La publication des résultats financiers de TotalEnergies, avec un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre 2026, a relancé le débat sur une éventuelle taxation des superprofits dans le secteur énergétique. Selon Le Figaro, cette proposition, défendue par certains responsables politiques, est qualifiée de « démagogique » par Gaëtan de Capèle dans sa chronique publiée ce 6 mai 2026.
Ce qu'il faut retenir
- TotalEnergies a enregistré un bénéfice de 5,8 milliards de dollars au T1 2026, ce qui a ravivé les appels à taxer ses superprofits.
- Gaëtan de Capèle, chroniqueur du Figaro, qualifie cette mesure de « totalement démagogique » et dénonce une stratégie politique visant à cibler l'entreprise sans solution budgétaire concrète.
- Le gouvernement a déjà appelé TotalEnergies à plafonner les prix des carburants dans ses 3 300 stations-service, sans pour autant proposer de mesures structurelles pour aider les automobilistes.
- Les défenseurs de la taxe sur les superprofits, dont certains think tanks libéraux, estiment que le terme même de « superprofit » n’a « aucun sens en économie », selon Kevin Brookes et Joris Valentini de Génération Libre.
Une mesure politique face à la crise des carburants
Le débat sur la taxation des superprofits de TotalEnergies s’inscrit dans un contexte de tension sur les prix des carburants en France. Depuis plusieurs mois, la flambée des cours du pétrole, aggravée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, a fait exploser les tarifs à la pompe. Face à la colère des automobilistes et aux appels à baisser les taxes, le gouvernement a cherché des solutions rapides, comme l’a montré la proposition espagnole ou polonaise de réduire la TVA sur l’essence. Pourtant, selon Le Figaro, cette approche reste insuffisante face à l’ampleur de la crise.
TotalEnergies, souvent pointée du doigt en cas de hausse des prix, a tenté de désamorcer les critiques en plafonnant les tarifs dans ses stations. Mais cette initiative, bien que saluée, ne suffit pas à calmer les ardeurs des partisans d’une taxe exceptionnelle. Le premier ministre a ainsi exhorté l’entreprise à aller plus loin, tout en reconnaissant que l’État n’a « pas un euro vaillant en caisse » pour augmenter les aides aux ménages.
Une critique acerbe des choix budgétaires de l’État
Dans sa chronique, Gaëtan de Capèle ne se contente pas de rejeter l’idée d’une taxe sur les superprofits : il critique vivement la gestion des finances publiques françaises. « La France, qui laisse dériver ses finances publiques, a sûrement mieux à faire qu’affaiblir TotalEnergies, son champion énergétique », écrit-il. Pour lui, cette proposition relève d’une logique purement électoraliste, où l’on cherche des boucs émissaires plutôt que des solutions durables.
L’auteur rappelle que les déficits publics français restent structurels, sans que des mesures d’économies ambitieuses ne soient mises en place. Plutôt que de cibler une entreprise dont les bénéfices, bien que élevés, s’inscrivent dans un marché mondial volatile, il plaide pour une réforme globale des dépenses de l’État. Une position qui tranche avec le discours dominant, où la taxation des grands groupes énergétiques apparaît comme une solution facile.
« La politique est parfois un art un peu sommaire. Haro sur TotalEnergies ! C’est simple, d’une démagogie sans complexe et cela ne coûte rien. » — Gaëtan de Capèle, Le Figaro
Des arguments économiques contre la notion de « superprofit »
Le débat sur la taxation des superprofits ne se limite pas à une question politique. Deux chercheurs du think tank libéral Génération Libre, Kevin Brookes et Joris Valentini, contestent la pertinence même du terme « superprofit ». Dans une tribune publiée par Le Figaro, ils expliquent que cette notion, popularisée par les médias et les responsables politiques, n’a « aucun sens en économie ». Pour eux, les bénéfices élevés de TotalEnergies reflètent avant tout les conditions du marché pétrolier, marqué par des tensions géopolitiques et une demande mondiale forte, plutôt qu’une rente excessive.
Les deux économistes soulignent que taxer ces bénéfices reviendrait à pénaliser une entreprise qui, malgré les critiques, investit massivement dans la transition énergétique et la sécurité d’approvisionnement de la France. Ils rappellent que TotalEnergies est un acteur clé de la souveraineté énergétique française, et que toute mesure punitive pourrait affaiblir sa capacité à financer des projets stratégiques.
Cette polémique illustre les tensions entre impératifs économiques et stratégies politiques. Si la taxation des superprofits séduit par sa simplicité, ses détracteurs y voient une mesure inefficace et dangereuse pour l’industrie française. Le débat reste ouvert, et les prochaines semaines pourraient être décisives.
TotalEnergies a enregistré un bénéfice de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre 2026, un niveau jugé élevé dans un contexte de hausse des prix des carburants. Certains responsables politiques estiment que l’entreprise pourrait contribuer davantage aux finances publiques, sans pour autant proposer de solutions structurelles pour aider les automobilistes.
Selon Patrick Pouyanné, le PDG de l’entreprise, le plafonnement des prix dans les stations-service ne pourrait être maintenu en cas d’instauration d’une taxe sur les superprofits. Cela pourrait entraîner une hausse des tarifs ou une réduction des investissements, notamment dans la transition énergétique.