La cheffe des Écologistes, Marine Tondelier, a vivement critiqué jeudi 6 mai 2026 le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, après ses menaces de suspendre le plafonnement des prix des carburants en cas d’instauration d’une taxe sur les « superprofits » réalisés par le groupe au premier trimestre. Selon Le Figaro, Marine Tondelier a dénoncé un « odieux chantage » lors de son intervention sur TF1, soulignant que cette stratégie revenait à « faire un héros national de celui qui permet de payer l’essence moins cher ».

Ce qu'il faut retenir

  • Patrick Pouyanné a menacé d’arrêter le plafonnement des prix des carburants à 1,99 € si une taxe sur les superprofits de TotalEnergies était instaurée.
  • Le groupe a enregistré un bénéfice de 4,96 milliards d’euros au premier trimestre 2026, en hausse de 51 % sur un an.
  • Marine Tondelier accuse TotalEnergies de « concurrence déloyale » en raison de sa part de marché dominante dans les stations-service en France.
  • Le patron du PS, Olivier Faure, a également qualifié Patrick Pouyanné de « profiteur de crise » la veille, appelant le gouvernement à ne pas céder à ce « chantage ».
  • Les réactions politiques divergent : Gabriel Attal (Renaissance) défend le plafonnement, tandis que Sébastien Chenu (RN) estime que la « contribution » de TotalEnergies se limite déjà à cette mesure.

Une menace de suspendre le plafonnement des carburants

Dans un entretien diffusé sur TF1 jeudi soir, Marine Tondelier a vivement réagi aux déclarations de Patrick Pouyanné, patron de TotalEnergies. Ce dernier avait indiqué, dans les colonnes de Le Figaro, qu’il pourrait mettre fin au plafonnement des prix des carburants à 1,99 € si le gouvernement décidait d’instaurer une taxe sur les superprofits réalisés par le groupe au premier trimestre 2026. Une mesure qui, selon lui, pénaliserait les consommateurs en faisant mécaniquement remonter les prix à la pompe.

Marine Tondelier a dénoncé cette position comme un « odieux chantage ». « Il faut arrêter d’en faire un héros national qui nous permettrait de payer l’essence moins cher », a-t-elle lancé. Pour la candidate à la primaire de la gauche non-mélenchonniste, cette stratégie relève davantage d’une « opération de communication » qu’une réelle préoccupation pour le pouvoir d’achat des Français.

Des accusations de « profiteur de crise » et de « concurrence déloyale »

Marine Tondelier a également mis en cause la légitimité de Patrick Pouyanné à se présenter comme un acteur vertueux dans la crise énergétique. Elle a rappelé que TotalEnergies avait réalisé un bénéfice de 4,96 milliards d’euros au premier trimestre 2026, soit une progression de 51 % par rapport à la même période l’année précédente. « Ce n’est pas un saint-homme à qui on doit donner la Légion d’honneur, c’est un profiteur de crise », a-t-elle assené.

La cheffe des Écologistes a par ailleurs pointé du doigt la position dominante de TotalEnergies sur le marché français. Avec un tiers des stations-service en France, le groupe dispose d’une influence majeure sur les prix. « Quand il dit ça, qu’est-ce qui se passe ? Tout le monde prend sa voiture et va chez Total plutôt que chez l’autre : c’est une concurrence déloyale », a-t-elle dénoncé. Selon elle, cette situation fausse le jeu concurrentiel et pénalise les autres distributeurs de carburants.

Elle a également interrogé le calcul économique derrière les prix pratiqués depuis le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran, déclenché le 28 février 2026. « Ce qu’il a vendu en mars à prix d’or, il l’avait acheté au prix classique d’avant-crise », a-t-elle souligné. Une critique qui vise à remettre en cause la justification des marges réalisées par TotalEnergies en période de tension géopolitique.

Les réactions politiques se divisent sur la question

Les prises de position de Marine Tondelier font écho à celles d’autres responsables politiques. La veille, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, avait qualifié Patrick Pouyanné de « profiteur de crise » lors d’une intervention sur franceinfo. Il avait appelé le gouvernement à « ne pas céder au chantage » du groupe pétrolier, estimant que les superprofits devaient être taxés sans condition.

À l’inverse, Gabriel Attal, ancien Premier ministre et figure de Renaissance, a défendu la politique de plafonnement des prix. Interrogé sur franceinfo, il a estimé que « les Français préfèrent se dire qu’il y a un plafonnement et qu’ils payent moins cher plutôt que “mon plein d’essence est plus cher mais Total va être taxé” ». Une position qui reflète la sensibilité du gouvernement sur la question du pouvoir d’achat.

Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national, a adopté une posture plus nuancée. Pour lui, la « contribution » de TotalEnergies à la baisse des prix se limite déjà au plafonnement actuel. « La contribution, c’est le plafonnement », a-t-il résumé, suggérant que toute autre mesure serait superflue.

Un débat qui dépasse le cadre énergétique

Cette polémique intervient dans un contexte de tensions persistantes sur les prix de l’énergie en France. Le plafonnement des carburants, mis en place en 2023 par TotalEnergies, est devenu un symbole de la politique de protection du pouvoir d’achat menée par le gouvernement. Pourtant, les bénéfices records réalisés par les grands groupes pétroliers, dont TotalEnergies, alimentent les critiques sur la répartition des richesses en période de crise.

— Selon les analystes, la menace de Patrick Pouyanné pourrait être interprétée comme une tentative de pression sur les pouvoirs publics, alors que le débat sur la taxation des superprofits revient régulièrement dans l’actualité économique. Une stratégie risquée, alors que l’opinion publique reste très sensible aux questions de pouvoir d’achat et de justice fiscale.

Et maintenant ?

Le gouvernement doit désormais trancher entre deux impératifs : maintenir le plafonnement des prix des carburants, ce qui revient à subventionner indirectement TotalEnergies, ou instaurer une taxe sur les superprofits, au risque de voir le groupe suspendre cette mesure. Une décision est attendue d’ici la fin du mois de mai, alors que les discussions sur le budget 2027 commencent à s’intensifier. Dans l’immédiat, le débat politique risque de s’envenimer, chaque camp cherchant à mobiliser l’opinion publique sur un sujet aussi sensible que celui du pouvoir d’achat.

Reste à voir si cette crise entre les pouvoirs publics et TotalEnergies débouchera sur une clarification des règles encadrant les marges des grands groupes pétroliers, ou si elle se soldera par un statu quo coûteux pour les finances publiques.

Patrick Pouyanné a justifié cette menace par le risque d’une taxe sur les superprofits réalisés par le groupe au premier trimestre 2026. Selon lui, une telle taxation pénaliserait les consommateurs en faisant mécaniquement remonter les prix à la pompe, le plafonnement n’étant plus viable économiquement pour TotalEnergies.

Le groupe a enregistré un bénéfice net de 4,96 milliards d’euros au premier trimestre 2026, en progression de 51 % par rapport à la même période en 2025. Ces résultats ont été salués par les marchés, mais critiqués par une partie de la classe politique.