Le gouvernement thaïlandais, dirigé par une coalition nationaliste, intensifie ses mesures pour traquer les prête-noms utilisés par des entrepreneurs étrangers afin de contourner l’interdiction de propriété immobilière dans les îles du pays. Selon Le Monde, cette stratégie vise principalement des ressortissants russes, français et israéliens, dont les ressortissants sont officiellement exclus du droit d’achat direct de biens immobiliers en Thaïlande.

Cette offensive s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques et économiques, où les autorités cherchent à protéger le marché immobilier local tout en luttant contre les flux financiers opaques. Bangkok mise sur des contrôles renforcés et des enquêtes ciblées pour démanteler ces réseaux, souvent organisés via des hommes de paille thaïlandais. Autant dire que les investisseurs étrangers, qu’ils soient européens ou asiatiques, voient leurs options se réduire dans un marché déjà très régulé.

Ce qu'il faut retenir

  • Le gouvernement thaïlandais cible les prête-noms utilisés pour contourner l’interdiction de propriété immobilière pour les étrangers, notamment russes, français et israéliens.
  • Cette mesure s’inscrit dans une volonté de protéger le marché local et de lutter contre les flux financiers opaques.
  • Les îles thaïlandaises, comme Phuket ou Koh Samui, sont particulièrement concernées par ces contrôles renforcés.
  • Les autorités utilisent des enquêtes ciblées et des sanctions pour démanteler ces réseaux d’hommes de paille.

Une interdiction historique de propriété pour les étrangers

En Thaïlande, la loi interdit depuis des décennies aux étrangers d’acquérir directement des terrains ou des biens immobiliers situés sur le territoire national. Cette restriction, prévue par le Land Code Act de 1954, vise à préserver les ressources foncières pour les nationaux. Pourtant, cette règle a toujours laissé une marge de manœuvre : les investisseurs étrangers pouvaient contourner l’interdiction en s’appuyant sur des sociétés thaïlandaises ou des prête-noms locaux, souvent rémunérés pour servir d’intermédiaires.

Cette pratique, tolérée pendant des années, est désormais dans le collimateur des autorités. Le Monde rapporte que le gouvernement a mis en place des unités spécialisées pour identifier et sanctionner ces montages juridiques. « Nous ne tolérerons plus ces contournements qui faussent le marché et privent les Thaïlandais de leurs droits », a déclaré un haut responsable du ministère des Affaires étrangères, sous couvert d’anonymat. Cette chasse aux prête-noms s’étend désormais à l’ensemble du territoire, avec une attention particulière portée aux zones touristiques comme les îles de la mer d’Andaman ou du golfe de Thaïlande.

Des secteurs économiques sous haute surveillance

Les îles thaïlandaises, notamment Phuket, Koh Samui, ou encore les îles Phi Phi, attirent chaque année des milliers d’investisseurs étrangers, séduits par leur potentiel touristique et immobilier. Pourtant, côté..., les règles restent strictes. Les secteurs de l’hôtellerie, de la résidence secondaire et des complexes résidentiels sont particulièrement scrutés. Les autorités ont déjà identifié des cas où des entreprises détenues par des Russes ou des Français opéraient sous couvert de sociétés thaïlandaises, avec des prête-noms locaux comme actionnaires majoritaires.

Pour traquer ces pratiques, le gouvernement a renforcé les contrôles fiscaux et les enquêtes administratives. Les sanctions encourues vont de lourdes amendes à la dissolution pure et simple des sociétés concernées. Bref, les investisseurs étrangers doivent désormais justifier de la légitimité de leurs investissements, sous peine de voir leurs actifs gelés ou saisis. « Le message est clair : si vous voulez investir ici, faites-le dans le respect des lois thaïlandaises », a précisé un porte-parole du ministère du Commerce.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une accélération des contrôles, avec des annonces officielles prévues d’ici la fin du mois de juin 2026. Les autorités thaïlandaises devraient également publier des directives plus précises pour les investisseurs étrangers, afin d’éviter toute ambiguïté sur les montages autorisés. Reste à voir si ces mesures suffiront à dissuader les contournements ou si de nouvelles stratégies d’évitement émergeront.

Cette offensive s’inscrit dans une dynamique plus large de restriction des investissements étrangers en Asie du Sud-Est, où plusieurs pays durcissent leurs législations pour protéger leurs marchés. Pour les entrepreneurs concernés, l’enjeu est double : adapter leurs stratégies ou quitter le marché thaïlandais, désormais moins accessible qu’auparavant.