À Nantes, Thomas Cochini, plus connu sous le pseudonyme Tomkin, compose des morceaux d’électro à partir de sons enregistrés dans la nature. Selon Franceinfo - Culture, il capte des bruits de plantes, des cris d’animaux, mais aussi des pollutions sonores d’origine humaine, avant de les intégrer dans ses créations musicales.

Ce qu'il faut retenir

  • Thomas Cochini, alias Tomkin, est un artiste nantais qui transforme les sons naturels en musique électronique.
  • Ses compositions intègrent des enregistrements de plantes, d’animaux et des bruits liés à l’activité humaine.
  • Il a récemment participé à la résidence artistique « La nuit des forêts » et prépare un nouvel album intitulé « Sampling the living ».
  • Son travail invite à une écoute attentive et à une réflexion sur le respect du vivant.
  • Un reportage réalisé par Aude Lambert pour Franceinfo - Culture permet de découvrir sa démarche.

Un artiste engagé dans l’écoute du vivant

Thomas Cochini, originaire de Nantes, s’est fait connaître sous le nom de Tomkin pour ses créations musicales mêlant électro et captations sonores. Il enregistre des bruits de la nature — vent dans les feuilles, craquements de branches, chants d’oiseaux — mais aussi des sons moins évidents, comme le frottement des feuilles contre des objets métalliques ou le bourdonnement des insectes. Selon ses dires,

« Je cherche à capturer l’âme des lieux que je traverse, même les plus ordinaires. »
Son approche ne se limite pas à l’esthétique : elle porte une dimension écologique et sensorielle.

Son travail a été salué lors de sa résidence pour « La nuit des forêts », un événement artistique dédié à la forêt et à ses enjeux contemporains. Cette expérience a renforcé son envie de donner à entendre le vivant, souvent ignoré au profit de sons plus urbains et artificiels. Tomkin ne se contente pas de composer : il invite son public à ralentir, à prêter attention aux détails sonores qui nous entourent, autant qu’à la musique elle-même.

Un album en préparation : « Sampling the living »

Après cette résidence, Tomkin finalise son prochain album, intitulé « Sampling the living ». Ce projet, comme l’explique l’artiste,

« est une invitation à écouter différemment, à prendre conscience de la richesse des sons naturels, mais aussi des perturbations que l’homme y apporte. »
L’album devrait mêler ses enregistrements de terrain à des beats électroniques, créant une ambiance à la fois immersive et réflexive. Le titre du projet n’est pas anodin : il fait directement référence à l’échantillonnage (sampling) sonore, une technique centrale dans l’électro, mais aussi à l’idée de « vivre » (living), soulignant le lien indissoluble entre musique et nature.

L’enregistrement de l’album s’appuie sur des mois de collecte de sons, réalisés lors de balades dans des parcs, des forêts et même en milieu urbain. Tomkin a notamment capté des sons dans la région nantaise, mais aussi lors de voyages plus lointains. Son objectif : montrer que la nature, loin d’être silencieuse, offre une symphonie complexe et souvent méconnue.

Une démarche artistique et environnementale

Tomkin n’est pas le premier artiste à s’inspirer de la nature, mais sa méthode se distingue par son approche concrète et immersive. Contrairement à certains projets qui recréent artificiellement des ambiances naturelles, il enregistre des sons réels, parfois altérés par la pollution sonore humaine. Ses captations incluent des bruits de machines, de transports ou d’outils, qui contrastent avec les sons organiques. Cette dualité — entre beauté et perturbation — est au cœur de sa réflexion artistique.

Son travail s’inscrit dans une tendance plus large de sensibilisation à l’environnement à travers l’art. Des musiciens comme Björk ou Brian Eno ont exploré des démarches similaires, mais Tomkin apporte une touche locale et ancrée dans le territoire nantais. Il collabore également avec des scientifiques et des associations pour documenter ses enregistrements et en faire des outils de sensibilisation.

Et maintenant ?

« Sampling the living » devrait sortir d’ici la fin de l’année 2026, selon les dernières annonces de l’artiste. Tomkin prévoit également une série de concerts et d’ateliers pour présenter son travail, notamment dans des lieux dédiés à l’écologie ou à la musique expérimentale. Son prochain projet pourrait inclure une collaboration avec des bioacousticiens pour analyser plus finement les sons qu’il enregistre. Reste à voir comment le public et les institutions culturelles accueilleront cette proposition, qui bouscule les codes de l’électro traditionnelle.

En attendant, Tomkin continue ses balades sonores, micro à la main, à la recherche de nouvelles pépites acoustiques. Son message est clair : la nature a beaucoup à nous dire, à condition d’écouter. Et si la musique pouvait être un pont entre l’humain et le vivant ? C’est la question que pose, en filigrane, son travail.

Tomkin utilise un matériel d’enregistrement portable pour capturer des sons sur le vif, que ce soit lors de randonnées, dans des parcs ou en ville. Il sélectionne ensuite les enregistrements en fonction de leur texture, de leur fréquence et de leur capacité à s’intégrer dans une structure musicale. Certains sons sont laissés bruts, tandis que d’autres sont retravaillés en studio pour créer des boucles ou des effets.