Le ministère de la Culture a officiellement annoncé, ce lundi 18 mai 2026, les trois agences chargées du réaménagement du musée du Louvre, un chantier ambitieux qui inclut notamment la création d’une nouvelle salle dédiée à La Joconde. Selon Franceinfo – Culture, c’est le groupement composé de Studios Architecture Paris, Selldorf Architects et Base Landscape Architecture qui a été retenu par un jury parmi cinq propositions. Une période de concertation s’ouvre désormais pour les prochains mois, mais la date de lancement des travaux reste à ce stade inconnue.

Ce qu’il faut retenir

  • Le groupement Studios Architecture Paris et Selldorf Architects a été sélectionné pour la qualité de sa proposition architecturale et son intégration paysagère, selon le ministère de la Culture.
  • Selldorf Architects, dirigée par l’architecte allemande Annabelle Selldorf, sera également en charge de la scénographie et de la muséographie du projet.
  • L’agence française Base Landscape Architecture prendra en charge le volet paysage et urbanisme.
  • Le budget global du réaménagement de l’aile Est du Louvre s’élève à 660 millions d’euros, dans le cadre du projet « Louvre Nouvelle renaissance ».
  • Le musée, qui accueille environ neuf millions de visiteurs par an, prévoit de nouveaux accès par la Grande Colonnade, en complément de l’entrée historique par la Pyramide.

Un trio d’agences aux expertises complémentaires

Studios Architecture Paris, filiale française d’un collectif international fondé en 1985, a été retenu pour sa capacité à allier innovation architecturale et respect du patrimoine. L’agence, déjà impliquée dans des projets emblématiques comme la fondation Louis Vuitton à Paris ou la fondation Luma à Arles (avec sa tour en inox conçue par Frank Gehry), a été saluée pour sa proposition « sobre et végétalisée », selon les termes du ministère. Selldorf Architects, basée à New York depuis 1988, apportera quant à elle son expertise en matière de muséographie, avec des réalisations comme The Frick Collection à New York ou la National Gallery de Londres.

Ces deux agences seront épaulées par Base Landscape Architecture, spécialisée dans l’intégration urbaine et paysagère. Ensemble, elles devront répondre aux enjeux majeurs du chantier : améliorer la qualité d’accueil des visiteurs, clarifier les cheminements, renforcer la sécurité et intégrer une dimension végétale au projet. « Le projet retenu intègre pleinement les enjeux de qualité d’accueil des publics, clarté des cheminements, sobriété et végétalisation, le tout avec une prise en compte pertinente des enjeux de sécurité », précise le communiqué du ministère.

Un chantier colossal dans le cadre du projet « Louvre Nouvelle renaissance »

Ce réaménagement de l’aile Est du Louvre s’inscrit dans un projet plus large, baptisé « Louvre Nouvelle renaissance », lancé en janvier 2025 par le président de la République Emmanuel Macron. Doté d’un budget global évalué à 1,15 milliard d’euros par la Cour des comptes, ce plan prévoit également une rénovation complète du bâtiment, dont les équipements sont jugés vétustes – un constat aggravé par le cambriolage spectaculaire du 19 octobre 2025, qui avait mis en lumière les failles de sécurité du musée.

Parmi les principales innovations prévues figure la création de nouveaux accès pour les visiteurs, notamment via la Grande Colonnade, située à l’est du palais. Cette entrée supplémentaire permettra de désengorger l’afflux actuel concentré autour de la pyramide de verre, symbole du musée depuis son inauguration en 1989. Le projet inclut aussi une nouvelle salle spécifiquement dédiée à La Joconde, dont l’accueil actuel est souvent critiqué pour son manque de confort et de fluidité.

Un processus de sélection marqué par des reports et des tensions

Le concours d’architecture avait été officiellement lancé le 27 juin 2025, mais la désignation des lauréats avait été reportée au 12 février 2026. Le ministère avait justifié ce délai par « la qualité et la richesse des propositions reçues », dans un contexte social déjà tendu au sein du musée. Les syndicats, qui dénoncent un « chantier pharaonique » éloigné des priorités, avaient en effet multiplié les mobilisations contre ce projet, jugé trop coûteux et déconnecté des besoins immédiats des agents.

La concertation annoncée pour les « mois à venir » devrait permettre d’affiner certains aspects du projet, notamment en intégrant les retours des équipes du Louvre et des associations de visiteurs. Pour l’heure, aucune date précise n’a été communiquée quant au début des travaux, dont la durée pourrait s’étendre sur plusieurs années.

Et maintenant ?

Une fois la période de concertation achevée, le ministère de la Culture devrait finaliser le calendrier des travaux et lancer les appels d’offres nécessaires à leur réalisation. Les syndicats, eux, pourraient maintenir leur opposition, notamment si les engagements budgétaires ou les priorités du projet venaient à être révisés. Pour les visiteurs, l’attente portera sur l’amélioration de l’expérience de visite, avec notamment une meilleure répartition des flux et des espaces plus adaptés aux œuvres majeures comme La Joconde. Reste à voir si ce chantier ambitieux parviendra à concilier innovation architecturale, respect du patrimoine et accessibilité pour le public le plus large.

L’enjeu sera également de suivre l’évolution du budget, alors que la Cour des comptes a pointé le risque de dépassements. Enfin, la question de la sécurité, centrale depuis le cambriolage de 2025, devra trouver des réponses concrètes dans la conception des nouveaux espaces.

À ce stade, aucune date de début des travaux n’a été annoncée. Une période de concertation doit s’ouvrir dans les prochains mois, mais le ministère n’a pas précisé d’échéance pour le lancement effectif du chantier.

Les syndicats dénoncent un projet jugé trop coûteux (1,15 milliard d’euros pour l’ensemble du plan « Louvre Nouvelle renaissance ») et déconnecté des priorités immédiates du musée, comme la rénovation des espaces de travail des agents ou la modernisation des équipements de sécurité.