Le gouvernement français a annoncé, ce mercredi 8 juillet 2026, la suspension immédiate de la taxe de 2 € appliquée sur les petits colis depuis le début du printemps. Cette mesure, mise en place en mars dernier, sera remplacée par un mécanisme similaire mais harmonisé au niveau européen. L’information est rapportée par Ouest France.
Ce qu'il faut retenir
- La taxe de 2 € sur les petits colis, en vigueur depuis trois mois, est suspendue à compter de mercredi 9 juillet 2026.
- Cette décision intervient en prévision du remplacement du dispositif national par un mécanisme européen en cours de finalisation.
- La suspension prendra effet dès demain, sans rétroactivité sur les colis déjà taxés.
Côté gouvernement, cette initiative s’inscrit dans une volonté d’alignement avec les règles commerciales communes au sein de l’Union européenne. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, a indiqué que « cette suspension permettra d’éviter une double taxation pour les consommateurs et les e-commerçants, le temps que Bruxelles finalise son propre système ». Il a ajouté que « la France reste attachée à une concurrence loyale au sein du marché unique » — d’après Ouest France.
Depuis le 1er avril 2026, la France appliquait une taxe de 2 € sur les envois de colis d’une valeur inférieure à 150 €, dans le cadre de sa politique de lutte contre les pratiques déloyales du e-commerce en provenance de pays tiers. Cette mesure visait notamment à limiter l’afflux de commandes à bas prix depuis des plateformes étrangères, souvent accusées de contourner les droits de douane et les normes sanitaires européennes.
Or, cette taxe avait suscité des critiques dès son annonce. Plusieurs acteurs du secteur de la logistique avaient pointé du doigt son impact sur les petites entreprises françaises, déjà fragilisées par la hausse des coûts de transport. « Cette taxe pénalise nos artisans et commerçants locaux, qui dépendent de ces livraisons pour écouler leurs stocks », avait ainsi déclaré Jean-Luc Defrance, président de la Fédération française du e-commerce. Une critique reprise par de nombreux élus locaux, notamment en région, où l’activité des petites boutiques en ligne repose en partie sur ces envois.
Du côté des consommateurs, les réactions étaient tout aussi mitigées. Certains y voyaient une mesure protectionniste nécessaire, tandis que d’autres dénonçaient une hausse des prix pour des produits déjà peu chers, comme les accessoires ou les vêtements d’entrée de gamme. Selon une enquête menée par Ouest France auprès de 500 consommateurs, près de 40 % des interrogés affirmaient avoir déjà renoncé à commander des petits colis en raison de cette taxe.
Cette affaire illustre les tensions persistantes autour de la régulation du e-commerce en Europe, entre impératifs de protection du marché intérieur et enjeux de libre circulation des marchandises. Elle pose aussi la question de l’efficacité des mesures nationales prises unilatéralement, alors que les flux logistiques ignorent les frontières. Pour les acteurs du secteur, la solution réside désormais dans une coordination renforcée au niveau communautaire — un défi que les Vingt-Sept peinent encore à relever.
Non. La suspension prendra effet demain, mercredi 9 juillet 2026. Les colis taxés avant cette date ne pourront pas faire l’objet d’un remboursement, précise le gouvernement.