Une enquête publiée vendredi 19 juin par Mediapart révèle que le médecin et réalisateur Thomas Lilti, connu pour la série à succès « Hippocrate », aurait plagié le travail de plusieurs scénaristes féminines. Ces accusations s’accompagnent d’allégations d’exercice illégal de la médecine, selon ce que rapporte le média.
Ce qu'il faut retenir
- Une enquête de Mediapart, publiée le 19 juin 2026, accuse Thomas Lilti de plagiat envers plusieurs scénaristes féminines.
- Ces allégations incluent des accusations d’exercice illégal de la médecine, liées à son parcours professionnel initial.
- Thomas Lilti est notamment connu pour avoir réalisé la série « Hippocrate », diffusée sur Canal+.
- L’enquête s’appuie sur des témoignages et des documents internes, selon Mediapart.
- Aucune réaction officielle de Thomas Lilti n’a encore été rapportée à ce stade.
Un réalisateur et médecin au parcours salué
Thomas Lilti, 45 ans, s’est imposé comme une figure majeure du cinéma et de la télévision française grâce à des œuvres comme « Hippocrate » (2018-2021), une série médicale qui a marqué les esprits par son réalisme et son approche documentaire. Médecin de formation, il a toujours entretenu un lien étroit entre son métier d’origine et sa carrière artistique. Son travail lui a valu plusieurs récompenses, dont le César du meilleur scénario original en 2019 pour le film « Première Année ». Autant dire que son image publique reposait jusqu’ici sur une double légitimité, à la fois professionnelle et créative.
Des accusations de plagiat visant plusieurs scénaristes
Selon l’enquête de Mediapart, les plagiats présumés concerneraient au moins trois scénaristes, toutes des femmes. L’une d’elles, dont le nom n’a pas encore été rendu public, aurait vu son travail repris sans son accord dans des épisodes de « Hippocrate ». Les faits remonteraient à la période 2017-2019, lors de la production des deux premières saisons de la série. Les documents consultés par le média suggèrent que des dialogues, des intrigues, voire des structures narratives entières auraient été empruntés à des projets non finalisés ou abandonnés par ces scénaristes.
Exercice illégal de la médecine : un autre volet des accusations
Outre les questions de plagiat, l’enquête de Mediapart soulève des interrogations sur l’exercice illégal de la médecine par Thomas Lilti. Bien qu’il ait obtenu son diplôme de médecin, il n’exercerait plus officiellement depuis plusieurs années, se consacrant pleinement à la réalisation. Pourtant, des témoignages rapportent qu’il aurait prodigué des diagnostics ou des conseils médicaux à des proches ou des collaborateurs, ce qui, selon certains juristes, pourrait constituer une infraction. Ces allégations, si elles étaient confirmées, pourraient avoir des répercussions juridiques et professionnelles majeures pour Lilti.
Des réactions en cascade dans le milieu audiovisuel
L’annonce de ces accusations a suscité des réactions dans le secteur audiovisuel. Plusieurs professionnels du cinéma et de la télévision ont exprimé leur stupéfaction, certains allant jusqu’à remettre en cause la crédibilité des productions réalisées par Lilti. Une pétition circule déjà, demandant à Canal+, qui a diffusé « Hippocrate », de suspendre toute collaboration avec le réalisateur. De son côté, la chaîne n’a pas encore réagi publiquement, bien que des sources internes indiquent qu’une cellule juridique ait été saisie pour examiner les éléments rapportés par Mediapart.
Cette affaire soulève également des questions plus larges sur les pratiques dans l’industrie audiovisuelle, où les collaborations entre scénaristes et réalisateurs restent souvent opaques. Elle rappelle aussi l’importance de protéger les créateurs, notamment les femmes, qui représentent encore une minorité dans les postes clés du secteur.
Si une plainte est déposée, une enquête préliminaire sera ouverte, suivie éventuellement d’un procès. L’Ordre des médecins pourrait également engager une procédure disciplinaire. Aucune date n’a encore été fixée, mais les premières auditions pourraient intervenir avant la fin du mois de juillet 2026.
À ce stade, Canal+ n’a pas communiqué publiquement. Une source interne a indiqué qu’une cellule juridique examinait les éléments rapportés par Mediapart, mais aucune décision n’a été annoncée concernant la diffusion future des œuvres de Thomas Lilti.