Un simple exercice mental pourrait révéler une particularité méconnue de notre fonctionnement cérébral. Selon Franceinfo - Santé, le « test de la pomme » permet de distinguer trois modes de pensée distincts : l’aphantasie, l’anendophasie et l’hyperphantasie. Ces différences, qui touchent une part significative de la population, illustrent la diversité des processus mentaux chez l’être humain.
Ce qu'il faut retenir
- Entre 2 et 5 % de la population ne visualise aucune image mentale, un phénomène appelé aphantasie.
- Entre 3 et 10 % des individus perçoivent des images mentales d’une précision extrême, qualifiée d’hyperphantasie.
- Pour 5 à 10 % des personnes, les pensées ne s’accompagnent d’aucun son intérieur, un état nommé anendophasie.
- Ces particularités ne sont pas des troubles, mais des variantes normales du fonctionnement cérébral.
- L’aphantasie pourrait être liée à des difficultés de reconnaissance faciale ou à certains troubles du spectre autistique.
Une expérience mentale accessible à tous
Fermez les yeux et imaginez une pomme. Pour la majorité des gens, une image se forme instantanément : la couleur rouge, la forme ronde, la texture lisse, voire les reflets de lumière sur la peau. Pourtant, pour une minorité, cette visualisation reste totalement absente. Selon les données compilées par Franceinfo - Santé, cette absence d’images mentales, appelée aphantasie, concerne entre 2 et 5 % des individus. À l’inverse, une minorité plus réduite, estimée entre 3 et 10 %, vit une expérience d’hypervisualisation, presque « en 4K », où les détails sont d’une précision extrême.
Cette diversité des expériences mentales n’est pas un hasard. Comme le souligne le média, elle reflète la manière dont chaque cerveau encode et restitue les informations. « Nous ne pensons pas tous de la même manière », rappelle Julien Ménielle, journaliste spécialisé en santé pour Franceinfo. Cette affirmation, bien que simple, ouvre la porte à une meilleure compréhension des mécanismes cognitifs individuels.
L’audition intérieure : une autre variable du fonctionnement mental
Le test de la pomme peut être poussé plus loin. Une fois l’image mentale formée, il suffit de se demander : « Puis-je la décrire ? » Pour la plupart, une voix intérieure se manifeste, commentant les détails observés. Pourtant, environ 5 à 10 % des personnes ne perçoivent aucun son mental lors de leurs pensées. Ce phénomène, baptisé anendophasie, implique une réflexion silencieuse, où les mots s’enchaînent sans être « entendus » intérieurement.
Cette absence de dialogue intérieur peut sembler contre-intuitive, mais elle est parfaitement normale. Certaines personnes entendent mentalement une phrase comme : « Je dois acheter des pommes », tandis que d’autres conceptualisent cette idée sans aucune vocalisation interne. Ces différences, bien que subtiles, influencent la manière dont chacun mémorise, raisonne ou communique. Comme le rappelle Franceinfo, ces variations ne relèvent pas de troubles, mais simplement de modes de fonctionnement distincts.
Des corrélations scientifiques à explorer
Si l’aphantasie, l’anendophasie et l’hyperphantasie ne sont pas considérées comme des pathologies, certaines études suggèrent des liens avec d’autres particularités cognitives. Selon les travaux cités par Franceinfo - Santé, l’aphantasie pourrait être associée à des difficultés de reconnaissance des visages, à une mémoire moins performante, ou encore à certains troubles du spectre de l’autisme. Cependant, les chercheurs soulignent que ces corrélations restent à approfondir, sans qu’un lien de causalité ne soit établi.
De son côté, l’anendophasie pourrait compliquer la mémorisation de suites de chiffres ou de mots, tandis que l’hyperphantasie serait davantage corrélée à des troubles anxieux, des TOC (troubles obsessionnels compulsifs) ou des épisodes dépressifs. Ces observations, bien que préliminaires, ouvrent des pistes pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à ces différences cérébrales. « On n’a pas tous le même cerveau, mais on a tous nos soucis », conclut le média, rappelant avec humour que ces particularités ne sont ni bonnes ni mauvaises en soi.
Ces particularités cérébrales, bien que méconnues, soulèvent une question fondamentale : et si notre manière de penser influençait directement notre perception du monde ? Pour l’instant, la science avance, mais les réponses définitives sont encore à écrire.
À ce jour, il n’existe pas de méthode validée scientifiquement pour développer une imagerie mentale ou un dialogue intérieur si ceux-ci sont absents. Certaines études explorent des techniques de visualisation guidée, mais leurs résultats restent limités. L’aphantasie et l’anendophasie ne sont pas considérées comme des troubles, mais comme des variantes normales du fonctionnement cérébral.
Les conséquences varient selon les individus. Certaines personnes atteintes d’aphantasie peuvent avoir des difficultés à se souvenir de détails visuels, comme les visages ou les paysages. L’anendophasie peut influencer la mémorisation de séquences verbales, tandis que l’hyperphantasie, en générant des images très détaillées, pourrait amplifier les émotions liées à ces représentations mentales.