronews FR, ces propositions, discutées lors d’une réunion du Conseil des investisseurs étrangers réunissant banques de développement et institutions financières, couvrent des secteurs aussi variés que la banque, l’énergie, l’intelligence artificielle, les marchés de capitaux ou encore la gouvernance d’entreprise.

Ce qu'il faut retenir

  • Le gouvernement ouzbek s’engage à suivre la mise en œuvre des 120 recommandations et à en rendre compte directement au président Chavkat Mirzioïev.
  • Parmi les réformes prioritaires figurent la création d’un Centre financier international de Tachkent et l’adhésion à la Déclaration de l’OCDE sur l’investissement.
  • Le Conseil des investisseurs étrangers, passé de 54 à 85 entreprises membres en un an, représente désormais 23 secteurs économiques.
  • L’Ouzbékistan, partenaire clé de la BERD en Asie centrale, a signé de nouveaux accords avec la banque pour un montant total de plus de 7 milliards de dollars.

Lors de la clôture du forum, le président Mirzioïev a souligné que certaines propositions avaient déjà abouti à des modifications législatives, notamment en matière de fiscalité, de régulation financière et d’obligations de reporting pour les entreprises internationales. « Les propositions des investisseurs se traduisent par des politiques publiques concrètes », a-t-il déclaré devant les participants. Le Conseil des investisseurs étrangers, dont le comité exécutif rassemble des représentants de la BERD, de la Banque asiatique de développement et de la Société financière internationale, illustre l’engagement du pays à attirer des capitaux et à moderniser son économie.

Un Centre financier international et une adhésion à l’OCDE en discussion

Parmi les projets phares évoqués figurent la création d’un Centre financier international à Tachkent, accompagné d’une loi constitutionnelle pour en encadrer le fonctionnement. L’Ouzbékistan a également entamé les démarches pour rejoindre la Déclaration de l’OCDE sur l’investissement international et les entreprises multinationales, une étape visant à aligner son cadre réglementaire sur les standards internationaux. Ces initiatives s’inscrivent dans une volonté plus large de renforcer la transparence et la stabilité juridique, deux critères souvent mis en avant par les investisseurs étrangers.

Mirzioïev a également évoqué lors de ses rencontres bilatérales des partenariats stratégiques avec des institutions financières internationales. Avec Odile Renaud-Basso, présidente de la BERD, il a passé en revue un portefeuille de projets totalisant plus de 7 milliards de dollars, faisant de l’Ouzbékistan le principal partenaire de la banque en Asie centrale. De nouveaux accords ont été signés dans des domaines aussi divers que le transport durable, la numérisation du réseau ferroviaire, l’entrepreneuriat ou encore le financement du logement.

Énergie, eau et infrastructures : les nouveaux axes de coopération avec la Nouvelle banque de développement

Le président ouzbek s’est également entretenu avec Dilma Rousseff, présidente de la Nouvelle banque de développement, pour discuter d’une future coopération axée sur l’énergie, la gestion de l’eau, les infrastructures de transport et le développement du secteur privé. La banque a exprimé son intérêt pour des projets environnementaux ainsi que pour des corridors de transport régionaux, reflétant une approche intégrée des enjeux économiques et écologiques.

Pourtant, malgré ces avancées, la question de l’État de droit reste un point de vigilance pour les investisseurs. Eduards Stiprais, représentant spécial de l’Union européenne pour l’Asie centrale, a pointé du doigt les modifications fréquentes de la législation et la nécessité de renforcer l’indépendance de la justice. «

La plupart des plaintes que nous recevons concernent les modifications fréquentes de la législation. La deuxième question, extrêmement importante, est celle de l’État de droit.
» Stiprais a ajouté que les discussions autour du Centre financier international pourraient contribuer à répondre à certaines de ces préoccupations.

Confiance des investisseurs et potentiel de l’intelligence artificielle

La confiance des investisseurs a été au cœur des échanges, notamment lors des discussions sur les privatisations et le développement des marchés de capitaux. Julia Hoggett, directrice générale de la Bourse de Londres, a rappelé que les acteurs internationaux évaluent les marchés émergents à l’aune de trois critères : la stabilité économique, la constance de la réglementation et les garanties juridiques. «

Ce que les investisseurs veulent vraiment savoir, c’est qu’ils placeront leur argent et qu’ils pourront récupérer leur mise.
» Hoggett a salué les réformes en cours en Ouzbékistan, estimant qu’elles avaient renforcé la crédibilité du pays auprès des investisseurs, alors que l’Asie centrale gagne en attractivité comme région à fort potentiel de croissance.

L’intelligence artificielle a également occupé une place centrale dans les recommandations des investisseurs. Benedict Macon-Cooney a insisté sur la nécessité pour les États de considérer les données non seulement comme un atout concurrentiel pour les entreprises, mais aussi comme un enjeu stratégique au niveau national. «

Les entreprises doivent considérer les données comme un atout concurrentiel, et les États doivent considérer les données comme un atout stratégique.
» Ce secteur, jugé prioritaire pour la croissance future, pourrait bénéficier d’investissements accrus dans les infrastructures nécessaires à son développement.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront de la capacité de l’Ouzbékistan à concrétiser ses engagements, notamment en matière de stabilité juridique et de mise en œuvre des réformes. La création du Centre financier international de Tachkent, prévue dans les mois à venir, pourrait servir de catalyseur pour attirer davantage de capitaux étrangers. Les discussions en cours avec l’OCDE et les institutions financières internationales devraient également préciser les contours des prochains partenariats, avec une attention particulière portée à la prévisibilité réglementaire et à la protection des investissements.

Alors que le Forum international de l’investissement de Tachkent s’achève, l’Ouzbékistan affiche une ambition claire : transformer les recommandations des investisseurs en leviers concrets de modernisation économique. Reste à voir si les réformes annoncées parviendront à convaincre les acteurs internationaux, tout en répondant aux attentes en matière d’État de droit et de transparence.

Les propositions soumises par les investisseurs étrangers lors du Forum de Tachkent concernent notamment la banque, l’énergie, l’intelligence artificielle, les marchés de capitaux et la gouvernance d’entreprise. Ces secteurs reflètent les priorités économiques du gouvernement ouzbek, qui cherche à moderniser son économie et à attirer davantage de capitaux internationaux.

L’Ouzbékistan a entamé le processus d’adhésion à la Déclaration de l’OCDE sur l’investissement international et les entreprises multinationales. Bien que la date exacte d’achèvement des négociations n’ait pas été précisée, cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de rapprocher le cadre réglementaire du pays des normes internationales.