Lors du salon VivaTech 2026, qui s’est tenu à Paris du 11 au 14 juin, le cofondateur et PDG de DeepL, Jarek Kutylowski, a exposé sa vision d’un monde professionnel où la barrière linguistique disparaîtrait grâce à l’intelligence artificielle. Selon Euronews FR, cette technologie de traduction en temps réel, conçue pour les échanges professionnels, promet une fluidité inédite lors des visioconférences internationales.
Ce qu'il faut retenir
- DeepL Voice, l’outil de traduction vocale en temps réel, affiche une note de 96,4/100 en qualité selon l’évaluation indépendante Slator 2026, devançant Microsoft Teams, Zoom et Google Meet.
- La technologie permet à chaque interlocuteur de s’exprimer dans sa langue maternelle tout en comprenant parfaitement son partenaire, avec une latence quasi nulle.
- DeepL vient de racheter Mixhalo, une plateforme audio en temps réel basée à San Francisco, pour renforcer ses capacités dans les environnements exigeants comme les conférences ou les services clients.
- Jarek Kutylowski souligne que l’apprentissage des langues reste essentiel malgré les progrès de l’IA, car il permet de saisir les subtilités culturelles.
- Le patron de DeepL envisage d’apprendre le japonais, une langue réputée pour sa complexité et sa richesse culturelle.
Une technologie conçue pour les échanges professionnels
Lors de son intervention à VivaTech, Jarek Kutylowski a détaillé comment sa technologie pourrait transformer les réunions internationales. Selon lui, l’objectif est de permettre à deux interlocuteurs de communiquer « de manière totalement fluide, où non seulement vous vous comprenez, mais où vous vous sentez aussi en sécurité et en confiance ». Pour illustrer son propos, il évoque une réunion virtuelle où des collègues grecs, russes, égyptiens et allemands pourraient chacun parler leur langue tout en comprenant parfaitement les autres.
Cette innovation s’adresse en priorité aux professionnels, notamment pour les visioconférences qui dominent désormais le travail à distance. Kutylowski précise que les plateformes comme Microsoft Teams ou Zoom intègrent déjà les outils nécessaires : « Les microphones sont là, les haut-parleurs sont là. Il suffit d’inviter DeepL dans votre réunion ». L’utilisateur n’a qu’à sélectionner la langue dans laquelle il souhaite entendre les autres participants, le reste étant géré automatiquement en arrière-plan.
DeepL Voice : un outil de traduction qui surpasse ses concurrents
Selon une évaluation indépendante menée en 2026 par le cabinet Slator, spécialisé dans les services linguistiques, DeepL Voice obtient un score de 96,4/100 en qualité de traduction, surpassant ainsi les solutions proposées par Microsoft Teams, Zoom et Google Meet. Cette performance repose sur des algorithmes d’IA avancés, capables de gérer les nuances linguistiques et les contextes professionnels avec une précision remarquable.
L’entreprise allemande, basée à Cologne, ne compte pas s’arrêter là. Récemment, elle a fait l’acquisition de Mixhalo, une start-up californienne spécialisée dans la diffusion audio en temps réel à très faible latence. Cette technologie permet de diffuser un son haute fidélité à des milliers de personnes simultanément, sans retard perceptible. Kutylowski y voit une opportunité pour déployer ces solutions lors d’événements comme VivaTech, mais aussi dans des services d’assistance client ou d’autres processus commerciaux internationaux.
La langue, un enjeu culturel bien au-delà de la simple traduction
Malgré les progrès fulgurants de l’IA, Jarek Kutylowski rappelle que certaines subtilités culturelles restent difficiles, voire impossibles, à traduire. « On ne peut pas faire cela parfaitement, car certaines choses sont même impossibles à exprimer dans une autre culture », explique-t-il. Il illustre son propos par son propre parcours : né en Pologne et ayant grandi entre la Pologne et l’Allemagne, il souligne combien les différences historiques entre ces deux pays ont façonné sa vision du monde.
Pour lui, cela démontre que l’apprentissage des langues conserve toute son importance. « Apprendre une langue en vaut la peine, car vous apprenez en même temps l’autre culture », insiste-t-il. Il compare cette démarche à celle de l’apprentissage des mathématiques à l’école : « Les enfants continuent d’apprendre à additionner et soustraire à la main, même si les ordinateurs le font mieux, parce que c’est essentiel pour notre développement en tant qu’êtres humains ».
Les limites de l’IA face aux défis linguistiques et culturels
Si l’outil développé par DeepL permet une communication fluide, Kutylowski admet que certaines barrières culturelles persistent. Par exemple, des expressions ou des concepts liés à des événements historiques propres à une société peuvent ne pas trouver d’équivalent dans une autre langue. Ces limites rappellent que la technologie, aussi avancée soit-elle, ne peut se substituer entièrement à l’apprentissage linguistique et culturel.
Pour le PDG de DeepL, ces défis soulignent l’importance de continuer à promouvoir l’enseignement des langues. Il cite en exemple son intérêt pour le japonais, une langue qu’il décrit comme « fascinante, compliquée, mais tellement belle et différente ». Une manière de rappeler que derrière chaque langue se cache une culture, une histoire, et une façon unique de voir le monde.
L’enjeu dépasse toutefois le simple cadre professionnel. Avec la généralisation du travail à distance et la mondialisation des échanges, les solutions de traduction instantanée pourraient bien redéfinir la manière dont les entreprises, les institutions et même les particuliers communiquent à l’échelle internationale. Reste à savoir si cette technologie parviendra à concilier efficacité et respect des nuances culturelles, un équilibre que même les meilleurs outils d’IA peinent encore à trouver.