Le gouvernement thaïlandais a annoncé, ce mercredi 6 mai 2026, un renforcement des contrôles visant les visiteurs étrangers adoptant des comportements sexuels en public, une décision prise dans un contexte de montée des incidents jugés « inappropriés » dans les zones touristiques. Selon Le Figaro, le bureau du Premier ministre Anutin Charnvirakul a précisé que tout visiteur affichant un tel comportement s’exposerait désormais à des poursuites judiciaires, avec pour objectif affiché de préserver « les valeurs culturelles » du royaume.

Ce qu'il faut retenir

  • Le gouvernement thaïlandais annonce un renforcement des contrôles contre les comportements sexuels en public des touristes, avec des poursuites judiciaires pour les contrevenants.
  • Deux incidents récents à Phuket ont conduit à l’expulsion de touristes étrangers, dont un Espagnol et une Péruvienne surpris dans un tuk-tuk le 4 mai 2026.
  • En Thaïlande, la nudité et les actes sexuels en public sont passibles d’une amende pouvant atteindre 5 000 bahts (130 euros).
  • Le tourisme, pilier de l’économie nationale, peine à retrouver son niveau d’avant la pandémie, avec 33,5 millions de visiteurs étrangers attendus en 2026.
  • Les autorités tablent sur un équilibre entre relance économique et préservation de l’image culturelle du pays.

Des mesures strictes pour préserver l’image culturelle

Dans un communiqué officiel, les autorités thaïlandaises ont indiqué que les forces de l’ordre allaient intensifier leur présence dans les lieux de divertissement et les zones touristiques, où les comportements jugés inappropriés se multiplient. Le gouvernement justifie cette décision par la nécessité de protéger les normes sociales conservatrices du pays, majoritairement bouddhiste. En Thaïlande, les démonstrations publiques d’affection, encore plus les actes à caractère sexuel, sont mal perçues par la population locale. « Nous devons fixer des limites claires pour éviter que certains visiteurs ne nuisent à notre image », a souligné un responsable du ministère du Tourisme, cité par Le Figaro.

Cette annonce intervient après une série d’incidents médiatisés impliquant des touristes étrangers. Le dernier en date, survenu le 4 mai 2026 à Phuket, a vu un Espagnol de 41 ans et une Péruvienne de 43 ans surpris en train d’avoir une relation sexuelle dans un tuk-tuk. Interpellés par la police de l’immigration, les deux touristes ont reconnu les faits et ont été placés en procédure d’expulsion. « Ils ont violé les règles locales et seront rapatriés dans leur pays d’origine », a confirmé un porte-parole des autorités thaïlandaises.

Plusieurs expulsions pour des faits similaires en 2026

Ce cas n’est pas isolé. Plusieurs médias locaux rapportent que deux couples français avaient déjà été expulsés plus tôt dans l’année après avoir été filmés en train d’avoir des relations sexuelles dans un tuk-tuk et sur une plage. Selon les autorités thaïlandaises, ces comportements sont passibles d’une amende de 5 000 bahts (environ 130 euros), mais les expulsions restent la sanction la plus fréquente pour les étrangers pris en flagrant délit. « Nous ne tolérons aucun manquement à nos règles sociales », a rappelé le Premier ministre Anutin Charnvirakul lors d’une conférence de presse.

Ces mesures s’inscrivent dans une volonté plus large de discipliner les comportements des touristes. Depuis le début de l’année, les autorités multiplient les annonces pour encadrer l’afflux de visiteurs. En avril, le gouvernement avait déjà évoqué l’idée d’imposer une assurance santé obligatoire pour tous les touristes étrangers, une mesure qui devrait entrer en vigueur d’ici la fin de l’année 2026. Cette initiative vise à limiter les dépenses publiques liées aux soins médicaux des visiteurs en situation irrégulière.

Un tourisme en convalescence après la pandémie

Le secteur du tourisme, qui représente environ 12 % du PIB thaïlandais, peine à retrouver son niveau d’avant la pandémie de Covid-19. Selon les dernières prévisions du ministère du Tourisme, seulement 33,5 millions de visiteurs étrangers sont attendus en 2026, un chiffre en deçà des attentes initiales en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de la concurrence accrue d’autres destinations asiatiques. « Nous devons concilier attractivité touristique et respect de nos traditions », a expliqué un économiste de l’université de Bangkok, contacté par Le Figaro.

Face à cette situation, les autorités thaïlandaises misent sur une stratégie en deux temps : d’un côté, relancer l’attractivité du pays en assouplissant certaines règles pour les voyageurs respectueux des normes locales ; de l’autre, durcir les sanctions pour éviter que des excès ne ternissent l’image de la Thaïlande. « Notre objectif est de faire de notre pays une destination sûre et respectueuse, où chacun peut profiter de son séjour en toute sérénité », a déclaré le ministre du Tourisme, Sermsak Pongpanich. Pourtant, certains acteurs du secteur s’interrogent sur l’impact réel de ces mesures. « Ces expulsions et amendes pourraient dissuader certains touristes de venir, surtout ceux qui viennent pour la fête », confie un gérant d’hôtel à Bangkok sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’efficacité de ces nouvelles mesures. D’ici la fin de l’année 2026, les autorités thaïlandaises devraient publier un premier bilan de l’application des sanctions et ajuster leur politique si nécessaire. Parallèlement, le gouvernement devrait finaliser les détails de l’assurance santé obligatoire pour les touristes, dont l’entrée en vigueur est prévue pour décembre 2026. Reste à voir si ces initiatives permettront de concilier relance économique et préservation des valeurs culturelles locales.

Une question se pose également : ces mesures suffiront-elles à dissuader les touristes les plus indisciplinés, ou les autorités devront-elles aller plus loin, par exemple en instaurant des zones interdites aux démonstrations d’affection en public ? Autant dire que le débat est loin d’être clos.

Selon les autorités thaïlandaises, tout acte sexuel ou nudité en public, ainsi que les démonstrations d’affection jugées excessives, sont considérés comme des comportements inappropriés. Ces actes sont passibles d’une amende pouvant atteindre 5 000 bahts (130 euros) et, dans les cas les plus graves, d’une expulsion du territoire.

D’ici la fin de l’année 2026, les autorités thaïlandaises prévoient d’imposer une assurance santé obligatoire pour tous les touristes étrangers. Par ailleurs, une évaluation des nouvelles mesures de contrôle sera réalisée pour ajuster la politique en fonction des résultats obtenus.