Selon Euronews FR, l’ambassadeur ukrainien auprès de l’Union européenne, Vsevolod Chentsov, a appelé à recentrer les discussions sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE autour des réalisations concrètes plutôt que des appellations. Intervenant lundi dans les colonnes du média, il a jugé qu’une intégration progressive permettrait à Kyiv de bénéficier rapidement des avantages liés à l’élargissement, sans pour autant sacrifier la substance des réformes exigées.
Ce qu'il faut retenir
- Une intégration progressive est présentée par l’Ukraine comme un moyen de concrétiser rapidement les bénéfices de l’élargissement, selon les propos de Vsevolod Chentsov rapportés par Euronews FR.
- Le chancelier allemand Friedrich Merz a proposé la création d’un statut de « membre associé » incluant des garanties de sécurité, une idée qui fait débat au sein des capitales européennes.
- Le président ukrainien Volodymyr Zelensky rejette toute forme d’adhésion partielle, réclamant une intégration pleine et entière.
- L’Ukraine et la Moldavie ont franchi une étape le 2 juillet en validant le deuxième des six clusters d’adhésion, avec une confirmation officielle prévue le 14 juillet.
- La Hongrie, sous l’influence de Péter Magyar après le départ de Viktor Orbán, adopte une posture plus ouverte tout en freinant un rythme d’adhésion jugé trop rapide.
Une approche pragmatique face aux propositions européennes
Dans un contexte marqué par des propositions variées émanant de plusieurs capitales européennes, l’Ukraine maintient sa ligne d’une intégration accélérée, mais ajustée. Vsevolod Chentsov, chef de la Mission de l’Ukraine auprès de l’UE, a ainsi déclaré à Euronews FR : « Ne nous focalisons pas sur l’intitulé, concentrons-nous sur le fond ». Cette position s’inscrit en réponse aux initiatives comme celle du chancelier allemand Friedrich Merz, qui a évoqué la création d’un statut de « membre associé » pour l’Ukraine, assorti de garanties de sécurité.
Pour Kyiv, cette proposition, bien que symbolique d’une volonté de rapprochement, reste insuffisante. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a clairement indiqué que l’Ukraine méritait une adhésion pleine et entière, excluant toute participation partielle. « Une intégration progressive ne doit pas devenir un prétexte pour ralentir ou diluer les exigences », a-t-il souligné lors d’une déclaration publique.
L’Ukraine mise sur des réformes concrètes et des bénéfices immédiats
Au-delà des débats sur les statuts, Vsevolod Chentsov a mis en avant l’importance de concrétiser rapidement les avancées, notamment sur les plans économique et institutionnel. Selon lui, plusieurs pistes existent pour rapprocher l’Ukraine de l’UE sans attendre la finalisation du processus d’adhésion. « Plusieurs États membres et la Commission européenne réfléchissent à la manière d’intégrer progressivement l’Ukraine », a-t-il précisé. « Cette idée est bonne, car nous devons approfondir notre partenariat, notre coopération économique, et notre architecture institutionnelle. Il nous suffit de travailler ensemble pour que l’Ukraine ressente déjà les bénéfices de l’élargissement. »
Cette approche s’appuie sur des travaux préparatoires déjà engagés, malgré les blocages passés. Avant le départ de Viktor Orbán en Hongrie, la candidature ukrainienne avait été ralentie par des désaccords politiques. Aujourd’hui, avec l’arrivée de Péter Magyar et un changement de posture à Budapest, les perspectives s’améliorent, même si la Hongrie reste prudente sur un calendrier trop ambitieux.
L’avancée des clusters d’adhésion et les défis persistants
La semaine dernière, l’Ukraine et la Moldavie ont franchi une nouvelle étape en validant le deuxième des six clusters d’adhésion prévus par le processus d’élargissement. Selon Euronews FR, tous les pays de l’UE ont donné leur accord de principe pour cette phase, bien que la confirmation formelle soit attendue le 14 juillet. Cette étape marque une progression tangible, même si elle reste partielle.
Pour l’Ukraine, l’objectif est désormais d’ouvrir l’ensemble des clusters restants sans délai. « Nous sommes prêts à ouvrir tous les clusters d’adhésion à l’UE dès aujourd’hui », a affirmé Vsevolod Chentsov. « Nous ne voyons aucune raison de laisser ce processus en suspens. Nous devons avancer aussi vite que possible. » Cette position reflète l’urgence ressentie par Kyiv, qui espère tirer parti des bénéfices concrets de l’élargissement avant même l’achèvement formel de la procédure.
Autant dire que le débat sur l’avenir de l’Ukraine au sein de l’UE dépasse désormais le cadre technique pour toucher à des enjeux géopolitiques et économiques majeurs. La capacité des institutions européennes à concilier rapidité et rigueur dans l’évaluation des réformes ukrainiennes sera déterminante pour la suite du processus.
Un « cluster » désigne un bloc thématique regroupant plusieurs chapitres de l’acquis communautaire que le pays candidat doit intégrer. L’UE évalue généralement ces clusters par étapes, comme le prévoit le processus d’adhésion pour l’Ukraine et la Moldavie.