Peter Jackson a révélé, lors d’une interview accordée à IndieWire au Festival de Cannes, que le prochain film The Hunt for Gollum puisait son inspiration dans l’approche psychologique du Joker de Todd Phillips, avec Joaquin Phoenix dans le rôle-titre. Selon Numerama, cette décision marque une volonté de transformer un projet initialement perçu comme un simple spin-off en une exploration intime et torturée de la psyché de Gollum.

L’ambition affichée par le cinéaste néo-zélandais et sa scénariste Fran Walsh est de s’éloigner d’un film d’aventure classique pour se concentrer sur une étude de personnage, à l’image de la descente aux enfers d’Arthur Fleck dans Joker. « Nous pensions au film original Joker, celui avec Joaquin Phoenix », a expliqué Peter Jackson. « La façon dont ce long-métrage explorait la psychologie du personnage tout en racontant une histoire nous a servi de modèle. »

Ce qu'il faut retenir

  • Inspiration principale : Peter Jackson et Fran Walsh s’inspirent du Joker (2019) de Todd Phillips pour façonner l’approche narrative de The Hunt for Gollum.
  • Objectif du film : Transformer un spin-off en une étude psychologique centrée sur la dualité de Gollum, entre Sméagol et sa soif destructrice de l’Anneau unique.
  • Changement de réalisateur : Peter Jackson cède la place à Andy Serkis, estimant que ce dernier est le mieux placé pour incarner et diriger ce projet.
  • Budget estimé : Le film est évalué à plus de 200 millions de dollars, un pari risqué pour Warner Bros.
  • Doutes sur le réalisateur : La filmographie d’Andy Serkis en tant que réalisateur, jugée mitigée, soulève des interrogations sur sa capacité à mener à bien ce projet.

Un projet ambitieux né des appendices du Seigneur des Anneaux

Présenté comme un spin-off centré sur la traque de Gollum par Aragorn et Gandalf, The Hunt for Gollum s’appuie sur les événements détaillés dans les appendices du Seigneur des Anneaux. Cependant, Peter Jackson et Fran Walsh ont choisi d’en faire une narration introspective, focalisée sur la psychologie de la créature plutôt que sur une aventure épique. « Nous allons raconter cette histoire, mais nous le ferons d’un point de vue interne, à travers le regard de Gollum », a précisé le producteur.

Cette approche vise à explorer les conflits internes de Gollum, tiraillé entre son ancienne identité de Sméagol et sa personnalité corrompue par l’Anneau. Le cinéaste a souligné que cette structure narrative s’inspirait directement de la façon dont Joker avait traité la descente aux enfers d’Arthur Fleck, en mêlant introspection et tension dramatique. Autant dire que les attentes autour de ce film dépassent largement le cadre d’un simple divertissement.

Andy Serkis aux commandes : un choix audacieux pour Warner Bros.

Peter Jackson a justifié son choix de confier la réalisation à Andy Serkis, l’acteur ayant incarné Gollum pendant des années dans la trilogie originale. « Si je pensais pouvoir faire un meilleur film, je le réaliserais. Mais je crois sincèrement qu’Andy en fera quelque chose de beaucoup plus intéressant que moi », a-t-il affirmé. Le réalisateur historique de la saga a reconnu que son expertise en tant qu’acteur spécialisé en capture de mouvement, ainsi que sa connaissance approfondie du personnage, en faisaient le candidat idéal pour ce projet.

Pour autant, ce choix n’est pas sans risques. Le dernier film réalisé par Andy Serkis, Venom : Let There Be Carnage (2021), a été largement critiqué par la presse, tout comme son adaptation de Mowgli : La Légende de la jungle (2018), jugée trop sombre et inégale. Plus récemment, son projet Animal Farm, une adaptation du roman de George Orwell, a subi un revers cuisant après le rejet massif de sa bande-annonce sur les réseaux sociaux, avant d’être éreinté par les critiques lors de sa sortie.

Un pari financier et artistique à plus de 200 millions de dollars

Avec un budget estimé à plus de 200 millions de dollars, The Hunt for Gollum s’annonce comme l’un des projets les plus coûteux de l’univers du Seigneur des Anneaux. Warner Bros. mise donc sur un pari audacieux en confiant les rênes à Andy Serkis, dont la crédibilité en tant que réalisateur reste à prouver à cette échelle. Le studio doit également composer avec les attentes élevées des fans, habitués aux standards visuels et narratifs des films de Peter Jackson.

Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de la Warner de développer l’univers du Seigneur des Anneaux au cinéma, après le succès critique et public de la trilogie originale et des adaptations du Hobbit. Cependant, la récente série The Lord of the Rings: The Rings of Power a montré que les attentes des spectateurs pouvaient rapidement se retourner en critiques, notamment sur les choix narratifs et la fidélité à l’œuvre de J.R.R. Tolkien.

Et maintenant ?

Si The Hunt for Gollum n’a pas encore de date de sortie officielle, le projet devrait entrer en production d’ici la fin de l’année 2026, selon des sources proches du dossier. Warner Bros. devra rapidement rassurer les investisseurs et les fans sur la capacité d’Andy Serkis à mener à bien ce film, alors que les premières images et annonces officielles pourraient intervenir lors du Comic-Con 2026 ou du Festival de Cannes 2027. Le studio devra également clarifier la tonalité exacte du film, entre hommage sombre à l’œuvre originale et tentative de modernisation audacieuse.

Les questions restent nombreuses : ce spin-off parviendra-t-il à séduire un public habitué aux standards des blockbusters modernes, tout en respectant l’esprit des romans de Tolkien ? Parviendra-t-il à transcender les critiques adressées à la filmographie récente d’Andy Serkis ? Autant d’interrogations qui pèsent sur l’avenir de ce projet ambitieux.

Peter Jackson a expliqué que l’approche narrative du Joker (2019), qui mêle étude psychologique et tension dramatique, correspondait à l’ambition qu’il avait pour ce spin-off. L’idée était de transformer une intrigue centrée sur la traque de Gollum en une exploration intime de sa psyché, entre son ancienne identité de Sméagol et sa personnalité corrompue par l’Anneau unique. « La façon dont ce long-métrage explorait la psychologie du personnage tout en racontant une histoire nous a servi de modèle », a déclaré le cinéaste à IndieWire.

Non. Bien qu’Andy Serkis soit un acteur renommé pour ses performances en capture de mouvement — notamment dans le rôle de Gollum — sa carrière de réalisateur n’a pas encore produit de blockbuster reconnu. Ses films Mowgli : La Légende de la jungle (2018) et Venom : Let There Be Carnage (2021) ont été largement critiqués, tandis que son adaptation de Animal Farm a subi un rejet massif avant même sa sortie. Warner Bros. prend donc un risque en lui confiant la réalisation d’un film à plus de 200 millions de dollars.