L’équipe française Decathlon-CMA CGM a finalisé sa sélection pour le Tour de France 2026, un collectif pensé pour accompagner au mieux le plus jeune coureur au départ de la Grande Boucle depuis 1937, Paul Seixas, âgé de 19 ans. Selon Franceinfo - Sport, cette composition a dû être ajustée jusqu’aux derniers jours en raison de contretemps sanitaires ayant affecté plusieurs coureurs pressentis.
Ce qu'il faut retenir
- Deux grimpeurs expérimentés, Nicolas Prodhomme et Matthew Riccitello, ont été désignés pour épauler Paul Seixas en montagne, deux coureurs ayant déjà collaboré avec lui en 2025.
- Trois capitaines de route — Tiesj Benoot, Daan Hoole et Aurélien Paret-Peintre — apporteront leur expérience et leur polyvalence pour encadrer Seixas et Olav Kooij.
- Le sprinteur néerlandais Olav Kooij, recruté cet hiver, vise le maillot vert et bénéficiera du soutien de Cees Bol et de Daan Hoole pour les étapes de plaine.
- La composition a été perturbée par des blessures et maladies, notamment celle de Matthew Riccitello, malade lors du Tour Auvergne-Rhône Alpes avant de se rétablir.
- Paul Seixas, leader désigné, a déjà prouvé sa valeur en 2025 en offrant à Nicolas Prodhomme sa première victoire professionnelle.
Deux grimpeurs dédiés à Seixas pour les cols décisifs
Pour soutenir Paul Seixas dans les ascensions, l’équipe Decathlon-CMA CGM a choisi deux grimpeurs de haut niveau : Nicolas Prodhomme et Matthew Riccitello. Le premier, Lyonnais, apporte un lien particulier avec le jeune Français, puisqu’il lui a offert sa première victoire professionnelle lors du Tour des Alpes 2025. « Prodhomme est un coéquipier précieux, son expérience et sa connaissance des parcours seront déterminantes », explique Lilian Calmejane, consultant pour Franceinfo - Sport.
Quant à Riccitello, 24 ans, il quitte Israël-PremierTech après une 5e place et le titre de meilleur jeune de la dernière Vuelta. Sa participation au Tour de Suisse, où il a terminé 7e, a rassuré l’équipe sur sa forme physique. « Il a montré qu’il était costaud, mais une de ses limites reste sa capacité à se battre dans le peloton », souligne Calmejane. Les deux coureurs ont accepté de renoncer à leurs ambitions personnelles pour se consacrer entièrement à Seixas, comme l’a rappelé Aurélien Paret-Peintre, un autre membre de l’équipe : « L’approche est totalement différente quand on a un leader comme Paul. On parle moins d’ambition individuelle. »
Trois capitaines de route pour guider les leaders
Chaque équipe du Tour de France s’appuie sur des capitaines de route, des coureurs expérimentés chargés d’encadrer les leaders. Chez Decathlon-CMA CGM, ce rôle sera assuré par Tiesj Benoot, Daan Hoole et Aurélien Paret-Peintre. Le premier, Belge de 32 ans, a finalement obtenu sa qualification après une hernie discale lombaire. « Benoot a déjà gagné le Tour avec Visma | Lease A Bike et fait partie des rares coureurs de l’équipe à avoir déjà remporté la Grande Boucle », rappelle Calmejane.
Daan Hoole, néerlandais de 1,98 m, a failli manquer le départ en raison d’une fracture au doigt puis d’une maladie. Son gabarit et sa puissance seront utiles pour protéger Seixas et Kooij dans les étapes de plaine. Aurélien Paret-Peintre, lui, endosse aussi un rôle de mentor : « Mon objectif est de l’accompagner dans l’extra-course, les transferts, et de lui donner des conseils sur les routes du Tour. » Il a déjà montré l’importance de son rôle en prêtant son vélo à Seixas lors de la première étape à Barcelone.
« Sur les étapes de transition, il faudra être plus à l’avant avec Paul que par le passé. Mais quand on voit ce qu’il a fait depuis le début de l’année, on a quand même envie de mettre du cœur à l’ouvrage ! »
Aurélien Paret-Peintre, à Franceinfo - Sport
Un double objectif : Seixas et Kooij
Contrairement à une équipe entièrement dédiée à un seul leader, Decathlon-CMA CGM a choisi de partager ses ambitions entre Paul Seixas et le sprinteur néerlandais Olav Kooij, recruté cet hiver. Ce dernier, gêné par un virus en fin de préparation, s’est rassuré en remportant le sprint du Tour de Belgique le 21 juin face à Tim Merlier et Jasper Philipsen. « Ce n’était peut-être pas la préparation idéale, mais je pense avoir atteint un niveau suffisant. Ces gars-là sont essentiels pour augmenter mes chances de victoire », a-t-il déclaré à L’Équipe.
Kooij sera épaulé par Cees Bol et Daan Hoole pour les placer dans les meilleurs positions avant les emballages finaux. « Le fait qu’il soit là donne un double objectif intéressant à l’équipe. Olav est un bon mec, il est aussi motivé par le projet général et m’aidera quand ce sera possible. C’est complémentaire », a souligné Paul Seixas dans les colonnes de L’Équipe. La présence de Kooij permet aussi de « délester une partie de la pression sur Seixas en cas de victoire d’étape », ajoute Calmejane. Ses premières chances d’emporter une étape interviendront dès mardi à Foix, puis mercredi à Pau.
Une équipe soudée autour d’un leader précoce
La sélection finale reflète la volonté de l’équipe de s’entourer de profils variés, mais aussi de coureurs avec lesquels Paul Seixas a déjà tissé des liens. « Ça reste une des plus belles équipes au départ. Ils ont une équipe soudée qui est habituée à courir autour de Paul. Il les remercie souvent, c’est qu’il se sent bien avec eux », constate Lilian Calmejane.
Cette cohésion sera cruciale pour un jeune coureur de 19 ans, le plus jeune à prendre le départ du Tour depuis 1937. Son statut de leader impose une responsabilité nouvelle, mais aussi une pression que l’équipe a tenté d’alléger en intégrant Kooij. « C’est un des sprinteurs les plus rapides sur le papier. Je suis persuadé que si tout se goupille bien, il va gagner une étape assez vite. Et ensuite, ça va dérouler en termes d’euphorie et d’ambiance pour l’équipe », conclut Calmejane.
Reste à voir si la stratégie de l’équipe, partagée entre deux objectifs, portera ses fruits. Une chose est sûre : la jeunesse de Seixas et l’expérience de ses coéquipiers devraient offrir un Tour de France sous haute tension, où chaque détail comptera.
L’équipe a opté pour une stratégie à double objectif pour répartir la pression entre Paul Seixas, leader principal, et Olav Kooij, sprinteur visant le maillot vert. Selon Aurélien Paret-Peintre, « le fait qu’Olav soit là donne un double objectif intéressant à l’équipe. Il est aussi motivé par le projet général et m’aidera quand ce sera possible. C’est complémentaire ». Cette approche permet aussi de maximiser les chances de victoire d’étape, quel que soit le terrain.
À 19 ans, Paul Seixas devra gérer la pression liée à son statut de leader, tout en s’adaptant aux exigences physiques et logistiques du Tour. Selon Lilian Calmejane, « une de ses limites pourrait être sa capacité à se battre dans le peloton ». Ses deux anges gardiens en montagne, Prodhomme et Riccitello, devront l’accompagner le plus loin possible dans les cols, tandis que les capitaines de route encadreront ses déplacements et stratégies.