Un an jour pour jour après le crash du Boeing 787 d’Air India, qui avait causé la mort de 260 personnes — dont 247 passagers et membres d’équipage —, l’enquête menée par les autorités indiennes reste en suspens. Selon Capital, le Bureau d’enquête indien sur les accidents aériens (AAIB) a confirmé, dans une déclaration intermédiaire publiée ce 12 juin 2026, que les investigations nécessitent encore du temps pour aboutir à un rapport final. « Les éléments de preuve recueillis et les résultats des différents examens font actuellement l’objet d’une analyse exhaustive et intégrée », peut-on lire dans le communiqué relayé par La Dépêche.
Ce qu'il faut retenir
- Le vol AI171 s’est écrasé quelques secondes après son décollage de l’aéroport d’Ahmedabad (Inde) le 12 juin 2025, faisant 260 victimes.
- L’enquête, menée par l’AAIB, est toujours en cours un an après l’accident, en raison de sa complexité technique.
- Les enquêteurs ont confirmé avoir réalisé « un examen approfondi et rigoureux » de tous les facteurs liés à l’accident, avec des progrès significatifs sur les systèmes de l’aéronef et les données des boîtes noires.
- Le rapport préliminaire de juillet 2025 avait révélé une coupure de l’alimentation en carburant des moteurs quelques instants après le décollage, sans que l’intention de cette manipulation ne soit encore élucidée.
- Les moteurs General Electric du Boeing 787 font l’objet d’analyses complémentaires, notamment aux États-Unis et en France, repoussant la publication du rapport final à une date indéterminée.
Le drame, survenu lors du décollage de l’appareil à destination de Delhi, avait marqué l’histoire de l’aviation civile par son bilan humain exceptionnellement lourd. Les investigations, initialement prévues pour aboutir à un rapport final un an après les faits, se heurtent à des défis techniques majeurs. Les enquêteurs indiens soulignent dans leur communiqué que « des évaluations techniques complémentaires et des examens spécialisés » sont encore nécessaires avant de clore le dossier. Capital précise que ces analyses portent notamment sur les systèmes de l’avion, les données des enregistreurs de vol, les composants des moteurs, les dossiers de maintenance et les éléments de preuve organisationnels et humains.
Un rapport préliminaire révélateur, mais des zones d’ombre persistantes
Dès juillet 2025, un premier rapport de l’AAIB avait permis d’établir certains éléments clés. Selon les conclusions rendues publiques à l’époque, l’alimentation en carburant des deux moteurs du Boeing 787-8 avait été coupée quelques instants après le décollage. « Les moteurs N1 et N2 ont commencé à diminuer par rapport à leurs valeurs de décollage lorsque l’alimentation en carburant des moteurs a été coupée », avait indiqué l’enquête. Pire encore, les interrupteurs de contrôle du carburant avaient été retrouvés en position « Off », une découverte qui avait interpellé les autorités.
L’analyse des conversations enregistrées dans le cockpit, extraites des boîtes noires, avait révélé un échange tendu entre les deux pilotes. L’un d’eux avait questionné son collègue sur cette coupure soudaine, ce à quoi ce dernier avait répondu n’avoir effectué aucune manipulation. Dix secondes plus tard, l’alimentation en carburant du moteur gauche était rétablie, suivie de celle du moteur droit — mais trop tard pour éviter la catastrophe. Capital souligne que « plusieurs zones d’ombre restent à éclaircir concernant l’intentionnalité de cette manipulation », sans que les enquêteurs n’aient à ce jour apporté de réponses définitives.
Les moteurs General Electric au cœur des investigations
Les réacteurs du Boeing 787, fabriqués par General Electric, constituent un autre axe central de l’enquête. Selon Reuters, citant une source anonyme, des essais sur ces moteurs ont été réalisés en avril 2026, suivis d’analyses menées en France le mois suivant. Bloomberg News, de son côté, rapporte que le rapport final devrait être publié « dans les trois mois », une fois les examens techniques achevés. Ces tests, conduits aux États-Unis, visent à vérifier l’intégrité des composants et à écarter toute défaillance mécanique susceptible d’avoir contribué à l’accident.
L’AAIB a rappelé dans sa déclaration que la publication du document final dépendra du respect des « processus internationaux requis d’examen et de consultation, conformément à l’Annexe 13 de l’OACI ». Cette procédure, qui encadre les enquêtes sur les accidents aériens à l’échelle mondiale, impose un délai variable selon la complexité des dossiers. Dans le cas du vol AI171, les autorités indiennes estiment que la rigueur prime sur la célérité, malgré la pression des familles des victimes et des acteurs du secteur aérien.
Un contexte industriel sous haute tension pour Boeing
L’accident du Boeing 787 d’Air India s’inscrit dans une série de déboires pour le constructeur américain, déjà fragilisé par d’autres incidents impliquant ses appareils ces dernières années. Depuis 2025, plusieurs rapports et enquêtes ont mis en lumière des défauts potentiels sur la flotte de Dreamliner, poussant plusieurs compagnies aériennes, dont Air India, à procéder à des inspections d’urgence. En Inde, les pilotes avaient d’ailleurs réclamé une inspection nationale de tous les Boeing 787 en circulation, une demande qui avait trouvé un écho dans les médias locaux.
Côté Air India, la compagnie avait rapidement pris ses distances avec les accusations de négligence, affirmant dans un communiqué que « toutes les procédures de maintenance avaient été respectées ». Le président de l’entreprise, Campbell Wilson, était sorti du silence en août 2025 pour tenter de « mettre fin aux rumeurs » sur une éventuelle responsabilité de la compagnie. Pourtant, les familles des victimes et plusieurs associations continuent de réclamer la transparence, tandis que des plaintes sont déposées contre Boeing aux États-Unis et en Inde.
Dans l’attente de ces conclusions, le secteur aérien mondial observe avec attention les développements de cette enquête, qui pourrait avoir des répercussions sur les normes de sécurité et les procédures de maintenance des appareils long-courriers. Pour les familles des victimes, ce délai supplémentaire représente une épreuve supplémentaire, alors que certaines attendent depuis plus d’un an des réponses sur les causes exactes de la catastrophe.
L’enquête, menée par l’AAIB, est complexe en raison de la nécessité d’analyser en profondeur plusieurs aspects techniques et organisationnels. Les enquêteurs doivent notamment examiner les systèmes de l’avion, les données des boîtes noires, les moteurs General Electric, ainsi que les procédures de maintenance et de pilotage. Selon la déclaration de l’AAIB du 12 juin 2026, « des évaluations techniques complémentaires et des examens spécialisés » sont encore en cours, ce qui retarde la publication du rapport final.