Un rapport détaillé publié par trois organisations non gouvernementales met en lumière les graves dysfonctionnements de la flotte mondiale de navires transporteurs de bétail. Selon Ouest France, ces navires, souvent âgés et mal adaptés à leur usage, cumulent les irrégularités et les risques pour les animaux comme pour l’environnement.
Ce qu'il faut retenir
- Un rapport examine 159 navires spécialisés dans le transport de bétail à travers le monde.
- Ces navires sont fréquemment trop âgés et conçus sans tenir compte des normes modernes de bien-être animal.
- Ils présentent des irrégularités régulières lors des contrôles, selon les trois ONG à l’origine de l’enquête.
- Les organisations dénoncent un manque de régulation et de surveillance dans ce secteur.
Un rapport alarmant sur la flotte mondiale de bétaillères
Trois ONG, dont les noms n’ont pas été précisés dans l’enquête, ont analysé 159 navires dédiés au transport de bétail à travers les océans. D’après Ouest France, ces bâtiments, souvent anciens, ne répondent pas aux exigences élémentaires en matière de sécurité et de bien-être animal. « Ces navires sont conçus pour d’autres usages, comme le transport de marchandises sèches ou de conteneurs, et ne sont absolument pas adaptés au transport d’animaux vivants », a expliqué l’une des ONG à l’origine du rapport.
Des navires en infraction fréquente
Le rapport souligne que plus de 60 % des navires inspectés présentent des irrégularités lors des contrôles, qu’il s’agisse de défauts techniques, de problèmes de sécurité ou de violations des normes sanitaires. « Les inspections sont rares et peu rigoureuses », a précisé un porte-parole des ONG. « Quand elles ont lieu, elles sont souvent superficielles et ne permettent pas de détecter les risques réels pour les animaux ». Les organisations appellent à une refonte complète de la régulation de ce secteur.
Un impact environnemental et éthique préoccupant
Au-delà des questions de bien-être animal, le transport maritime de bétail pose des problèmes environnementaux majeurs. Les navires âgés consomment souvent plus de carburant et émettent davantage de CO₂ que les bâtiments modernes. « Ces navires sont des bombes flottantes en termes de pollution », a dénoncé une autre ONG. « Ils devraient être remplacés au plus vite par des unités conformes aux normes actuelles ». Le rapport insiste également sur les risques de maltraitance animale, notamment lors des longs trajets où les animaux sont entassés dans des conditions précaires.
Ce rapport intervient alors que la pression sur les industries agricoles et maritimes ne cesse de croître, notamment en Europe où plusieurs pays poussent pour l’adoption de réglementations plus strictes. Reste à voir si ces appels seront entendus ou resteront lettre morte.
Les noms des trois organisations n’ont pas été divulgués dans l’enquête publiée par Ouest France. Seules leurs déclarations anonymes ont été rapportées.
Aucune sanction concrète n’est évoquée dans le rapport. Les ONG demandent principalement l’interdiction des navires les plus anciens et un renforcement des contrôles, mais aucune décision n’a encore été prise par les autorités compétentes.