Il y a un an jour pour jour, le 12 juin 2025, l’Inde était frappée par la catastrophe aérienne la plus meurtrière de la décennie. Un Boeing 787 Dreamliner d’Air India, qui venait de décoller de l’aéroport d’Ahmedabad, s’écrasait sur un bâtiment résidentiel. Le bilan, toujours définitif, reste l’un des plus lourds : sur les 242 personnes à bord, une seule a survécu, tandis que 19 autres ont péri au sol. Un an plus tard, les familles des victimes attendent toujours la publication du rapport final sur les causes de l’accident, dont les premières conclusions ont suscité de vives polémiques. Selon RFI, ces éléments partiels ont alimenté les tensions entre les proches des victimes et les autorités indiennes.

Ce qu'il faut retenir

  • 261 morts au total dans la catastrophe, dont 241 passagers et membres d’équipage du vol Air India et 19 personnes au sol.
  • L’avion, un Boeing 787 Dreamliner, s’est écrasé sur un bâtiment résidentiel peu après son décollage d’Ahmedabad le 12 juin 2025.
  • Seule une personne a survécu parmi les 242 occupants de l’appareil, selon les autorités indiennes.
  • Les familles des victimes réclament depuis un an la publication du rapport définitif sur les causes de l’accident, dont les premières conclusions ont été rendues publiques en mars 2026.
  • RFI souligne que la diffusion d’informations partielles a nourri des controverses sur la transparence des investigations.

Un drame qui a marqué la décennie en Inde

Le crash du Boeing 787 Dreamliner d’Air India reste, à ce jour, l’accident aérien le plus meurtrier en Inde depuis dix ans. L’appareil, en provenance de Delhi et à destination de Ahmedabad, a percuté un immeuble d’habitation à peine une minute après son décollage. Les secours, déployés en urgence, ont dû gérer une situation chaotique sur les lieux, où des débris de l’avion se sont répandus sur plusieurs rues. Selon les premiers éléments, l’accident serait survenu dans un contexte météorologique stable, écartant dans un premier temps l’hypothèse d’un problème lié aux conditions de vol.

Cependant, les premières investigations ont rapidement pointé du doigt d’éventuelles défaillances techniques ou humaines. Les autorités aéronautiques indiennes, la Directorate General of Civil Aviation (DGCA), ont lancé une enquête approfondie, mais le rapport final tarde à être rendu public. RFI indique que les familles des victimes, regroupées en associations, dénoncent un manque de transparence et réclament des réponses claires sur les responsabilités.

Des premières conclusions controversées

En mars 2026, la DGCA a publié un rapport intermédiaire pointant des « anomalies » dans la maintenance de l’appareil, sans pour autant en préciser la nature exacte. Ces révélations ont provoqué une onde de choc parmi les proches des victimes, qui accusent les autorités de minimiser les responsabilités d’Air India.

« On nous donne des bribes d’informations sans jamais connaître la vérité complète. Comment faire notre deuil dans ces conditions ? »
a déclaré Meera Kapoor, dont le mari faisait partie des passagers du vol.

Les associations de familles ont saisi la justice indienne pour exiger la publication intégrale du rapport. Leur avocat, Rajesh Sharma, a souligné que « l’opacité des investigations ne fait qu’aggraver la douleur des victimes ». Selon RFI, plusieurs experts indépendants ont également critiqué le manque de coopération entre la DGCA et les familles, ainsi que la lenteur des procédures.

Un enjeu de sécurité aérienne en Inde

Au-delà des drames humains, le crash d’Ahmedabad soulève des questions plus larges sur la sécurité aérienne en Inde. Le pays, qui connaît une croissance rapide de son trafic aérien, a été confronté ces dernières années à plusieurs incidents impliquant des appareils modernes comme le Boeing 787. En 2023, un rapport du gouvernement avait déjà alerté sur les lacunes dans la formation des pilotes et la maintenance des flottes, notamment chez les compagnies low-cost.

L’accident d’Air India pourrait ainsi devenir un cas d’étude pour les autorités indiennes, qui pourraient être amenées à renforcer les contrôles sur les compagnies aériennes. RFI rappelle que l’Inde est le troisième marché aérien mondial en termes de passagers transportés, derrière les États-Unis et la Chine. La publication du rapport définitif pourrait donc avoir des répercussions bien au-delà des familles directement touchées.

Et maintenant ?

La DGCA a annoncé que le rapport final devrait être publié d’ici la fin du mois de juin 2026, soit un an après l’accident. Les familles des victimes espèrent y trouver des réponses sur les causes exactes du crash, ainsi que des pistes pour éviter de nouveaux drames. Du côté des autorités, on insiste sur la nécessité de « ne pas spéculer » avant la publication officielle. Reste à voir si ce délai permettra de rétablir la confiance entre les parties prenantes.

Si le rapport confirme des défaillances techniques ou organisationnelles, il pourrait entraîner des sanctions contre Air India ou des modifications des réglementations aériennes en Inde. Dans le cas contraire, les familles pourraient saisir les instances internationales, comme l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), pour obtenir des clarifications.

D’après les premières investigations relayées par RFI, les enquêteurs évoquent des « anomalies » dans la maintenance de l’appareil, sans préciser s’il s’agit d’un problème lié au moteur, aux systèmes électroniques ou à la formation des pilotes. Aucune cause officielle n’a encore été retenue.